vendredi 11 septembre 2009

« Glee » : « Showmance » (1x02)


On peut dire que « Showmance » - le deuxième épisode de « Glee », nouvelle série musicale de la « FOX » - se sera fait attendre. En effet, son pilote a été diffusé voilà presque quatre mois, après l’émission de téléréalité « American Idol ». Création de Ryan Murphy (« Nip/Tuck », « Popular ») - et de deux acolytes, «Glee » se propose de revisiter le monde des adolescents, vu de l’autre côté de la barrière.


Une fois n’est pas coutume, les « Beautiful People » n’endossent pas ici le beau rôle. Celui-ci est dévolu aux « Loosers » de toutes espèces : handicapé physique, obèse de couleur, asiatique bègue et autres laissés pour compte qui se retrouve au sein d’une chorale. Seul, un individu du premier camp rejoint les rangs épars du second. Ce personnage candide symbolise les espoirs d’une nouvelle Amérique libérée des démons « bushiens » et le renouveau politique incarné par le président noir Barack Obama.

Car comme je le spécifiais dans la notule concernant le pilote, « Glee » utilise le microcosme scolaire - celui du fictionnel lycée « William McKinley », sis à Lima, dans l’Ohio - comme métaphore d’un combat plus large et d’ampleur national. La série oppose les Républicains réactionnaires, incarnés par les membres des équipes de football américain et des « Cheerleaders » aux Démocrates progressistes qui composent la chorale du lycée.

Pour les représenter, on trouve d’un côté Ken Tanaka et Sue Sylvester, les entraineurs des équipes des « McKinley Athletics » et des « Cheerios », leurs supportrices et de l’autre, Will Schuester, le professeur d’espagnol et administrateur de la chorale scolaire et Emma Pillsbury, la conseillère d'orientation-psychologue.

« Glee » est une série vivante et colorée qui n’est pas exempte de messages à délivrer. Elle se compose également de quelques tonnes de clichés. Ils ne sont présents dans le corps de l’intrigue que dans le seul but d’être éradiqués, au fil des épisodes.

Ainsi, dès ce deuxième rendez-vous, le téléspectateur note que des changements positifs s’opèrent chez Ken Tanaka. Cet homme bourru, qui possède un physique ingrat, ouvre son cœur à Emma Pillsbury. Il montre un pan de sa personnalité jusque-là insoupçonné. Evidemment, ses déclarations trouvent peu d’écho chez la conseillère mysophobe qui n’a d’yeux que pour le professeur d’espagnol, marié et - pense-t-il - bientôt père !

Le rôle de la chorale - avec l’éprouvante Rachel Berry à la tête de ses membres - est de faire vaciller les fondations hypocrites qui minent le microcosme scolaire. Ainsi, à l’inverse de Quinn Fabray - la leader « WASP » des « Pom-pom girls », Rachel estime que « les filles pensent au sexe autant que les garçons ». Et quand le chef n’est pas là, ou qu’il a le dos tourné, la « Pasionaria » n’hésite pas à mener ses coéquipiers par le bout du nez. Ici, elle se sert de « Push It », une chanson aux paroles explicites et d’une chorégraphie tout autant évocatrice pour aborder - et dédramatiser - auprès des lycéens le sujet épineux de la sexualité. Nul besoin de préciser que bons nombre de spectateurs présents lors de la première performance publique de la chorale n’apprécient pas la démonstration ! A commencer par son « ennemi irréductible », l’entraineur principal des « Cheerios », qui n’aspire qu’à étouffer dans l’œuf le danger qu’elle représente !

Si le casting de la série se compose d’acteurs à l’interprétation plus que probante - notamment dans les parties chantées - il faut décerner une médaille d’or à Jane Lynch. Cette femme au physique de grande cheminée austère incarne Sue Sylvester. Elle est parfaite en garce insensible et hautaine, un rôle dont la pauvre actrice semble prisonnière à tout jamais (« 40 ans, toujours puceau », « Smiley Face »). En tout cas, si « Le Diable s'habille en Prada », son assistante particulière porte le survêtement « Adidas » avec prestance.

« Glee » se démarque haut la main de tous ces programmes dont les protagonistes sont des adolescents ou des jeunes adultes insupportables et nombrilistes (« Melrose Place 2009 », « 90210 ») et dont la chaîne « The CW » (notamment) a repris depuis peu la rediffusion.

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