« Hidden Palms » est une minisérie découverte dans le creux de la vague télévisuelle actuelle. Diffusée sur la chaîne « The CW » de mai à juillet 2007, elle a été arrêtée après un « parcours » de huit épisodes.
Agréable à visionner - mais certainement non vitale, elle narre les imbroglios relationnels d’un sextet d’adolescents de la jeunesse dorée de « Hidden Palms », une résidence huppée de la banlieue de Palm Springs, en Californie. En dépit du cadre idyllique dans lequel l’action se déroule, le programme aborde le sujet épineux du (double) suicide, celui du père du protagoniste, Johnny Miller, ainsi que celui d’Edward « Eddie » Nolan, l’adolescent dont Johnny occupe désormais la chambre dans sa nouvelle demeure. En ce qui concerne le deuxième cas, la piste se déplace rapidement sur le terrain du meurtre sordide.
Johnny Miller est un adolescent que rien ne distingue des autres garçons de son âge, jusqu’au jour où il assiste au suicide de son père, qui se tire une balle dans la bouche devant ses yeux. Ce dernier, éméché, venait d’avoir avec lui une discussion douce-amère sur l’existence, dans laquelle il abordait le thème des regrets et des espoirs déçus. Désinvolte, comme peuvent l’être les garçons de son âge, Johnny écoutait ses propos d’une oreille distraite. Après coup, il se persuade que son manque de sollicitude à l’égard du désespoir paternel est en parti responsable du geste tragique. Il tente alors d’atténuer son affliction en sombrant dans l’alcool et dans la drogue.
Un an plus tard, un Johnny réhabilité accompagne Karen, sa mère et son nouveau mari, Bob Hardy - l’associé de son défunt père - à Palm Springs, le lieu de leur nouvelle résidence. Dans une magnifique demeure, située littéralement dans une oasis au cœur du désert, l’adolescent va tenter de trouver de nouvelles marques et essayer de se reconstruire. D’un physique avenant et d’un tempérament chaleureux, Johnny n’a aucun mal à se lier d’amitié avec un groupe d’adolescents d’apparence joyeuse. Malheureusement, derrière les façades des maisons – et celles des individus - se cachent de terribles secrets.
Johnny fait rapidement la connaissance de Cliff Wiatt, un voisin dont l’attrait pour les masques d’horreur va de pair avec sa double-personnalité, de Greta Matthews, une « ondine » nocturne qui offre un tout autre visage à la lumière du jour, de la timide Liza Witter, surnommée « Garage Girl », car elle conduit des expériences de chimie - parfois dangereuses - dans le garage parental et de Nikki Barnes, une afro-américaine, dont le principal confident semble être son chihuahua « Spatz ». Il ne faudrait pas oublier de citer le nom d’Edward Nolan qui, même s’il est décédé, possède une personnalité forte et incontournable qui lui survit après sa mort. Il est l’indispensable lien – amical et amoureux - qui unit tous les protagonistes de ce petit drame entre amis.
« Hidden Palms » est un programme orienté « ados » dans lequel les adultes sont présentés le plus souvent comme des intrus indésirables. Ces « créatures » appartiennent à un monde dans lequel les adolescents ne rentrent qu’à reculons et surtout, contraints et forcés. Pour Greta - depuis le décès de sa mère - la présence de son père représente davantage un obstacle qu’un avantage, le manque d’attention que ses parents éprouvent à son égard, donne l’impression à Nikki d’être invisible aux yeux du monde extérieur, les parents de Liza sont à ce point insignifiant dans son existence, que le téléspectateur ne les apercevra, dans le pilote, qu’après que leur fille a failli faire exploser le garage dans lequel elle se trouvait. Quant à Cliff, sa mère tente d’oublier que jeunesse et beauté ne sont que des attributs éphémères. Elle dissout son amertume dans le tourbillon amer de l’alcool, de la chirurgie esthétique et des relations amoureuses de passage, dont son fils met rapidement un terme. Seule Karen, la mère de Johnny, semble représenter une valeur sûre. Bob Hardy, son beau-père - l’est tout autant, mais l’adolescent - perturbé et déraciné - mettra le temps de huit épisodes pour réellement s’en apercevoir. La fréquentation assidue des parents de ses amis – au comportement délétère - servira d’élément déclencheur à cette prise de conscience.
A travers cette double disparition, la motivation principale de Johnny est de comprendre pourquoi Eddie, ainsi que son père, se sont suicidés, alors que dans leur existence, toutes les raisons de vivre étaient rassemblées. Sans compter qu’avec son visage d’ange et ses boucles blondes, l’adolescent se demande s’il n’est pas frappé d’une quelconque « malédiction » qui le suit et qui le précède.
Il ne faut pas oublier dans le casting, Jesse Jo, serveur scrupuleux le jour et artiste transformiste la nuit, Maria Nolan, la mère sulfureuse d’Eddie, qui entretient avec Cliff - le meilleur ami de son fils - des rapports charnels, etc.
Au programme de « Hidden Palms », nous trouvons pêle-mêle des relations amicales conflictuelles et des amours trahies, des fausses pistes parfois incongrues et des squelettes dans les placards qui se présentent sous la forme d’un costume d’ange maculé de sang, de pseudonymes « MSN » tels que « Camerashy90 » ou « 08nova » et bien sûr, de la présence de tous les clichés du genre, quand il s’agit d’aborder le thème de l’adolescent en milieu aisé.
Malheureusement, si les deux premiers épisodes de « Hidden Palms » sont plaisants et se laissent visionner facilement, dès « Party Hardy » - le troisième rendez-vous - la série - tel le serpent mythologique - se mort la queue et montre ses limites. L’intrigue, prometteuse au départ, s’essouffle rapidement et les scénaristes brodent autour d’un thème imposé. Ils remplissent alors les vides avec les inévitables scènes d’interactions juvéniles - embrassades sur fond de couchers de soleil, surprise-partie, jeu du chat et de la souris amoureux, etc. Si elles sont incontournables, répétées à l’envie, les séquences agacent rapidement. Elles donnent surtout la fâcheuse impression que les créateurs, à cours d’idées, allongent inutilement la sauce. La minisérie aurait d’ailleurs grandement gagnée à être amputée de deux ou trois épisodes.
Le téléspectateur décroche alors de cette étude des mœurs superficielle qui prend pour modèle un échantillon de la jeunesse dorée et bronzée d’un quartier huppé de Palm Springs. Ce monde évolue en vase clos, à la limite de la consanguinité sociale et d’une atmosphère étouffante. Le seul personnage - féminin - qui semble réellement motivant, a timidement montré le bout de son nez. Liza Witter est conservée comme une « poire pour la soif » et elle attend, pour entrer en scène, que le reste du casting épuise ses batteries, ce qui ne saurait tarder.
De suicide adolescent frappé par le mal de vivre, le décès d’Eddie Nolan se transforme rapidement en un meurtre crapuleux dont Johnny va tenter de trouver le véritable coupable. A partir de là, le téléspectateur est emporté dans un maelström de retournements et de rebondissements incessants qui confine au chaos. Lors des ultimes minutes du dernier épisode - « Second Chances » - la révélation aberrante du motif de l’homicide laisse le téléspectateur pantois. Il lui donne l’impression que le scénario a totalement déraillé et qu’il a été réécrit en cours de trajet et dans la précipitation. L’épilogue constitue en un véritable « Jumping the shark », surréaliste et bâclé.
Le téléspectateur, qui priait les cieux pour que le « showrunner » - Kevin Williamson - lui offre un traitement scénaristique à la « Americain Beauty », saupoudré éventuellement de fragments à la « Donnie Darko », en est pour ses frais. Il se retrouve – in fine - devant une fable adolescente prosaïque et bancale, tout juste rachetée par un casting de qualité. De là émergent quelques figures attractives dont Leslie Jordan, l’acteur qui incarne Jesse Jo. Sa présence dans « Hidden Palms » sonne très « inquiétante étrangeté », à la manière des personnages des œuvres de David Lynch.
dimanche 16 août 2009
« Hidden Palms » : Minisérie en huit épisodes
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