Un individu - vêtu d'un élégant costume sombre, un galurin rivé sur le crane - observe à l'aide de discrètes jumelles à visée électronique, une vingtennaire qui déambule dans un parc bostonien. A cette évocation succincte, mais éloquente, l'adepte de « Fringe » reconnaît immédiatement le portrait du fameux « Observateur », apparu la première fois dans l'épisode « The Arrival » (1x04).
Mais l'énergumène en question n'est pas le flegmatique « September » - incarné par l'acteur Michael Cerveris – mais « August », un de ses semblables. A l'image de son confère - qui a extirpé d'une noyade certaine Peter Bishop, alors qu'il était enfant - l'être issu d'une terre parallèle a jeté son dévolu sur Christine Hollis. La toute première fois, il a sauvé l'existence de la fillette, lors d'un tremblement de terre qui s'est déroulé à San Francisco. Ses parents n'ont pu – hélas - bénéficier du même traitement de faveur ! Dans cet épisode, « August » réitère son geste salvateur, en kidnappant l'orpheline incrédule. En effet, la jeune artiste s'apprêtait à prendre un vol en direction de Rome. Capable – comme ses semblables - d'appréhender les évènements futurs, ce nouvel « observateur » s'est à ce point attaché à la jeune femme, qu'il refuse de la voir mourir dans le crash inéluctable du vol 821.
Dans un restaurant indien – lieu dans lequel il peut consommer une nourriture épicée, sans éveiller les soupçons des autres consommateurs, « September » - et un groupe de voyageurs temporels, qu'« August » appelle les « Autres » - se penche sur la problématique que représente le cas de la jeune femme. Si Peter Bishop – à l'image de son amie, l'agent du FBI, Olivia Dunham - est un indispensable élément d'un puzzle interdimensionel, Christine Hollis n'est qu'une individue « lambda », qui ne mérite pas de traitement spécial. Comme les « Observateurs » ne peuvent intervenir sur le cours des évènements et des êtres, si ces derniers ne possèdent aucune valeur intrinsèque au yeux de l'histoire, le manquement à l'éthique de leur collègue doit être réparé. Comme ils ne peuvent s'en occuper eux-mêmes, le groupe dépêche Donald - un tueur a gages humain - afin d'éliminer la jeune femme. Évidemment, « August » ne l'entend pas de cette oreille et il va cacher sa protégée de la vindicte de l'assassin et de ses confrères.
Pour « August », le seul moyen de sauver durablement la vie de Christine est de rendre la présence de sa protégée indispensable. Il va se sacrifier pour que - de façon détournée - la jeune femme soit la première humaine, responsable de la mort d'un des « Autres » ! Par le biais d'un carnet qu'il laisse à dessein sur le lieu du kidnapping, l'« Observateur » contacte Walter Bishop, dont l'aide lui sera précieuse.
Le duo en charge du scénario de « August » - J.H. Wyman et Jeff Pinkner – ont délivré au téléspectateur un épisode à la thématique riche et complexe, qui le laisse – tout bonnement – bouche bée ! A la question épineuse, « Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ? », nous savons désormais - au travers du cas de « August » - que les froids et distants « Observateurs » sont capables d'éprouver les sentiments humains d'attachement et d'empathie. Si « Septembrer » - de part son comportement compatissant à l'égard des Bishops – nous en avait donné une première preuve inéluctable, l'attitude de son confrère scelle définitivement cette certitude. Du propre aveux de l'humanoïde de constitution physiologique équivoque, « Christine Hollis a traversé mon esprit et ne l'a plus jamais quitté ! C'est – je crois - ce que l'on appelle de sentiments. J'apprécie cette jeune femme ». Les dernières paroles du mourant font montre d'une indéfectible humanité à l'égard d'une créature sensible.
D'ailleurs, l'entièreté de ce rendez-vous est dédié à la thématique de l'attachement et de l'amour que se portent les différents protagonistes de cette série fantastique co-créée par J. J. Abrams. De nouveau, les personnages font preuve d'une riche palettes de sentiments – parfois équivoques – qui font défauts aux deux poids-lourds désincarnés de la chaîne concurrente « ABC » - « FlashForward » et « V », pour les nommer !
En dépit des ses occupations aliénantes d'agent émérite du FBI, Olivia Dunham sacrifie une après-midi entière, afin d'accompagner Ella - sa jeune nièce - dans un parc d'attraction. Elle accepte de suivre l'enfant sur les montages russes, même si elle déteste les sensations que procurent les sommets et les creux du manège. Walter – obnubilé dans cet épisode par la composition de « Milkshakes » aux ingrédients originaux et aux saveurs parfois débutantes – réitère l'amour paternel qu'il éprouve à l'égard de Peter. A « August » - qui entre en contact avec lui - il le supplie de ne pas lui reprendre « son Peter adoré » !
dimanche 22 novembre 2009
« Fringe » : « August » (2x08)
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