Une fois de plus, le service des urgences du « All Saints Hospital », l'hôpital catholique dans lequel évolue notre infirmière Jackie Peyton, reçoit sa cargaison inévitable de malades et d'accidentés. De nouveau, le scénario ne s'attarde sur aucun d’entre eux suffisamment longtemps pour que le spectateur ne s'y attache.
La série repose en grande partie sur les épaules de l'actrice Edie Falco qui possède, fort heureusement, la carrure idoine pour tenir ce rôle. Les autres personnages ne semblent répondre présents qu’au poste de simples faire-valoir, comme si Nurse Jackie était le sentiment cardinal et les autres intervenants, des sentiments annexes de moindres valeurs. Même Fitch Cooper, qui appartient à une profession pourtant bien envahissante et arrogante - celle des médecins - file doux et se tient en retrait par rapport à l'infirmière.
L’opinion première que je formulais aux sujets des errements sexuels de Jackie s’est modifiée. Je pensais que l’infirmière, entre deux visites médicales à ses patients, s'octroyait un détour rapide par le bureau d’Eddie Walzer, son amant pharmacien pour s'offrir - histoire de décompresser - une pause expédiée de « ce plaisir que l'on dit charnel ». Et qu’apparemment, cet échange rapide n'empêchait pas les sentiments entre les deux individus. Jackie est en réalité à l'image d'une droguée en manque qui est obligée de se une prostituer pour avoir sa dose. Eddie est son dealer qui lui fournit des antalgiques qui l'aide à vaincre son mal de dos. Quand Jackie apprend de la bouche de ce dernier que l'hôpital a l'intention de le remplacer par un vulgaire « distributeur de médicaments », elle panique. Elle intervient alors, toute mielleuse, auprès du Docteur Cooper pour que ce dernier en touche un mot à la direction. Celui-ci, toujours aussi immature, se réjouit plutôt de cette nouvelle et demande même à Jackie si elle a le béguin pour le pharmacien. L’infirmière ironise en lui répondant néanmoins une demi-vérité, à savoir qu'« ils baisent ensemble tout les jours à 12 heures ». En fait, le couple « s'envoie en l'air » à 12h01 précise.
Encore une fois, l'humour « pince sans rire » n'est pas absent du show. L’humeur générale est tout de même très « new-yorkaise », avec une touche de snobisme véhiculé par l'insupportable anglaise qu'est le Docteur Eleonor O’Hara.
Zoey Barkow, l'infirmière en première année, est toujours aussi peu sûre d'elle et ce n'est pas le comportement condescendant de la Doctoresse à son égard qui va l'aider à prendre confiance. Le médecin lui emprunte le stéthoscope que sa mère lui a offert et, comme il est indispensable au métier d’infirmière - « il fait partie de l’uniforme » dixit Jackie - la nouvelle recrue passera le reste de l’épisode à essayer de le récupérer auprès d'une Eleanor à la fin espiègle.
De nouveau, nous avons droits à des échanges verbaux entre les deux meilleures amies, Jackie et Eleanor, autour d'une bonne table, dans un restaurant sélect ; aujourd'hui, un « Japonais ». Je subodore que c'est le médecin qui régale, car lors du dernier épisode, Jackie, dont les appointements sont moindres, proposait de lui offrir un simple « hot-dog » pour lui remonter le moral.
Après David Carradine, qui nous gratifiait d'une apparition muette dans le dernier épisode de la série « Mental », le spectateur retrouve dans « Nurse Jackie », un autre habitué du cinéma-bis, en la personne d’Eli Wallach (« Le Bon, la Brute et le Truand »), bien diminué physiquement et presque en fin de vie. Il est vrai que le pauvre aborde, tout de même, les rivages de ses 94 ans. L'acteur tient le rôle d'un vieux monsieur de confession juive, qui préfère avaler la soupe de poulet (celle du titre) que lui a préparé sa femme plutôt que de prendre les médicaments prescrit par hôpital. Il refuse même l'assistante d’un docteur et, comme il est sur le point de mourir, personne, même pas l’intendante Gloria Akalitus, d'habitude si pointilleuse, ne trouve à y redire. Eli Wallach a gardé les marques d'une réelle opération à cœur ouvert ; une impressionnante cicatrice lui barre la poitrine.
Kevin, le mari de Jackie, s'inquiète que leur grande fille de dix ans, Grace, constamment stressée, préfère regarder des documentaires médicaux effrayants qui traitent de la peste bubonique ou de la grippe aviaire, plutôt que des dessins animés. A la fin de l’épisode, Jackie, qui regagne ses pénates après une harassante journée de labeur, a été conquise par les vertus thérapeutiques de la soupe de poulet, même si elle n’a eu aucun effet sur le très vieux patient. Elle en donne à sa fille alors que cette dernière est encore rivée au poste de télévision.
Malheureusement, et pour la troisième fois, rien d'extraordinaire n'arrive aujourd’hui, pour reprendre le titre anglais de deux épisode des « X-Files ». L'électro-encéphalogramme de l'intrigue demeure désespérément plat et il frôle presque la mort clinique. Maintenant que nous avons fait plus amples connaissance avec les personnages, que nous avons relativement bien identifié leurs forces et leurs faiblesses, il serait judicieux que les créateurs nous offrent des situations plus consistantes que celles, anecdotiques et interchangeables, qu'ils nous ont proposés jusqu'à présent. Dans le cas contraire, je crains que la chaîne « Showtime » soit obligée de réévaluer son optimisme à la baisse à l’encontre de la série. En effet, une deuxième saison a d’ores et déjà été commandée.
J'avais spécifié, dans la notule précédente concernant « Nurse Jackie », que dans le générique, un pendentif à l'effigie du Christ flottait dans les airs. Apres avoir revu l'ouverture en gros plan, il semblerait que le collier montre un autre motif, sans que je n'arrive à discerner réellement de quoi il s'agit (vraisemblablement un édifice).
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