lundi 22 mars 2010

« Breaking Bad » : « No Mas » (3x01)


Les dix long mois d'attente qui séparait « ABQ » - le dernier épisode de la deuxième saison de « Breaking Bad » - de ce très attendu « season premiere » s'achève enfin pour le téléspectateur. Écrit avec finesse par Vince Gilligan – le « showrunner » - et réalisé avec brio par Bryan Cranston – l'acteur qui interprète Walter White - « No Mas » répond – sans conteste - aux attentes fébriles des amateurs de cette série « AMC ».

A la manière d'un épisode des « X-Files » - série à laquelle Vince Gilligan a activement collaboré - « No Mas » s'ouvre par une scène surréaliste, qui évoque le concept de l'« inquiétante étrangeté ». Dans un misérable village de la frontière mexicaine, des paysans – hommes et femmes réunis - rampent sur le sol, sous le regard indiffèrent de leurs concitoyens. Tranchant avec la pauvreté du décor, un magnifique coupé Mercedes débarque dans l'endroit. Élégamment vêtus et droits comme des « I », deux individus aux crane rasé et portant lunettes noires, en descendent. Le bout de leurs santiags est orné d'une tête de mort en argent. Le duo patibulaire imite la révérencieuse procession, qui se dirige vers une cabane délabrée. Cette dernière héberge les reliques de la « Santa Muerte » - la figure de culte d'un mouvement religieux mexicain. Derrière la sainte cadavérique, est affichée une esquisse de « Heisenberg », le surnom que la police et le milieu de la drogue donne à Walter White. Étrangement, le dessin rappelle la représentation picturale d'un « petit gris », créature extra-terrestre, cher à la mythologie ufologique - les lunettes noires et un couvre-chef de la même couleur, en plus.

Hormis d'autres scènes du même genre – dans lesquels l'apparition des criminels flegmatiques se mélangent à l'humour macabre et involontaire des situations qu'ils provoquent - cet épisode de « Breaking Bad » reprend le déroulé de la fin de la seconde saison.

Affligé par la perte de sa fille Jane – morte par overdose - Donald Margolis – aiguilleur du ciel – est responsable d'une catastrophe aérienne, qui a entrainé la mort de deux cents passagers. Le quartier d'Albuquerque - ville du Nouveau-Mexique, au dessus de laquelle la tragédie s'est déroulée - entame une catharsis collégiale. La séance se déroule dans le gymnase du lycée dans lequel Walter White enseignait la chimie, avant qu'il ne découvre sa maladie et sa nouvelle vocation illégale, mais lucrative. Résident des lieux, il prend le micro pour relativiser la gravité de la situation auprès de la population embarrassée.

Sorti de sa cure de désintoxication, Jesse Pinkman – ancien élève et partenaire de Walter - arrive à la conclusion qu'il est un individu méprisable. Skyler White - qui subodore, à tort, que son époux est un dealer - lui rectifie qu'il n'est que fabriquant de méthamphétamine - demande le divorce et la garde des enfants. Comme le téléspectateur le note - à plusieurs reprises - « Breaking Bad » n'a rien perdu de cette touche personnelle, qui mélange habillement ironie des situations et gravité. L'argent et la renommée que Walter a gagné lui ont fait perdre sa précieuse famille. Ce dernier veut décrocher, mais le contrat juteux - à durée déterminé - que lui propose le gérant/trafiquant du « Los Pollos Hermanos » le fait hésiter !

Serein et posé, ce premier rendez-vous annonce le célèbre « calme avant la tempête ». Épisode de transition, « No Mas » digère les évènements passés et installe les futurs éléments du troisième acte ; progression narrative oblige, ce dernier promet d'être tumultueux. Les tensions internes qui secouent le couple White et la présence du tandem de truands mexicains sont là pour le corroborer. Présenté à la manière d'un diptyque, « No Mas » converge inexorablement vers un point de non-retour et la rencontre de deux univers explosifs. Pour le téléspectateur, cela signifie d'excellents moments télévisuels en perspective !

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