Dans la série Teddy Rist - alias « le Philanthrope » - se la raconte, aujourd’hui notre bon samaritain nous relate les actions vertueuses qu’il a accomplies en Haïti. Le milliardaire s’envole pour cette contrée exsangue en compagnie de son associé, Philip Maidstone, et de toute sa petite troupe. La capitale du pays, Port-au-Prince, est secouée par de violentes émeutes causées par une pénurie de riz.
Alors qu’il joue les « vieux beaux » fortunés sur un magnifique yacht, Teddy Rist est kidnappé par Martine, une jeune femme désespérée. Cette dernière lui réclame une importante somme d’argent car son jeune fils, Charlie, a été vendu comme esclave par son père. L’argent dans une main et Teddy Rist au bout du pistolet qu’elle tient dans l’autre, Martine rend visite à Luke, son ex-époux. Egalement sans le sou, l’homme - qui reconnait le milliardaire - entrevoit une occasion inespérée de gagner encore plus d’argent. Il tente de garder l’américain en otage, mais Teddy Rist s’échappe, précédé de Martine.
Au cours d’un débat passionné, Philip Maidstone rencontre des hommes politiques haïtiens de différentes obédiences. L’américain, également originaire de ce pays, échange des propos virulents avec le sénateur Jean Bauvais. Ce dernier aspire à l’autosuffisance alimentaire de son état, et ne veut, en aucun cas, dépendre de l’aide d’un pays capitaliste comme les Etats-Unis. Ses opposants politiques, au contraire, désirent commercer avec la grande puissance et acceptent l’offre de la multinationale Maidstone-Rist. Bien vite, le téléspectateur découvre que derrière l’enjeu politique se dissimule un conflit bien plus profond et intime. Jean Bauvais est, en effet, le frère ainé de Philip Maidstone. Le sénateur reproche à son cadet d’avoir été envoyé aux USA par leur mère, alors que lui est resté en Haïti.
Tel un maitre d’école qui assène des antiennes, Teddy Rist nous rappelle que « Notre ressource la plus précieuse, ce sont nos enfants ». Au cours de l’épisode, outre Charlie, le milliardaire aide à la libération d’une jeune esclave, également vendue par des parents désargentés. Une goutte d’eau dans l’océan de la misère et de l’exploitation enfantine - Teddy Rist le reconnait lui-même – mais qui rajoutée à d’autres gouttes d’eau concoure à créer des rivières. A force de persévérance et de diplomatie, les Haïtiens auront également du riz dans leur assiette.
Si l’on en croit l’adage populaire, « Toutes les bonnes choses ont une fin ». Je rajouterais « Heureusement que les mauvaises aussi ». C’est donc à « Haiti » que notre « Christ Playboy » termine son tour du monde de la repentance. Je suis injuste avec cette série, mais j’avoue que j’en avais assez de subir, de manière hebdomadaire, les assauts de cette bonne conscience retrouvée de l’Amérique. Avec le symbole d’un milliardaire qui rachète ses actions néfastes, les « showrunners » proposaient, de manière à peine masquée, d’amender leur pays - et leurs concitoyens - des méfaits du double mandat de l’administration Bush.
Malheureusement, Teddy Rist voit la paille dans l'œil de son voisin, mais pas la poutre dans le sien. Durant le seul épisode où le milliardaire est demeuré aux Etats-Unis, au lieu de sauver le reste du monde, il l’a passé à traquer un jeune officier des « Marines » qui lui avait dérobé sa carte de crédit « Gold » et son identité. Les scénaristes – je reprends ici les critiques adressées par le présentateur de radio qui interviewait le nabab dans l’épisode « San Diego » - auraient dû développer une intrigue au cours de laquelle le milliardaire aidait des déshérités de son propre pays. Mais il est vrai que notre « douchebag » n’aurait certainement pas trouvé là matière à se vanter et à parader.
vendredi 14 août 2009
« The Philanthropist » : « Haiti » (1x08)
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