Il m’aura fallu une semaine pour trouver le courage d’écrire une notule concernant ce nouveau show - fort heureusement avorté - de la Fox. « Virtuality » est l’archétype du programme télévisuel qui ferait détester le monde des séries. D’autant que la prise de contact avec ce pilote d’une durée de 1 h 30 a été longue et douloureuse. Une vraie torture !
Pourtant Ronald D. Moore et Michael Taylor, les deux « showrunners », n’en étaient pas à leur coup d’essai dans le domaine de l’écriture d’une œuvre de science-fiction. Ils avaient déjà œuvré sur des séries prestigieuses telles que « Star Trek » et « Battlestar Galactica ». Sur le papier, les deux compères pensaient être en possession d’un bon filon, la réalité a, hélas, prouvé qu’ils se trompaient. Notre duo de scénaristes n’a pas su gérer la complexité et l’envergure que représentait leur projet.
Le pilote est si soporifique et indigeste que l’on se demande dans quelle mesure les responsables financiers de la « Fox » ont pu donner le feu vert à sa réalisation. L’argent qui aurait pu servir à produire un projet plus intéressant a été dilapidé en pure perte. L’équipe de ronds-de-cuir en charge du programme était-elle en possession d’une enveloppe budgétaire conséquente qu’elle devait absolument investir avant la fin de leur activité trimestrielle ? Je l’ignore !
Le pilote de « Virtuality » mélange, pêle-mêle, de multiples thèmes : le voyage dans l’espace, une émission de téléréalité, un programme de réalité virtuelle, etc. Les créateurs, tels d’insatiables « crève-la-faim » à l’heure du repas, ont entassé sur leur plateau de « self-service » une pléthore de plats variés. La quantité a pris le pas sur la qualité, ce qui n’est jamais bon.
« Virtuality » débute pourtant, « in media res », par une scène d’action anachronique et accrocheuse. Frank Pike, le commandant de l’expédition spatiale qui dirige le « Phaeton », est un passionné de l’histoire des Etats-Unis, et plus particulièrement de la « Guerre de Sécession ». Il endosse la tunique bleue des soldats de l’Union et s’en va, à la tête de sa troupe, combattre celle des Confédérés. A la fin de l’échauffourée, dont les siens sortiront évidemment vainqueurs, notre commandant se fait abattre à bout portant par un de ses soldats.
Le spectateur comprend vite que une, le protagoniste de l’histoire évolue dans un univers virtuel gangrené par un virus anthropomorphe et que deux, sa joie ne sera que de courte durée. En effet, l’intrigue retombe aussitôt et elle ne connaîtra de nouveau un pic d’intérêt succinct que vers la fin du pilote.
Dans l’intervalle, le spectateur subit le spectacle plus qu’il n’y participe. Les douze scientifiques qui partagent ce « Loft Story » en apesanteur font l’expérience d’une vie en commun dans un espace confinée. Au programme : présentation des nombreux personnages qui compose l’équipage hétéroclite, psychologies antinomiques qui s’opposent, sautes d’humeur et querelles en tous genres, messes basses et confidences sur l’oreiller, alliances et amitiés qui se créent, etc. Les membres de la plateforme spatiale sont filmés en permanence et les meilleures séquences sont compilées pour être ensuite diffusées en « prime time » lors d’une émission de téléréalité intitulée « The Edge of Never ».
L’introduction du programme de réalité virtuelle dans l’intrigue se comprend aisément. Elle permet aux scientifiques de s’évader et de lutter contre le sentiment envahissant de proxémie dans un escape confiné. Sans compter que sur le plan scénaristique, son utilisation est nécessaire pour intégrer des scènes d’actions indispensables, qui seraient quasi-inexistantes autrement. En revanche, l’idée de l’émission de téléréalité est totalement superfétatoire. Elle n’apporte rien et elle alourdit inutilement l’histoire.
« Virtuality » a même réussi à me rendre l’actrice Clea DuVall (« La Caravane de l’Etrange », « Heroes ») insupportable, alors que d’habitude, j’apprécie de voir apparaître à l’écran son visage de garçon manqué et sa présence légèrement bourrue. De plus, les fantasmes japonisants de l’informaticienne Billie Kashmiri, qui se transforme en midinette, moitié égérie pop, moitié agent secret qui pratique les arts martiaux sont ridicules.
La fin du pilote se clôture par le décès apparent du commandant Pike, survenu à l’issue du sabotage du sas de décompression. Les créateurs allaient nous refaire le coup du mystérieux meurtrier caché au sein d’un groupe. Et « Virtuality » allait devenir un «Harper's Island » dans l’espace. Le téléspectateur, pour une fois chanceux, a fort heureusement échappé à cette horreur !
vendredi 3 juillet 2009
« Virtuality » : Pilote
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