Nous y voilà ! Le remake tant attendu de « V » - cette série de science-fiction emblématique des années quatre-vingt, créée par Kenneth Johnson, refait son apparition sur les petits écrans. Je ne vous fais pas l'insulte de vous exposer le « pitch » - lapidaire, efficace et éventé. Des Aliens d'apparence débonnaire débarquent sur terre, à bord d'immenses vaisseaux-mères qui flottent au dessus des grandes capitales du globe. Ces créatures reptiliennes - qui dissimulent leur apparence cauchemardesque sous un derme humain - se présentent comme nos amis ! Mais le sont-ils vraiment ? La question - on le sait - est de pure rhétorique !
Je me suis récemment replongé dans la mini-série en deux épisodes, diffusée en 1983 sur « NBC », soit presque trois décennies. Si elle se laisse encore agréablement visionner, le programme reflètent incontestablement les stigmates de son temps : des longueurs parfois insupportables, des digressions souvent inutiles, des plans de caméra chaotiques. Je n'évoque même pas la question épineuse des effets spéciaux, marques indélébiles de son époque, mais qui participe à son charme suranné !
Après avoir éprouvé quelques réticences et m'être questionné sur l'utilité d'un tel projet, mon impression générale concernant le pilote de « V, version 2009 » est qu'incontestablement, le résultat est à la hauteur ! « ABC » nous propose un spectacle captivant sur prêt de quarante-cinq minutes, sans temps mort, ni hésitation ! Ce qui n'était pas le cas de l'autre « blockbuster » de la chaîne, le relativement décevant « FlashForward ».
J'ai ressenti un légér pincement au cœur par rapport aux nouveaux protagonistes du « show ». La protagoniste, Erica Evans - la blonde agent du FBI (encore !) - n'est pas Mike Donovan, le reporter cameraman. Le brave et amusant Willie est remplacé par un noir monolithique, Ryan Nichols. Disparue également la collision Visiteurs/Nazis - qui même si à l'époque n'était pas d'une réelle actualité - établissait des parallèles intéressants, notamment avec la famille juive des Bernstein. La dichotomie et l'affrontement entre Stanley, le grand-père, rescapé des camps de concentration et son petit-fils, Daniel, qui rejoignait les rangs des collaborateurs à la solde des Visiteurs, étaient scénaristiquement palpitante. Dans le remake, c'est Tyler Evans - l'adolescent turbulent de l'agent du FBI - qui rallie les Aliens, en endossant l'uniforme des cadets terriens.
Il faut avouer que les vils reptiles ont parfaitement appréhendés le pouvoir que l'attraction d'un physique avenant exerce sur ces imbéciles de terriens. Si dans la série des années quatre-vingt, Diana n'était nullement repoussante, en dépit de son « brushing » immonde et sous couvert d'attributs humains, sa remplaçante au sein du « remake » damnerait l'âme d'un saint ! Anna - le commandant-en-chef et porte-parole des Aliens - est une créature à la plastique parfaite. Son visage angélique, qui apparaît au dessus des immeubles de New-York, de Paris et d'ailleurs, suscite une dévotion quasi-christique.
Si les Visiteurs ne sont donc plus assimilés à des Nazis, leur présence ancestrale au cœur de la société humaine prend des apparences de « Protocoles des Sages de Sion ». La résistance aux extra-terrestres - déjà active dès le pilote - la décrit comme des individus qui contrôlent les médias, les banques, des pans entiers de l'économie, la propagation des conflits et des guerres et autres joyeusetés, qui font de notre monde un lieu invivable pour la majorité de ses habitants. Vous avez dit « Théorie du Complot » ?
Pour une première prise de contact, cette « rencontre du troisième type » est plus que satisfaisante. Si elle possède un abord davantage basique que « FlashForward », le téléspectateur est assuré que « V » ne va pas sombrer dans les méandres d'intrigues labyrinthiques et tarabiscotées, dont - à plus ou moins long terme - les scénaristes auront du mal à se dépatouiller !
Je clôture cette notule par un petit regret. Les fans de « V » auraient apprécié de voir apparaître les têtes d'affiches de la série originale, Marc Singer (Mike Donovan ), Faye Grant (Juliet Parrish) et bien d'autres acteurs, dont la présence à tenue en haleine les téléspectateurs adolescents que nous étions alors !
mercredi 4 novembre 2009
« V » : « Pilote »
Inscription à :
Publier les commentaires (Atom)
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire