samedi 4 avril 2009

« Better Off Ted » : Pilote


« Better Off Ted » décortique les relations de travail au sein de « Veridian Dynamics », « VD » pour les intimes.
L’ambition de ce conglomérat scientifique est d’offrir à l’humanité un monde meilleur, que cette dernière soit d’accord avec cette offre généreuse ou pas. La sitcom débute toujours par une publicité vantant les mérites de l’entreprise et de ses innovations technologiques. La proposition de ce « Meilleur des mondes » fait froid dans le dos car elle est trop charitable pour être honnête. En comparaison, les aspirations de « Massive Dynamics » - firme qui, dans « Fringe », officie dans le domaine des sciences parallèles - sont angéliques.

Le spectateur suit les aventures de « Ted qui donne le meilleur de lui-même », un sémillant et toujours tiré-à-quatre-épingles responsable « Recherche & Développement ». Il est chapeauté dans sa mission par Veronica Palmer, sa supérieure hiérarchique. Cette blonde hautaine ferait passer un « Terminator » pour un bon samaritain.

Sous les ordres de Ted Crisp, travaillent deux scientifiques de génie. Lem Hewitt, « la caution noire de l’entreprise» et Phil Mymen, qui ressemble au Sheldon Cooper de « The Big Bang Theory ». Ils forment un binôme inséparable, capable de tout inventer. Enfin presque ! Il y a une expérience qu’ils ne peuvent recréer dans leur laboratoire, c’est l’amour. Par exemple, celui - secret - que se portent Ted et Linda.

Le spectateur retrouve avec plaisir Andrea Anders, qui interprétait l’adorable et douce « Alex » Garrett la propriétaire, voisine et petite ami de Joey Tribbiani dans la sitcom du même (pré)nom. Elle joue ici Linda Zwordling, celle qui fait battre le cœur de Ted. Cette testeuse compense le malaise qu’elle éprouve à travailler pour une entreprise peu déontologique, en dérobant une quantité astronomique de petits pots de crème à la machine à café.

Dans le pilote, « VD » décide, par la voix de sa représentante Veronica, de cryogéniser un être humain. Elle jette son dévolu sur Phil qui, trop content d’exister enfin aux yeux de sa patronne, accepte sans rechigner. Selon les paroles de la blonde implacable, elle ne peut toucher à Lem : « Imaginez qu’il arrive un problème avec « le noir de service ». L’expérience n’étant, en définitif, pas vraiment concluante, Veronica décide de reléguer l’infortuné Phil à la cave. Une erreur de manœuvre va conduire à faire tomber le container contenant le corps de ce dernier. Le scientifique ne sera plus jamais le même. Depuis, en état de stress, il pousse un crie strident, le « crie-o-génie » en quelque sorte.

Pour Ted, c’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase ! A partir de ce jour, il cessera d’être un employé modèle, soumis et obéissant. De la bouche de Rose, sa fille de 7 ans - qu’il élève seul ; sa mère étant partie en Afrique - Ted apprend un nouveau mot de trois syllabes : « mo-ra-le ».

« Better Off Ted » est une sympathique sitcom qui, selon l’expression consacrée, « ne va pas révolutionner le genre ». Son humour rappelle vaguement celui des Monty Python et j’oserais même un rapprochement avec le dystopique film de Terry Gillian, « Brazil ».

La série possède des accents très « 50's » en raison des ambiances musicales « rumba » de sa bande-son et de son approche faussement optimiste et décontractée de la science, style « Everything is under control ». Cette vision rejoint cette période durant laquelle des publicitaires proposaient à des touristes d’admirer le spectacle de champignons atomiques depuis les balcons de leur chambres d’hôtel à Las Vegas. Terrifiant !

Dans « BoT », la « distanciation », connait pas ! Le « mur virtuel » entre le protagoniste et son audience est brisé. Ted s’adresse directement au spectateur ! A l’image de son confrère de sitcom, Malcolm Wilkerson, Ted brise ainsi le contrat narratif qui lie le récit au spectateur. Qu’importe !

Les répliques, tirées à flux tendu, ne font pas toutes mouche. Quelques unes atteignent leur cible, la plupart finissent à la corbeille.

« Better Off Ted » est une sitcom créée par Victor Fresco, qui a travaillé notamment pour « ALF » et « My Name is Earl ». Les 3 premiers épisodes - ainsi que de nombreux autres - sont réalisés par son frère, Michael. Une affaire de famille, en quelque sorte.

A l’arrivée, mes sentiments concernant les qualité de ce programme sont assez mitigés. Peut-être que la série a besoin de placer ses marques avant de prendre de l’altitude. Sinon, elle risque de se crasher et de finir dans le cimetières des shows qui n’ont duré que le temps d’une saison !

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