Avec « Ugly Americans », « Comedy Central » - la chaîne câblée et satellitaire - offre au téléspectateur une nouveau programme déjanté, mais cette fois-ci, ce dernier se présente sous la forme d'une série animée.
L'action se déroule dans une ville de New-York fantasmée, dans laquelle une poignée d'êtres humains côtoient les créatures issues du folklore mythologique et une multitude d'autres individus, difficilement identifiables. La mégalopole est une métaphore de l'actuelle cité qui ne dort jamais, avec sa pléthore d'ethnies qui cohabitent et les problèmes socio-économiques auxquels ces populations sont confrontés.
Mark Milly - le protagoniste de la série - est employé au département d'intégration de la « Big Apple », où il occupe le poste de travailleur social. Les budgets que la ville attribue aux nécessiteux ayant subis des coupes franches - au profit de la politique sécuritaire - Mark partage un bureau défraichi et de maigres moyens alloués avec Leonard Powers. Ce magicien est un lointain épigone de Merlin l'enchanteur - en ce qui concerne ses pouvoirs - et un élément parfaitement inutile - en ce qui concerne son activité professionnelle. En bref, un fonctionnaire !
Mark loue un appartement - au cachet tout aussi misérable que son bureau - avec Randall Skeffington, son colocataire sans emploi, devenu récemment un zombie. Le travailleur social développe une histoire d'amour vache - et des pratiques sexuelles sadomasochistes - avec Callie Maggotbone, une rejetonne de l'enfer très « sexy », en dépit de son physique démoniaque. Les deux tourtereaux sont employés par Twayne the Bone Raper, un bureaucrate républicain qui, sous l'apparence du diable, pratique une politique budgétaire, en adéquation avec son orientation satanique et... politique !
L'inclinaison scénaristique de « Ugly Americans » se situe à la croisée des chemins ; celui des diatribes de Michael Moore, pour ses prises de positions anti-républicaines et en faveurs des déshérités et du style picturale et des ambiances glauques que déploie le talentueux illustrateur Charles Burns, au sein de ses bande dessinées « for mature readers ».
Outre un un format court, « Ugly Americans » possède pour elle l'attrait de la nouveauté, un discours cynique et une ambiance colorée, surréaliste et loufoque. Ces quelques qualités – qui permettent au téléspectateur de visionner le pilote avec plaisir – sont-elles suffisantes pour rendre les prochains épisodes attrayants, de telle sorte que, de nouveau, ce dernier a envie de se trouver devant son poste de télévision ? Ou fortement sollicité par l'offre télévisuelle (pléonasme), il zappera les prochains rendez-vous, au profit d'autres nouveautés qui ne manqueront pas d'éclore dans l'intervalle ?
jeudi 18 mars 2010
« Ugly Americans » : « Pilote »
Inscription à :
Publier les commentaires (Atom)
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire