lundi 27 juillet 2009

« Hung »: « The Pickle Jar » (1x04)


Des élèves du lycée, dans lequel Ray Drecker occupe le poste d’entraîneur de basketball, organise une collecte de fond. La somme ainsi rassemblée doit lui permettre de reconstruire la toiture de sa maison, partiellement détruite dans un incendie. Les organisateurs lui tendent le pécule dans un énorme pot à cornichons (« The Pickle Jar »). Ce geste symbolique, d’étudiants à un membre du corps enseignant, qu’ils apprécient, ne suffit pas à régler la totalité de la facture. Ray – le « bien monté » du titre de la série – doit payer de sa personne et s’investir s’il veut solutionner le problème. L’intrigue de cet épisode montre l’évolution de l’état passif d’un individu, qui subit les événements, à celui qui agit sur eux et devient ainsi maître de son destin.


Encore une fois, les « showrunners » de « Hung » - Colette Burson & Dmitry Lipkin (« The Riches ») - excellent dans l’art de faire passer une information sans utiliser le moindre mot. A l’aide de deux séquences emblématiques – quasi-identiques, à un détail près, qui à son importance – ils montrent la transformation psychologique de Ray Drecker et son passage d’une mentalité de « dégonflé » à celle de « gagnant ». Alors qu’il rend visite, pour la première fois, à sa cliente Molly, Ray jette un petit coup d’œil à son reflet dans le miroir de l’hôtel, dans le but de vérifier sa présentation. L’étiquette du costume flambant neuf, qu’il a acheté pour mettre son image en valeur, dépasse de sa manche. Il la remet rapidement à l’intérieur. Ray, à ce moment précis, traverse une période de doute. Va-t-il garder le costume ou issue plus probable, va-t-il le ramener au magasin et se faire rembourser ? A la fin de l’épisode, la scène réapparait alors que Ray sort de son rendez-vous réussi avec Molly et se rend à sa deuxième prestation, tard dans la soirée. Même topo : arrêt devant le miroir, coup d’œil rapide à son reflet, étiquette qui dépasse. Cette fois-ci, Ray l’agrippe et l’arrache avec détermination. Le personnage à évolué. Ray Drecker – alias « Richard », son nom de « scène » – assume totalement sa fonction de gigolo bien membré. Il a réglé ses états d’âme, il se focalise désormais sur sa mission, qui est de satisfaire sa clientèle et d’engranger des bénéfices.

Ce qu’ils réussissent avec le père, les scénaristes tentent de le reproduire, dans un moindre succès, avec le fils. Las d’être catalogué d’homosexuel par son entourage, Damon n’hésite pas à défendre l’honneur bafoué de sa sœur, Darby. Le duo utilise une scène dans laquelle l’adolescent souhaite démontrer aux autres, autant qu’à lui-même, qu’il peut être aussi viril que son père. Alors que Ray accompagne ses deux adolescents empâtés au « drive-in », pour assister à la projection d’un film d’horreur, Darby voit passer Hammer, son petit ami, en compagnie d’une nouvelle conquête. La jeune fille sort du véhicule et se lance à leur poursuite, son frère Damon sur ses talons. A l’intérieur du « fast-food » attenant, ce dernier se précipite sur Hammer, sans même réfléchir, car le gaillard fait deux fois sa corpulence. Au moment où la situation dégénère, Ray intervient pour calmer les ardeurs des deux adolescents. Après coup, Damon réalise qu’il aurait très bien pu recevoir une raclée mémorable et tremble de peur devant son père, la larme à l’œil. Le monde ne s’est pas fait en un jour ; il faut du temps pour être un homme, si tant est qu’on le devient vraiment un jour !

Une scène, beaucoup plus légère, met en relation deux femmes de la vie de Ray : son ex-épouse, Jessica Haxon et Lenore Bertrand qui, dans le dernier épisode, a passé le plus clair de son temps à tourner le couple, qu’il forme avec Tanya, en bourrique. Cette fois-ci, c’est Jessica qui a la garde des deux adolescents. Elle se trouve dans un salon d’esthétique dans lequel Damon se fait manucurer les ongles, sa sœur à ses côtés. Sur le fauteuil mitoyen, Lenore est en pleine conversation téléphonique avec Molly. Elles parlent de « Richard » en des termes peu flatteurs. Lenore, qui en plus d’être malhonnête, possède un langage ordurier, tance sa cliente sur la prestation avortée du gigolo. Jessica enjoint Lenore à surveiller son langage, par respect pour ses enfants. L’autre lui demande si elle a des problèmes et lui tend, dans un même élan, sa carte de visite. Sous le titre pompeux de « Fashion Adviser », (« Conseillère vestimentaire »), Lenore propose une gamme complète de prestations, dont la seule ambition est de satisfaire les consommatrices. Le sexe intègre, bien évidement, la panoplie. Par ce geste, Lenore lui indique qu’elle peut remédier à sa frustration sexuelle. Après Yael Koontz, la voisine mariée de Ray Drecker, qui est sur le point de faire appel à ses services, serait-ce au tour de Jessica de se retrouver, dans un futur épisode, en face de « Richard » ?

Tanya Skagle, l’autre partie du duo, n’est pas oubliée. Celle que l’on désigne comme la « proxénète » de Ray, représente davantage que cette fonction étriquée et infamante ne le laisse supposer. Le téléspectateur s’aperçoit ainsi, dans la séquence où Tanya rencontre Molly, une des deux clientes recommandées par Lenore, que son rôle primordiale est de rasséréner ses « acheteuses » d’un certain âge – Molly a la cinquantaine bien entamé – que la situation peut mettre à l’aise, voire effrayer. L’intitulé de son entreprise, « Happiness consultant », et le petit logo amusant en forme de « Smiley » de sa carte de visite, dédramatise grandement la situation et atténue son aspect sordide.

« The Pickle Jar » est un épisode efficace et direct, au développement linéaire et sans temps mort. Le format condensé de trente minutes est idéal – et largement suffisant - pour exposer les intrigues principales et secondaires. La prestation des acteurs est égale à elle-même, excellente.

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