La rupture est consommée entre Tanya Skagle et Ray Drecker. Leur association, au sein de « Happy Consultants » - cette petite entreprise qui propose des prestations sexuelles pour dames - a vécu. Tanya, la tête pensante et Ray, les attributs virils, se séparent et empruntent des chemins différents.
Ray fait découvrir à Jemma, la cliente dont il est amoureux, sa petite propriété. Sa maison tombée en décrépitude, son petit lac mitoyen et sa tente, dans lequel il conduit son amante. Mou dubitative de la femme d’affaires, tout de même, devant ce spectacle champêtre peu rutilant. Ray en a finit avec « les pseudonymes, les pneus à changer sur le bas-côté de la route et les visites chez le psychiatre ». Du moins, l’image-t-il ! A son réveil, le lendemain matin, la dame s’est envolée, mais elle a laissé une compensation en numéraires pour paiement de des actes charnels.
Ray téléphone alors à Jemma pour lui déclarer sa flamme et lui propose une excursion en bateau ou un pique-nique en amoureux, sans que les considérations financières ne viennent empoissonner leurs rapports. Apparemment, Jemma est effrayée par la tournure que prend la situation. Elle ne désire pas s’engager dans une relation sérieuse avec lui. L’amoureux transi attendra en vain sa dulcinée près du navire qui devait emporter le couple vers le soleil couchant. Jemma va-t-elle quitter la vie de Ray et le programme, par la même occasion ?
Pour la première fois, le développement de l’intrigue est assuré par d’autres scénaristes que Colette Burson & Dmitry Lipkin, les « showrunners » de la série. Emily Kapnek s’y colle et ma foi, la demoiselle s’en sort plutôt bien. Des nouveaux personnes sont ainsi introduits et d’autres sont développés.
Lasse d’être abandonnée par tous les hommes de son existence, Tanya noie son chagrin dans l’alcool. Elle est alors abordée par Pierce, un photographe à l’allure « Rock 'n' roll ». Le feeling s’établit si bien que le couple passe la nuit ensemble, ainsi que la journée entière du lendemain.
Tanya invite son compagnon dans sa chambre d’enfance et évoque – au son d’une chanson des « Psychedelic Furs » ses souvenirs d’adolescente. L’occasion est idéal pour ce dernier – ainsi que pour le spectateur – de découvrir enfin la mère de Tanya. A sa vue, on comprend mieux l’état mental dans lequel la jeune femme se trouve. Tanya est le portrait craché de sa mère, avec trente ans de moins. C’est Rhea Perlman qui tient le rôle de Madame Skagle. L’actrice interprétait la pétulante Carla Tortelli dans la sitcom « Cheers ». Ici, son personnage - une intellectuelle libérale névrosée - est beaucoup plus posé, du moins en apparence.
Si Ray Drecker veut être son propre patron et développer une activité pérenne, il a incontestablement besoin de s’entrainer à aborder de potentielles clientes. C’est entre les melons aux formes évocatrices, des pots de confiture de pêches (« peaches », qu’il prononce presque comme « bitches ») et des bouquets de fleurs que Ray fait son « marché ». Il rencontre, par hasard, son ex-femme, Jessica Haxon, qui l’invite, ainsi que Jemma, à venir diner un soir en compagnie de son mari, Ronnie.
Alors que Tanya déjeune avec Pierce dans un restaurant oriental, elle entend la voix de Floyd Gerber, qui s’entretient avec une nouvelle élève de son cours de création d’entreprises. Tanya en profite pour régler ses comptes avec cet homme qui l’a éconduite.
Le personnage de Yael Koontz, la femme du voisin procédurier de Ray, est également développé. Alors qu’il rentre chez lui, la gourgandine - qui a apprécié les Cookies que Ray a offerts au couple - l’invite à prendre une douche chaude chez elle, étant donné que le cumulus de Ray est hors service. Elle en profite pour reluquer la « tuyauterie » et pour emmener « le plombier » jusque dans le lit conjugal.
A l’issue de leurs ébats sexuels très mouvementés, Ray tente de faire comprendre à sa voisine que ses prestations physiques ne sont pas gratuites. En vain. Yael, qui possède un corps magnifique et qui sait s’en servir, n’a nullement besoin de rémunérer un quelconque apollon pour avoir du plaisir. La faute en incombe à Ray, qui n’a pas su dissimuler sa satisfaction durant l’acte sexuel. En vrai professionnel du sexe, il ne devrait pas mélanger le plaisir et les affaires.
Si « Hung » ne semble pas posséder de ligne narrative bien précise et se disperse quelque peu, le problème n’en incombe pas tant aux scénaristes qu’aux personnages qu’ils ont créés. Leurs protagonistes - à l’image des individus de la vie réelle - ne savent pas vraiment ce qu’ils désirent, leurs aspirations sont fluctuantes et ils possèdent une volonté propre. Ray voudrait que Jemma regarde dans la même direction que lui, Tanya souhaiterait que Ray reconnaisse ses talents de gestionnaire et qu’il suive ses conseils sans sourciller, et ainsi de suite. C’est justement ces tensions et ces contradictions entre les désirs des uns et les aspirations des autres qui permet de créer du conflit, et donc des situations scénaristiques vivantes.
A l’image de bandes dessinés dont le récit ne s’apprécie vraiment qu’une fois rassemblé dans un album entier, « Hung » est un programme qui mérite d’être découvert d’un seul tenant. De plus, cette nouvelle série de Dmitry Lipkin est beaucoup plus cohérente que sa création télévisuelle précédente, « The Riches », plutôt brouillonne et désordonnée.
lundi 17 août 2009
« Hung »: « The Rita Flower or The Indelible Stench » (1x07)
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