dimanche 21 juin 2009

« Royal Pains »: « Strategic Planning » (episode 1x03)


Au bout du troisième épisode, cette nouvelle série de la chaine « USA Network » - qui produit aussi « Burn Notice », diffusée juste avant - n’a toujours pas décidé dans quel camp elle devait se situer : celui du fond, avec une intrigue serrée et captivante ou celui, plus superficiel, de la forme avec cette débauche ostentatoire de richesse que j’évoquais dès la première notule. A hésiter entre les deux, elle commence à lasser l’auditoire, même si les chiffres d’audience encourageants qu’elle récolte prouvent le contraire. La série a gagné un million de spectateurs en plus en deux semaines.

Pourtant le Docteur Hank Lawson, remercié par la Direction de l’hôpital new-yorkais pour lequel il travaillait après une erreur de diagnostic qui a entrainé la mort d’un patient influent, est un personnage éminemment sympathique. Avec son physique à la Michel Drucker jeune, il force l’admiration par son attitude qui fleure bon la droiture indéfectible et la dévotion constante à l’égard de son prochain. Le personnage mériterait donc une meilleure considération ; au lieu de cela, le pauvre évolue au sein d’une intrigue flottante et hésitante.

De plus, au spectateur qui se demande pourquoi les relations qui unissent les personnages sont pris dans une incessant flux et reflux, il faut préciser que la chaîne diffuse les épisodes de manière anarchique. Ainsi, il ne faut pas s’étonner que l’assistante médicale du « Docteur Hank », Divya Katdare, soit plus présente ici que Jill Casey, l’administratrice de l’hôpital public. Cette jolie brunette, qui avait brisé la glace avec Hank dans le précédent épisode, joue ici les saintes-nitouches distantes. Idem pour le bavard et fluet Evan que personne alentours ne semble reconnaitre, ni la petite amie de son frère, ni la dame au « faux nichon » (comme sa petite-fille ironise en français dans l’épisode) et que les Lawson avaient aidé dans le pilote.

La scène d’ouverture de« Strategic Planning » est emblématique de la mentalité, que tous dans les Hamptons appellent désormais « Docteur Hank ». Alors qu’il accomplit son footing matinal en compagnie de son jeune frère Evan, une jolie fille en maillot de bain croise son chemin. Hank ne se retourne même pas pour mater les fesses de la gourgandine ; il continue de trotter comme de si de rien n’était. La scène, bien mise en évidence, ne peut relèver du hasard ou de l’anecdote. Quelques mètres plus tard, il porte secours à un « promeneur de chiens » qui se fait mordre la main par un imposant berger allemand. Encore une fois, et dès l’ouverture, les scénaristes veulent nous fournir une information déjà en notre possession : « Hank Lawson est un chic type ! ».

Hormis cela, il n’y a pas grand-chose à dire sur cet épisode. Le « Docteur Hank » intervient encore auprès de ses patients fortunés (« clients » dirait la cynique Jill) et peu importe ce qui peut leurs arriver, personnellement, je n’adhère nullement aux malheurs – fussent-ils grands – qui frappent leur existence dorée. Le fils d’un sénateur, voué à un bel avenir sportif, est ainsi terrassé par un mal aussi soudain que foudroyant et trois donzelles filiformes et stupides qui accompagnent Evan dans un jacuzzi en sortent avec des plaques rouges et purulentes sur le ventre et le bassin. Comparé aux malheurs que peuvent rencontrer d’autres populations dans le reste du monde et, même sans aller aussi loin, dans le propre pays du « Docteur Lawson » (c.f. « Sicko », le documentaire réalisé par Michael Moore) , cela ne devrait pas émouvoir les foules outre-mesure.

La paralysie qui frappe le jeune athlète est due à une tique du cerf venue se loger dans son oreille après que ce dernier a fait une chute sur la pelouse. Le « Docteur Hank » le découvre en toute fin d’épisode et la retire avec une simple pince homéostatique. L’ironie de l’histoire est que le fils de ce député réside dans une somptueuse demeure qui possède même son propre matériel médicale ultramoderne. La femme du politicien considère l’hôpital public comme une antichambre du cimetière et veut protéger sa famille au-delà du raisonnable.

Même si « Royal Pains » n’est à la base qu’un programme estivale, il pourrait se départir de sa superficialité et éviter de prodiguer des messages aussi simplistes que « l’amour et l’écoute sont plus importants que les richesses ou la renommée ».

Heureusement que les séries de la rentrée font bientôt faire le ménage et vont décider qui méritent de rester et qui méritent de tirer sa révérence.

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