« Easy Money » suit les périples financiers d’une famille de prêteurs sur gages, les Buffkin, dont l’entreprise - « Prestige Payday Loans » - est dirigée par une marâtre sans scrupule. Bobette Buffkin est grandement aidée dans sa tâche par son fils adoptif, Morgan, qui lui sert de collecteur auprès des mauvais payeurs. L’argent est au centre de toutes les préoccupations de la mère. L’argent, mais aussi la famille !
Cooper, le fils biologique, doit gérer une épouse aussi plantureuse que capricieuse. Cherise le mène par le bout du nez, mais aussi par celui d’un autre appendice. Elle pousse son mari dans ses derniers retranchements pour qu’il lui offre une coûteuse chambre d’inspiration italienne, la « Bella Roma » du titre. Malgré la présence de la magnifique créature qui partage sa vie, Cooper passe son temps libre à visionner des vidéos érotiques sur internet. Devant le refus de son mari de céder à sa demande, Cherise lui prépare un sandwich avec des morceaux de verre pilés. Cooper, pourtant bon vivant, n’ose plus rien avaler de tout l’épisode, jusqu’à ce qu’il cède au chantage de son épouse.
Brandy, la fille, souffre du métier qu’elle exerce, en dépit des bénéfices matériels qu’elle en retire. Elle désire suivre une carrière artistique de chanteuse et de danseuse et elle se focalise sur cette nouvelle orientation.
Mike Klink, son époux, ne trouve pas sa voie, mais surtout, il se sent infériorisé par rapport aux membres de sa belle-famille. Il ne possède pas la fibre des affaires et il n’est pas assez retors pour profiter de ses semblables. Il a contracté un prêt auprès des frères Mamayo, un duo d’Hawaïens intransigeants, qui dirigent une agence usurière ironiquement intitulée « Aloha PayDay Loans ». Pour régler ses dettes, Mike tentait, dans l’épisode précédent, de dérober l’écran plasma grand modèle d’un voisin, mais sans grand succès. Aujourd’hui, Manny, l’éminence grise du duo, lui propose d’espionner les activités des Buffkin, dans le but d’effacer son ardoise. Si, dans un premier temps, Mike refuse, par peur des représailles ; acculé financièrement, l’idée fait tout de même son chemin dans sa tête.
Quant à Morgan, le fils adoptif des Buffkin, il est tiraillé entre son environnement familial et son patrimoine génétique. Calme et cultivé, comme le téléspectateur a pu s’en apercevoir au cours d’épisodes précédents, il sait tout aussi bien endosser le rôle de « gros bras » pour satisfaire aux exigences de sa mère.
Julia Miller, la petite-amie archéologue de Morgan, qui s’est rabibochée avec lui après avoir découvert les activités peu reluisantes dans lesquelles il trempait, n’est pas au bout de ses peines. En début d’épisode, elle trouve un pistolet dans la boîte à gant de son véhicule mais surtout, au cours de l’épilogue, elle est outrée d’apprendre que son amant supervise une activité de prostitution.
En effet, Morgan installe deux jeunes et belles clientes désargentées dans un camping-car qu’il a de plus subtilisé à un mauvais payeur. Ces dernières reçoivent des clients et ont ainsi la possibilité de rembourser leur prêt. Les circonstances atténuantes que Julia avait trouvées à Morgan, s’envolent définitivement en fumée !
Même si Bobette Buffkin - qui chapeaute à la fois le « Prestige Payday Loans » et le clan familial - est grandement antipathique, il faut bien reconnaitre que la Dame sait subvenir au besoin de tous les membres de sa famille. Sans sa présence, ses enfants et son mari châtré occuperaient des emplois subalternes de serveuses ou de laveurs de voitures.
Dans cet épisode, Morgan - quelque peu contraint et forcé - présente Julia Miller à sa famille. Bobette voit la présence de cette scientifique auprès de son fils d’un très bon œil. Elle sait que les Buffkin sont foncièrement vulgaires et stupides ; la jeune femme devient ainsi leur garant moral et intellectuel. D’un autre côté, quand elle surprend le jeune couple entrain de s’embrasser fougueusement dans l’enceinte de sa magnifique demeure, elle craint que Morgan - qu’elle sent tout de même réticent - ne quitte le cocon familial. Avec lui, s’envolerait alors les vestiges de coercition indispensables au bon déroulement de ses activités frauduleuses.
J’avais déjà évoqué, dans la notule précédente, les raisons de l’annulation de cette série prometteuse. N’épiloguons pas de nouveau à ce sujet ! Il ressort, de l’analyse de plusieurs épisodes, que les Buffkin bénéficient d’un succès immérité. L’ascension sociale fulgurante que le clan rencontre est rendue irritante par les activités condamnables qu’il pratique. Les « showrunners » - Diane Frolov et son époux, Andrew Schneider – prévoyaient, peut-être, une dégringolade en règle dans une éventuelle saison deux.
Ce qui irrite le téléspectateur, c’est de constater que personne n’est à même de rosser ou de remettre à sa place Morgan, dont le comportement crane finit par agacer. Le téléspectateur, avide de moral, finit par s’insurger contre cet état de fait. La désaffection du public peut en parti provenir du fait que le couple de créateurs n’a pas intégré aux intrigues de sa série la notion indispensable de « justice poétique ». Avec leur petit commerce de prêt, les frères Mamayo– pourtant peu fréquentables -en deviennent même sympathiques face au Buffkin, à leur arrogance et à leur stupidité sans limite.
« Bella Roma » est l’avant-dernier épisode de cette série injustement méconnue et estampillée « The CW ». A l’origine, treize épisodes étaient prévus mais à l’arrivée, huit seulement ont été finalisés.
jeudi 13 août 2009
« Easy Money »: « Bella Roma » (1x07)
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