Teddy Rist, le milliardaire philanthrope qui donne son titre à cette série « NBC », est un adepte de la canne à pêche plutôt que du poisson. En ce qui le concerne, la survie d’une région, et de sa population, dépend toujours de la création et du maintien de l’activité économique. Cette dernière apporte paix sociale et bien-être et elle éloigne les démons de la haine raciale, sociale ou religieuse.
Fidèle à son credo, Teddy Rist est retourné, dans l’épisode précédent, au Nigeria, ce pays d’Afrique de l’Ouest, qui a vu naître sa vocation altruiste. Malheureusement, sa générosité a été abusée par la traîtrise d’un révolutionnaire local, mais surtout, par celle d’une amie médecin qui l’avait soigné dans le pilote de la série. Aujourd’hui, accompagné de son épouse, dont il s’est momentanément séparé, il s’en retourne au Kosovo. Il tiendra la raison de ce voyage secrète, jusqu’à la conclusion de l’histoire. Dans l’avion privé qui les conduit à destination, Teddy se remémore les événements qui l’ont amené, voici une décennie, dans ce pays traumatisé par de nombreux conflits interethniques et religieux.
L’homme d’affaires tente alors de rassembler les deux factions antagonistes, Serbes et Albanais, autour d’un projet économique commun qui pourrait atténuer les frictions qui les opposent. Il compare la situation au Kosovo aux relations conflictuelles qui unissaient ses parents, un couple anglo-américain. En dépit des hauts et des bas, ils étaient néanmoins capables de vivre ensemble… jusqu’à ce qu’ils divorcent. Dans ce but, accompagné de ses fidèles « apôtres », dont son associé, Philip Maidstone, son garde du corps et sa secrétaire, Teddy Rist souhaite édifier, sur un site encore vierge, une usine de traitement de kaolin, une argile céramique dont l’utilisation rentre, notamment, dans la composition de la porcelaine et… des pilules de « Viagra® ».
Dès son arrivé sur le terrain, l’Américain est confronté à la complexité de la situation en présence. Il est pris en étau entre les deux communautés antinomiques, les Albanais, symbolisés par une veuve musulman, au regard noir et profond et qui élève seule ses deux enfants et la minorité Serbe, représentée par un ex-paramilitaire, à l’attitude également intransigeante. Les aspirations des deux camps sont identiques, pouvoir vivre en paix, dans la prospérité et dans la sécurité. Malheureusement, la présence de la communauté adverse empêche la réalisation de ce projet économique et humain.
Préférant jouer cartes sur table, Teddy Rist reconnait d’emblée, auprès de la population locale, que la présence de sa société sur le territoire kosovar est motivé par l’appât du gain. Dès la fin de la réunion de présentation du projet, à laquelle travailleurs Serbes et Albanais sont conviés, des échauffourées éclatent.
Le jour de la pause de la première pierre, une explosion a lieu sur le site de construction. L’attentat occasionne la perte de matériel de chantier, mais surtout de nombreux blessés et la mort de plusieurs personnes. Teddy Rist s’en tire avec quelques contusions, mais Philip Maidstone, plus gravement atteint, est transféré dans un hôpital allemand dans lequel son épouse Olivia vient le rejoindre. La faute retombe immédiatement sur le Serbe - et par contagion, sur sa communauté. L’homme est obligé de prendre le maquis, mais il est défendu par des ses amis, dont un pope orthodoxe, qui intercède en sa faveur auprès de Teddy Rist. Après bien des péripéties, le « loup » sort du bois, mais il est capturé par le responsable d’une compagnie de sécurité, qui est censé assurer la protection de Teddy Rist et de ses associés. L’ex-séparatiste serbe est conduit dans les locaux de la société de la milice privée. Quand Teddy Rist demande à le voir, le prisonnier s’est pendu dans sa cellule.
La morale de cette histoire est sauve car, afin de ne pas froisser les susceptibilités, Serbes et Albanais sont lavés de tous soupçons. Teddy Rist démasque le coupable, qui se trouve être le responsable de la sécurité en personne. Ex-militaire de l’armée américaine, il travaille désormais pour une compagnie de sécurité spécialisée dans la défense des intérêts économiques privée des grandes firmes américaines. Le perturbateur utilise la politique du « diviser pour mieux régner ». Pour légitimer son action, il rejette la faute sur l’Islam, source de tous les maux. Teddy Rist lui rétorque sèchement que les responsables ne sont pas les Musulmans, pas plus que les Chrétiens ; mais les fanatiques de tous bords. L’employeur lui tend une enveloppe pour solde de tout compte en lui signifiant qu’il est licencié. Cyniquement, l’ex-militaire lui réplique qu’ils se retrouveront bientôt à Gaza.
Encore une fois, « The Philanthropist » se révèle être une série pontifiante et lénifiante. Sa dialectique est lourde et pesante et son intrigue, prévisible, se dissimule sous de faux-airs de complexité. Le show n’est pas foncièrement médiocre, pas plus que la prestation des acteurs n’est pitoyable, mais le téléspectateur ne doit pas être réfractaire à ce genre de démonstration et à cet étalage de bons sentiments altruistes. Dans le cas contraire, le propos devient vite sirupeux et indigeste. L’humour est totalement absent de l’histoire, je n’évoque pas l’humour débridée, qui dans ce genre de situation, n’a bien sûr pas sa place, mais j’évoque l’humour du désespoir, grandement salvateur, qui a déserté cette intrigue et ses consœurs.
Teddy Rist – le mari - désire ardemment se réconcilier avec son épouse. Depuis son aventure parisienne, il est las de se réveiller à côté du corps, certes doux et parfumée, d’une prostituée, mais dont la présence, purement physique, n’apporte qu’un réconfort passager.
Teddy Rist - le père - est hanté par le souvenir de son jeune fils, Bobby, huit ans, dont il se reproche la mort. Tout au long de l’épisode, ses actions sont motivées par le seul désir d’offrir aux enfants du crû un endroit dans lequel ils peuvent vivre en toute sécurité et dans lequel leurs cris d’allégresse ne sont pas ensevelis sous les décombres provoqués par la folie des adultes.
Cette motivation est le moteur principal de ce périple. Dans l’épilogue, il conduit sa femme dans un orphelinat, dont la construction est dédiée à la mémoire de leur fils, comme l’indique la plaque commémorative rédigée en anglais, mais aussi en serbe et en albanais.
Le téléspectateur en chialerait presque tellement c’est beau !
samedi 25 juillet 2009
« The Philanthropist » : « Kosovo » (1x05)
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