samedi 12 septembre 2009

« The Vampire Diaries » : « Pilote »


Au sein de la petite communauté paisible de Mystic Falls, en Virginie, les sémillants frères Salvatore, Stefan et Damon, se dispute le cœur et l’âme d’une belle lycéenne, Elena Gilbert. « The Vampire Diaries » raconte la sempiternelle lutte du bien contre le mal, de la lumière contre les ténèbres. Dans ce cas très précis, les belligérants appartiennent tous deux au monde des créat
ures de la nuit, les vampires.

Tout comme « True Blood » - qui s’inspire des ouvrages de Charlaine Harris - les intrigues développées dans « The Vampire Diaries » dérivent des œuvres éponymes d’une autre romancière, Lisa Jane Smith. Beaucoup moins « Rock 'n' roll » que la série « HBO », « The Vampire Diaries » penche davantage vers le « rock FM » et ses ballades sirupeuses. La série créée par Kevin Williamson - à qui l’on doit le scénario du sympathique film fantastico-horrifique « The Faculty » - est ainsi beaucoup plus sage et beaucoup moins déjantée que celle d’Alan Ball.

Il est difficile de visionner une série comme « The Vampire Diaries » sans nourrir des à priori négatifs, surtout que ces derniers avaient été largement étayés par la longue bande-annonce de cinq minutes diffusée il y a peu sur internet. Le téléspectateur qui visionne le pilote de cette série se trouve donc en terrain connu et balisé.

Le mythe vampirique est respecté à la lettre par les concepteurs. Stefan Salvatore, le vampire bienveillant, ne peut pénétrer dans une demeure - en l’occurrence celle de l’héroïne - sans y être invité. Il hypnotise ses victimes quand cela s’avère nécessaire, comme pour se faire accepter dans son nouvel établissement scolaire. Agile et quasiment indestructible, il peut chuter d’une hauteur conséquente et se relever indemne. Il possède des sens aiguisés, dont une ouïe très fine qui lui permet de surprendre des conversations indiscrètes. En revanche, Stefan peut déambuler en toute sécurité durant la journée, cette prédisposition se révèle bien utile car elle lui permet de fréquenter ses petits camarades d’école. Son frère démoniaque, Damon - lui - n’apparait que lors de séquences nocturnes et uniquement pour commettre des actions néfastes, comme se nourrir du sang de victimes humaines.

Dans « The Vampire Diaries », les vampires ne disposent pas de substitut de synthèse à l’instar de leurs confrères de « True Blood ». Les bars et les superettes ne vendent pas de « V-juice » et le téléspectateur se demande de quoi s’abreuve le bon Stefan pour pouvoir vivre !

L’image romantique du vampire - beau brun sexy et mystérieux qui possède un regard de braise insondable - n’est pas oubliée. Dès sa première apparition dans le lycée, toutes les filles tombent en pamoison devant Stefan Salvatore. Enfin, du moins à ce que l’on peut noter, toutes les jolies filles du lycée. A l’image de programmes similaires, la caméra ne s’arrête jamais sur les profils ingrats d’étudiants gros, moches et acnéiques. Le réalisateur veille à ce que les vilains petits canards se fondent gentiment dans l’arrière-plan.

La série est sucrée et sirupeuse à souhaits et on est parfois gagné par l’irrépréhensible envie de s’enfoncer un doigt au fond de la gorge. Ceci étant dit, le pilote n’est pas désagréable à visionner, même s’il ne nous transporte pas vers des sommets d’exaltation. Je pense que le pire est plutôt à venir. A l’image de « True Blood » (et surtout de sa seconde saison), « The Vampire Diaries » va sombrer dans des abimes d’incohérence. Hormis les deux créatures de la nuit, se profile à l’horizon une médium incarnée par Bonnie Bennett, la confidente d’Elena Gilbert. A quand les lycanthropes et autres créatures surnaturelles ?

En résumé, « The Vampire Diaries » est une œuvre télévisuelle de facture très classique. Elle n’innove guère et ne surprend pas davantage. La série permet surtout à la chaîne « The CW » - spécialisée dans les « shows » à destination des adolescents et des jeunes adultes - de remplacer dans le cœur de son public « Supernatural ». Au fil des saisons, cette série a perdu de son charme et de sa fraicheur ; la dernière en date - la quatrième - est tout simplement indigente. D’aspiration romantico-gothique, « The Vampire Diaries » est d’ailleurs couplé, à l’occasion d’une soirée spécifique, avec le programme créé par Eric Kripke, qui entame une nouvelle rentrée.

Des frissons de pacotilles et de la romance doucereuse au programme ! Si vous avez perdu vos parents et que vous tenez un journal intime, vous pourrez vous identifier, sans problème, à notre couple de protagonistes amoureux, Stefan Salvatore et Elena Gilbert.

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