lundi 14 septembre 2009

« Hung »: « A Dick and a Dream or Fight the Honey » (1x10)


Ce dixième - et dernier épisode de la saison une de « Hung » - est placé sous le signe de la réflexion métaphysique, pour certains protagonistes et des remises en question pour d’autres. Pour Ray Drecker, un double changement d’employeurs se profile à l’horizon. Il risque, en effet, de perdre la place d’enseignant qu’il occupe dans son lycée de quartier et il se fait débaucher par la politique d’OPA hostile que Lenore Bertrand met en place. La femme d’affaires au tempérament carnassier vient chasser sur les terres de la douce et végétarienne Tanya Skagle et de sa petite entreprise de bonheur par le sexe, « Happy Consultants ».


C’est effectivement le temps de l’introspection pour Tanya Skagle. La jeune femme est désorientée par la tournure que prend son existence actuelle. Il lui semble - à juste tire d’ailleurs - que TOUT et TOUS lui échappe. Le compagnon qu’elle a récemment rencontré dans un bar s’est envolé pour un reportage photographique à Cuba et Ray menace de la quitter pour s’en aller travailler avec la concurrence. De plus, sa demeure est envahie par une escouade de mouches agressives. Davantage que l’invasion malsaine, Tanya est préoccupée par la symbolique que revêtent les diptères. Elle se voit comme un vulgaire morceau de viande, appelé à la putréfaction imminente.

En revanche, la situation semble s’améliorer pour notre bête de sexe. L’allégorie est abondamment utilisée dans cet épisode (tout comme dans la série entière). Alors qu’il est en pleine réfection de sa demeure détruite par le feu, Ray découvre derrière les lattes du revêtement mural, une abondance de miel qui dégouline des parois. Alertée par l’étrange nouvelle, Madame Koontz - la chaude voisine de Ray - vient récolter le nectar dorée pour -prétend-elle - confectionner un gâteau aux carottes. Les deux amants trouvent rapidement une utilisation plus sensuelle au produit ; ils s’enduisent le torse et se lèchent goulument.

L’intrigue ne fait pas l’impasse sur les autres personnages de « Hung ». Dans son cabinet de dermatologue, Ronnie Haxon - l’époux de l’ex-femme de Ray Drecker, Jessica - se fait ouvertement draguer par une patiente venu consulter pour un problème de mélanome apparu sur l’intérieur de sa cuisse. Alors que son mariage avec Jessica bat de l’aile - à cause des problèmes financiers que traverse son couple - le bougre apprécie les avances de la dame à lunettes.

Jessica Haxon - justement - se fait délicieusement masser, en compagnie de Lenore Bertrand. Cette dernière s’enquiert de la vie sexuelle de sa cliente, qui n’apparait pas comme satisfaisante. La virago à la langue bien pendue lui précise que « le vagin est comme une batterie de voiture et qu’il faut le recharger régulièrement pour pouvoir avancer ». A cette occasion, elle réitère à Jessica l’offre de la mettre en contact avec un bel Apollon à même de satisfaire ses besoins sexuels. En ce qui concerne Lenore, le téléspectateur attend, avec une impatience fébrile, le retour du bâton de la justice poétique qu’il espère prochain.

Ray Drecker sacrifie aux obligations familiales en accompagnant Damon, son fils et Darby, sa fille voir « 10.000 Corpses », un film d’horreur au cinéma « Redford ». Pendant que des jeunes filles se font joyeusement massacrer sur l’écran par un monstre sanguinaire, Damon, accompagné de son camarade de classe fétiche, subit les avances de ce dernier. Son ami lui sert ensuite une scène de jalousie parce que l’adolescent ne répond pas positivement à sa requête. Dans l’épisode précédent, Damon avait pourtant bien précisé à ses parents dépités par ses orientations sexuels, qu’il envisageait l’homosexualité davantage comme une éventualité que comme une certitude.

Les protagonistes de « Hung » sont les prisonniers perpétuels d’une constante valse hésitation. Ils avancent d’un pas pour reculer de trois. La rencontre au sommet entre Ray et Jessica, que le téléspectateur attendait avec impatience, n’a pas vraiment lieu. Elle ne se réalise pas de « visu », mais par portables interposés. Dans l’ultime scène qui se déroule avant l’épilogue, Ray - qui a rendez-vous avec sa mystérieuse cliente - reconnait sa femme, en dépit de son accoutrement d’agent secret de pacotille, grosses lunettes noires et immense pardessus de même tonalité. Au cours d’un dialogue aussi confus que poignant, il dissuade la mère de ses enfants d’agir de la sorte.

Cette séquence démontre avec brio que « Hung » est une série qui penche davantage vers le drame que vers la comédie, à l’inverse de ce que le pilote laissait supposer.

Après toutes ces péripéties plus ou moins rocambolesques, la saison une de « Hung » se termine néanmoins sous des auspices rassurants. Ray Drecker savoure le miel récolté - le fruit des ses efforts - tranquillement installé sur un transat alors que le soleil se couche à l’horizon. Chez elle, Tanya dévore «Women Who Run With the Wolves », un livre censé lui redonner confiance en ses possibilités de femme pleine et entière. Elle le repose sur la table basse du salon et écrase, par la même occasion, la pauvre mouche qui s’y trouvait. C’est déjà un début !

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