dimanche 22 novembre 2009

« Sons of Anarchy » : « Service » (2x11)


Durant l'épilogue de l'épisode précédent, Gemma Teller-Morrow avait avoué, à un auditoire restreint mais tétanisé, son agression et son viol par les membres de la « LOAN » d'Ethan Zobelle. A juste titre, le téléspectateur s'attendait que cette révélation émouvante conduise, de la part des principaux intéressés - Clay Morrow, le mari de la victime et « Jax » Teller, son fils – à une riposte sanglante.


Davantage par habiles calculs - une fois n'est pas coutume de la part de Clay - que par procrastination craintive, la vengeance est remise à une date ultérieure. « Avant de frapper l'ennemi, il faut déceler son point faible ! ». Mais c'est qu'avant de balayer devant la porte du groupe - racialiste – antagoniste, la « SAMCRO » doit faire le ménage à demeure. Et la mort tragique, mais accidentelle, de Donna, l'épouse d'Opie Winston par un « frère de sang », Tig Trager, n'est pas l'un des moindres assainissements. D'ailleurs le sociopathe bras droit de Clay - après son expérience de modification de conscience, effectuée la semaine dernière - est totalement métamorphosé ici. Il avoue à Opie son geste ignominieux, qu'il espère ainsi se faire pardonner. En acte de contrition, il se laisse passer à tabac – sans broncher - par le motard barbu. Mais la punition est dérisoire, face au préjudice accompli.

Désorienté comme il ne l'a jamais été auparavant, Opie Winston est également tiraillé entre représailles - contre Clay, le commanditaire de l'acte, qui le visait personnellement - et réconciliation, avec le même leader de son groupe. Comme il ne veut - ou ne peut - s'en prendre au principal intéressé, c'est auprès de l'agent de l'ATF - l'ignominieuse June Stahl - qu'Opie va exercer sa vengeance. A l'image d'autres protagonistes de l'affaire – à commencer par « Jax », qui dans l'épisode précédent, désirait prendre la tangente, accompagné de femme et enfant – Opie réalise ce qu'il a perdre, s'il appuie sur la détente de l'arme à feu - qu'il pointe à bout portant – sur le visage du fonctionnaire fédéral. Incontestablement, la prison à perpétuité – voire la peine de mort – mais plus préoccupant encore, pour cet ours mal léché mais attachant, la privation de ses enfants, ainsi que de Lyla, sa nouvelle compagne aimante et rassérénante.

Opie assiste au spectacle de la virago - effondrée et en pleurs, pour la première fois de sa carrière - mais aussi à la sortie des bureaux locaux de l'ATF de l'ex-membre de la « True IRA », Chibs Telford. Opie - tel un « bon chien-chien à son pépère » – va référer, illico, à Clay Morrow, de l'acte de son confrère ! Incompréhensible comme comportement ? Pas vraiment ! Car si Opie sait que que l'agent Stahl l'a méchamment manipulé, à ses dépends, l'Irlandais à la double balafres faciale, a dû subir le même traitement !

C'est en définitif, le propre père d'Opie qui exerce sa vengeance sur Clay Morrow - le « radbani », terme qui désigne, dans la mythologie nordique, « le meurtrier par conseil », pour le différencier du « handbani », « l'exécutant » - Tig Trager, en l'occurrence. Fermer la parenthèse ! Mais le cacochyme Piney Winston est devenu un piètre viseur et il manque sa cible d'un bon kilomètre.

Parmi les scènes qui composent « Service », une – en particulier – m'a laissé totalement dubitatif. Il s'agit du rapprochement, d'abord anodin entre Gemma et Tig, dont le frottement des corps autour de la recherche d'un objet anodin dans un placard, est sur le point de se transformer en copulation bestiale. J'ai mal saisi, dans cet acte étrange et déplacé, si Gemma voulait faire payer à Clay ses constantes incartades sexuelles avec des créatures peu farouches ou si – et cela peut choquer bon nombre de lecteurs – revivre avec le brutal Tig, le viol qu'elle a subit de la part les séides de Zobelle et un ersatz de sensations alors ressenties.

Une autre séquence – courte, mais fascinante - concerne ce que dit « Jax » à propos de Clay Morrow, notamment à Bobby Munson, le trésorier avisé de la « SAMCRO ». « Clay est la créature du groupe. Il est ce que les membres du club en ont fait ! ». Et « Jax » sous-entend, par ces propos lapidaires, « Chaque fois que nous nous rangions, sans broncher, derrière ses avis, peu ou prou éclairés ! ». En anglais, le terme de « clay » désigne « l'argile». A l'image de la mythologique créature de la tradition cabaliste, le leader de la « SAMCRO » est un Golem, dont Opie propose - d'ailleurs - de se débarrasser ! Mais à l'inverse de l'humanoïde fait de glaise, Clay Morrow n'est ni Dieu le père, pas plus qu'il ne dispose de la vérité ultime !

Le père Kurt Sutter - en excellent « showrunner » qu'il est – n'allait, de toute façon, pas griller ses dernières cartouches, dans cet antépénultième épisode de « Sons of Anarchy ». Il réserve la toute dernière salve d'honneur pour les deux derniers rendez-vous à venir. Vraisemblablement « The Culling », avant-dernier rendez-vous, car « Na Trioblóidí », en dépit de son titre évocateur - « Les ennuis », en langue gaélique – fera, certainement, figure de « résolution du conflit » !

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