jeudi 5 novembre 2009

« Sons of Anarchy » : « Fa Guan » (2x09)


De machinerie parfaitement huilée, au cours de la première saison, la « SAMCRO » est devenue une créature bicéphale aux gueules qui s'entredévorent. Au sein du club, Clay Morrow - le monarque attitré - et « Jax » Teller - son beau-fils et dauphin à la succession - se livrent une lutte sans merci. Cette rixe larvée - mais épuisante pour ses membres, sommés de choisir leur camp - fait le bonheur de l'adversaire principal, la « LOAN », nouvellement installée en ville. Loin du chaos ambiant qui agite les « Fils de l'Anarchie », Ethan Zobelle - le leader du groupe racialiste - mène ses paisibles activités. Dans son échoppe de vente de cigares, à l'atmosphère feutrée et sur fond de musique classique, l'homme d'affaires à l'allure racée assiste à l'effondrement du monde de la « SAMCRO ». « Fa Guan » est la démonstration parfaite du célèbre adage qui veut que « Qui vit par l'épée, meurt par l'épée » !

Véritable embrouillamini scénaristique, les actions sont si nombreuses et désordonnées, au sein de l'épisode, qu'il serait vain de toutes les énumérer. « Jax » annonce à Otto Delaney (interprété par le « showrunner » de la série, Kurt Sutter) que son épouse Luann est morte, rouée de coups. Si certains y voient l'intervention de Georgie Caruso, le concurrent direct de la pornocrate, Gemma, la mère « Jax », se refuse à croire qu'Ethan Zobelle en soit le commanditaire. De la prison, il se rend au chevet de Chibs Telford, sorti de son coma profond, à la suite de l'attentat au véhicule piégé.

Clay Morrow veut en finir avec l'épisode du « Caracara » - les studios qu'utilisait Luann Delaney pour produire ses films à caractère pornographique. Bien évidemment, « Jax » s'y oppose. Détruit en fin d'épisode par un Ernest Darby, excédé que la « SAMCRO » s'en prend à ses doubles activités de fabrication de méthamphétamine et de prostitution, « Jax » est persuadé que Clay est l'auteur du désastre.

Au milieu de ce capharnaüm ambiant, il émerge deux scènes emblématiques au contenu antagoniste. Dans l'une d'elle, « Jax » et Opie Winston tentent, par la violence, de faire revenir un juge sur son verdict, dans une enquête qui implique le club. Le tête-à-tête est compromis par l'intervention inopinée du fils drogué du juriste. Ce dernier s'introduit dans la demeure paternelle afin de subtiliser des objets de valeur pour payer les besoins de son addiction. Opie menace de tuer le fils indigne, mais le juge ne cède que lorsque « Jax » feint de brûler les lettres de la défunte épouse.

L'autre séquence concerne Gemma Teller-Morrow et son vieil ami, le shérif dévoyé Wayne Unser. Au cœur d'une crise existentielle majeure ; une lutte interne qui ronge les liens indéfectibles du club, pour la première, un cancer en phase terminale, pour le second, les deux individus se tournent vers la religion et vers la félicité qu'apporte l'immersion dans la foi. Pour une fois, la femme à la personnalité inébranlable abandonne ses certitudes. A l'unisson des membres de la congrégation, elle se lève pour entonner un chant de gospel aussi libérateur qu'enivrant.

La débandade des rats qui s'agitent, quand le navire prend l'eau de toutes parts, n'empêche pas les sentiments. Dans ce monde de brutes, l'ambivalent Opie Winston - véritable « Docteur Jeckyll et Mister Hyde » - trouve appaisement et réconfort auprès de Lyla, une actrice de « X » en quête d'amour « XXL ».

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