Ce nouvel épisode de « Psychoville » tient plus de la pièce de théâtre - ou de la « sitcom » pure et dure - que d’un épisode traditionnel de série. Il est tourné selon les trois unités du théâtre classique à savoir, « unité de temps, unité de lieu et unité d’action ».
Au programme : humour surannée à l’anglaise et ambiance policière à la Agatha Christie. Etrangement, en dépit de toutes ces bizarreries, que d’aucun pourrait considérer comme handicapantes, l’épisode - justement à cause de ces incongruités - est loin d’être déplaisant. On peut même dire, que d’un certain coté, il est le plus captivant produit jusqu’à présent.
La principale raison est qu’à l’inverse des épisodes précédents, celui-ci ne s’éparpille pas. Avec leurs incessants va-et-vient et leurs sauts de puces d’un personnage à l’autre, ils épuisaient finalement le téléspectateur. La sobriété de la mise en scène et l’économie des moyens mis en place ici sont reposantes.
L’épisode se focalise uniquement sur le couple quasi-incestueux composé de David, le « serial-killer », et de sa vieille mère surprotectrice Maureen Sowerbutts. Il occulte pour une fois les autres protagonistes du show : Mister Jelly, le clown manchot et acerbe, Robert Greenspan, le nain télékinesiste, Joy Aston, l’infirmière maboule et Oscar Lomax, le milliardaire collectionneur de peluches.
Cet épisode débute par une scène de strangulation perpétrée à demeure. Le couple se débarrasse d’un nouveau témoin gênant de la troupe de théâtre à laquelle David appartenait. La mère imagine, à tort, que les mystérieux messages de menace adressés à son fils et qui stipulaient « Je sais ce que vous avez fait » et « Vous l’avez tuée » ont été expédiés par le groupe d’acteurs. Dans l’épisode précédent, Mister Jelly pensait de même à propos de Mister Jolly, son concurrent en animations pour enfants.
Sur ces entrefaites morbides, un inspecteur de police se présente au domicile et croit qu’il a affaire au locataire habituel des lieux et à sa vieille mère. Il se trouve que le visiteur est en fait un comédien, qui a répondu à une annonce dans le but d’intégrer la troupe de théâtre. Il interprète le rôle du policier en direct pour démontrer la qualité et la pertinence de son jeu d’acteur.
L’épisode joue constamment - et intelligemment - sur les malentendus qui opposent les personnages du trio jusqu’à la conclusion finale. La mère s’épanche même sur l’épaule du faux policier et lui narre la genèse qui a conduit à faire de David un tueur en série et dont elle est en grande partie responsable.
Malheureusement, l’acteur, qui dans un premier temps échappe à la mort, à la mauvaise idée de revenir dans l’appartement pour récupérer son imperméable qui recouvrait le corps de la victime. Devant sa découvre macabre, David et Maureen Sowerbutts n’auront pas d’autre choix que de se débarrasser également du témoin gênant.
L'épisode comporte une séquence de danse insolite dans laquelle le couple pratique une chorégraphie en suivant les indications de l'interprète d'une chanson idiote. Le bruit des paroles et de la musique sert à couvrir les vociférations des victimes.
Comme tout le monde le sait, les règles sont faites pour être détournées. L'épisode comporte donc un hiatus, et de poids. Les deux meurtres ne sont pas commis hors-champ, comme l’indique la règle de l'unité d'action, mais bien devant les yeux du téléspectateur.
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