J’ai visionné le pilote de cette nouvelle série diffusée sur la chaîne BBC Three - une production anglaise, donc - vers 2h30 du matin. Il est vrai que l’heure n’aidait pas vraiment à appréhender le programme dans la meilleure disposition d’esprit, à moins que cela ne soit carrément la qualité intrinsèque du produit qui ne soit en cause. Disons que pour ménager la chèvre et le chou et ne froisser aucune susceptibilité, je vais accorder à ce « Personal Affairs » le bénéfice du doute.
Véritable décalque de séries américaines plus ou moins de qualité - « Ugly Betty », « Desperate Housewives », « Sex and the City » et autres produits hystériques à destination d’un public majoritairement « féminin » (désolé les filles), ce « Personal Affairs » - triste et désolant épigone - n’arrive même pas à la cheville des ainées dont elle s’inspire. C’est tout dire !
Le spectateur suit mollement les aventures abracadabrantes d’un quatuor d’assistantes de direction - grasses, de surcroit - qui travaillent dans la « City of London », dans des édifices rutilants composés de verre et de béton. Elles cherchent la trace d’une des leurs, disparue dans des conditions mystérieuses. Elles sont chacune attachée à un patron diffèrent du même acabit ; deux sont des femmes dont une est très masculine. Il faut reconnaître néanmoins que celle qui se prénomme Nicole et qui officie sous les ordres de Rachel Klein (le duo employée/patron le plus intéressant, d’ailleurs) est assez affriolante. Comme disent les Anglo-saxons, « She gives me a total « bonheur ». Quand à Doris dit « Sid », la gothique du groupe, son personnage n’est nullement crédible.
Le programme est l’équivalent télévisuel de ces livres parfaitement insupportables, actuellement à la mode et destinés à un public féminin (encore ?) parfaitement décérébrée. L’antienne est bien connue : les femmes assument leur sexualité, elles aussi peuvent avoir des dents qui raillent le parquet, etc. Enfin, cela fonctionne sur le papier ou à l’écran, dans la réalité, évidemment, c’est une autre paire de manches.
Le casting semble avoir été effectué auprès d’une agence qui s’occupe habituellement de films à caractère pornographique. Hommes comme femmes possèdent des physiques d’une vulgarité rarement atteint, même dans les productions intéressées. Est-il utile d’aborder l’épineuse question de leur jeu d’acteurs ? « J’en doute fort », pour paraphraser une célèbre faucheuse.
La série est une ode « cheap » et vulgaire à la mondialisation et à la liberté d’entreprise débridée. Le tout est saupoudré d’une bande-son composée d’extraits de chansons de « Kate Nash », de « Miss Kittin », de « Portishead », histoire de se la jouer « branché » et on clairseme avec quelques vues très « cartes postales » de la capitale. Ca donne sacrément envie de s’expatrier à Londres !
« Personal Affairs » nous ferait presque regretter une autre sitcom - française, celle-là - dont l’action se déroulait également dans le monde impitoyable de l’entreprise, « Vivement Lundi ! » avec Katia Tchenko et Bernard Menez.
Le seul moment de grâce est atteint quand les patrons passent devant notre équipe de « P.A. » déjà affairées. Un employeur imagine une scène sadomasochiste, celle avec son look très « Marie-Antoinette », entrevoit une séquence beaucoup plus libertine et bucolique. Tout de même un peu court pour un programme qui dure 50 minutes !
Si j’avais à choisir entre une vue magnifique et dégagée mais travailler au contact de starlettes et de pinardiers ou glander à fond de cales avec un trio de « nerds » et un gothique, fan de « Cradle of Filth », j’opterais indubitablement pour la seconde option. Qui m’aime me suive !
dimanche 21 juin 2009
« Personal Affairs » : Pilote
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