« Gravity » est un vocable anglais qui désigne - à la fois - la « gravité » (d'une situation), mais aussi les termes de physique ayant trait à la « gravitation » ou à la « pesanteur ». « Gravity » est aussi l'intitulé d'une nouvelle série de la chaîne « Starz », qui diffuse « Party Down » ou « Spartacus : Blood and Sand »).
Créée par Jill Franklyn et Eric Schaeffer, l'intrigue de cette production ironico-dramatique évolue autour d'une poignée « d'apprentis suicidés », qui se retrouvent au sein d'une association d'aide qui lutte contre ce tourment existentiel. A la manière des « Alcooliques Anonymes », le groupe est dirigé par le volontariste Dogg McFee (Ving Rhames, « Pulp Fiction »), un afro-américain hémiplégique, qui se déplace en fauteuil roulant. Le pilote suit les destins tragiques de deux protagonistes - Robert Collingsworth et Lily Champagne - marqués par l'abandon de l'être aimé. Le premier – un jeune homme de bonne famille, appartenant à un milieu de fervents catholiques – se jette d'une falaise, à bord de sa Mercedes. Délaissé par la femme qu'il devait épouser, il atterrit dans la piscine d'un hôtel pour clients homosexuels ! Jeune artiste désabusée, la seconde souffre également de peines de cœur. Cynique et « gentiment » misanthrope, la jeune femme décide de passer à l'acte, quand – en faisant ses courses - elle percute le caddie d'une vieille dame acariâtre. Reflet insupportable d'une existence médiocre, cette dernière a entassé des courses identiques aux siennes : une préparation pour gâteau au chocolat, un sac de litière et des aliments pour chats !
Condamné par les religions, le suicide est – de plus - considéré aux Etats-Unis comme un crime... contre sa personne. Lily Champagne doit répondre de son acte délictueux auprès de l'inspecteur Miller, interprété par Eric Schaeffer, le co-scénariste de la série. Mais si le fonctionnaire de police – qui se révèle fort inquiétant – enquête sur Lily, c'est que - depuis qu'elle est revenue d'entre les morts - elle enchaine les portraits d'un inconnu avec qui elle s'est vue faire l'amour. Miller lui apprend qu'il s'agit de Diego Swane, un escroc recherché par la justice et hospitalisé en même temps qu'elle. Comme elle le spécifie à son amant psychique - quand elle le rencontrera, plus tard, dans un café - « Morte, je me suis sentie exister pour la première fois de ma vie ! ».
Étrangement, cette accroche rappelle celle de « Dead like Me », série dans laquelle le personnage de George Lass - violemment percutée par les lunettes des toilettes de la station spatiale russe « Mir » - éprouve un sentiment similaire. Si la tonalité générale se rapproche de celle de cette production télévisuelle créée par Bryan Fuller, « Gravity » évoque également les ambiances « arty » des long-métrages du réalisateur américain Hal Hartley. Malheureusement pour ce nouveau programme « Starz », les comparaisons flatteuses s'arrêtent là ! S'il possède un postulat de départ intéressant – voire novateur - son traitement scénaristique et visuel se révèle catastrophique. « Gravity » se confine à la limite du dilettantisme et le travail narratif de Jill Franklyn et d'Eric Schaeffer dépasse difficilement le stade de l'atelier d'écriture scénaristique ! A l'arrivée, « Suicide Dummies » - d'ailleurs, le titre provisoire de la série – est un pilote maladroit et poussif, qui déçoit le téléspectateur !
Hormis l'acteur précédemment cité, le casting accueille Ivan Sergei (« Charmed »), qui interprète Robert Collingsworth et Krysten Ritter, qui prête ses traits charmants au personnage de Lily Champagne. Cette dernière est abonnée aux rôles de jeunes artistes torturées, puisque - dans la deuxième saison de « Breaking Bad » - elle jouait Jane Margolis, la petite amie de Jesse Pinkman, décédée d'overdose.
Le pilote d'une série étant appréhendé comme sa vitrine, souhaitons à la suite de cette nouvelle production - et à « Namaste MF », son deuxième épisode – d'être plus convaincant. Le duo de « showrunners » doit absolument développer une ligne directrice, solide et efficace, à même d'assurer un avenir pérenne à sa création. Sinon, dans le cas contraire, « Gravity » risque - à court terme - de percuter le mur fatal de l'annulation ! Cela serait dommage pour le potentiel en puissance que la série possède...
dimanche 25 avril 2010
« Gravity » : « Suicide Dummies » (Pilote)
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