vendredi 2 octobre 2009

« FlashForward »: « White to Play » (1x02)


Avec ce second épisode de « FlashForward » - véritable machine de guerre télévisuelle de la chaîne « ABC » - les craintes évoquées dans la critique du pilote se trouvent confirmées. Après un premier rendez-vous détenteur d’un certain intérêt, « White to Play » se révèle être un épisode étonnamment creux et rébarbatif !


« FlashForward » est un programme prémâché dans lequel les sentiments du téléspectateur n’ont pas leur place. Ce dernier se retrouve dans la peau d’une oie que l’on gave de force. Face aux séquences qui s’enchainent, il doit éprouver - coûte que coûte - des émotions et il doit adhérer à un récit paradoxalement indigent. Les créateurs tentent d’obtenir ce résultat en lui assénant une débauche d’effets sonores et visuels qui, soit est inutile, soit conduit au résultat inverse.

La scène dans laquelle les deux agents du FBI - aidés par une femme policier du crû - en est l’exemple flagrant. La découverte - et l’inspection - de l’usine qui fabrique des poupées se suffit à elle-même pour faire naitre le suspense. Au lieu de cela, l’effet de la scène est totalement détruit par l’apport d’une musique emphatique, des poupées suspendues et qui chantonnent, à l’instar d’une mauvaise adaptation d’une œuvre de Stephen King, des effets de lumières, etc. Cerise sur le gâteau, la séquence s’achève par une explosion ridiculement démonstrative.

Dans toute œuvre de fiction qui se respecte - et dans laquelle des scènes atteignent des sommets d’intensité - le créateur y glisse quelques séquences humoristiques. « FlashForward » agit de même, alors qu’il n’y a aucune tension à évacuer. Stanford Wedeck a hérité du rôle de comique attitrée et c’est à lui qu’incombe d’amuser la galerie. Dans le pilote, le Directeur Régional du FBI de Los Angeles s’endort - lors du « blackout » - assis sur les toilettes. Dans « White to Play », il révèle à Mark Benford (Joseph Fiennes) qu’il s’est trouvé dans l’obligation de réanimer un subalterne - qui lui, s’est assoupi la tête plongée dans l’urinoir - en utilisant la vieille méthode du bouche-à-bouche.

Déjà transparents, les acteurs possèdent un jeu tout juste passable, et pour certains, carrément inexistant. J’évoque particulièrement Ryan Wynott, qui interprète Dylan Simcoe. Détenteur d’un physique insipide, il en devient pathétique dans la scène où il expose à son garçonnet alité, que sa mère endormie ne se relèvera plus jamais. Lennon Wynn, qui joue le rôle de Charlie Benford, la fillette du couple de protagonistes, n’est pas mal non plus. En ce qui la concerne, la pauvre enfant dispose des circonstances atténuantes, son jeune âge et son manque d’expérience.

L’intrigue de « FlashForward » pouvait - à la limite - parfaitement fonctionner avec des mots, la série s’inspire, en effet, d’un roman d’anticipation éponyme. Sur petit écran, pour atteindre un résultat similaire, ces derniers ne sont apparemment pas suffisants. L’équipe de créateurs doit - du coup - faire appel à l’artillerie la plus imposante. Malheureusement, cela se réalise au détriment de la fonction vitale à toute adhésion du téléspectateur à une œuvre, l’émotion !

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