On peut facilement oublier « Stage Fright » (que l’on peut traduire par « Peur en coulisses »). Cet épisode 3 est poussif et ennuyeux. Il n’est qu’un tribu que la série paye à son audience la plus « midinette ». L'action se déroule dans le milieu de la chanson pour pétasses écervelées genre « Britney Spears ». Le scenario y fait référence, au détour d’une ligne de dialogue, à propos d’une « tête que l'on se rase ». Echo doit protéger une chanteuse black de « variétoche » sommairement vêtue, Rayna Russell. Sa vie est menacée par un fan qui veut la tuer sur scène. En ce qui la concerne, il n’y a pas meilleur endroit où mourir, fauchée dans la fleur de l’âge. Il s’ensuit un laïus un peu creux sur la proximité entre une chanteuse adulée et modelée par les fantasmes et les attentes de son public et une « Doll » à qui on a implanté une personnalité qui n’est pas la sienne. Toutes deux sont les jouets d’une volonté extérieure.
Derrière l’apparence superficielle de cet épisode se cache l’allégorie du processus créatif et de la position du créateur, hissé malgré lui sur un piédestal. N’est-ce pas le fan(atique), l'inconditionnel de Joss Whedon, qui surveille, tapie dans la pénombre, - celle de la pièce d’où il visionne les séries - les agissements de sa « Star » ? Il possède autant le pouvoir de lui décocher une flèche d’amour, s’il est armé de l’arc des louanges, que d’une balle de haine, s’il est, au contraire, équipé du fusil à lunettes de la déception !
L’épisode 4, « Gray Hour », développe une trame plus adulte et plus captivante. Echo prend part a une équipée tarabiscotée dont le but consiste à subtiliser une frise sculptée dérobée au monument grec du Parthénon. L’épisode possède les travers désormais constitutifs de la série : il foisonne de questionnements divers dévoilés ultérieurement et, pour un programme qui se positionne sur le créneau de l’action, il est sacrement bavard. Paradoxalement, c’est le personnage de Sierra - interprété par l’étrange Dichen Lachman - qui tire ici son épingle du jeu. Elle possède une présence vraiment convaincante et elle coiffe littéralement Echo (ainsi que son actrice) au poteau.
Les épaules D’Eliza Dukush sont décidément trop étroites pour supporter un programme qui se veut - ou, devrais-je dire, que le spectateur espère - comme une œuvre d’envergure. La pauvre enfant manque du charisme que nécessite la série ; elle semble dépassée par sa mission. C’est cette dichotomie, attente déçue/résultat mitigé qui, au final, est source de déception chez le spectateur. Il a le sentiment qu’un potentiel est présent, mais qu’en définitif, il est gâché.
Pour en revenir à notre histoire d’attente déçue et de bave qui coule, le spectateur arrive à la fin de l’épisode, un peu somnolent et, à l’instar des « Dolls » de la série, il questionne : « Did I fall asleep ? ».
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