jeudi 22 avril 2010

« Glee » : « The Power of Madonna » (1x15)


Il n'aura échappé à aucun téléspectateur - même à celui qui l'aurait visionné d'un œil distrait - que ce présent épisode de « Glee » se focalise sur le personnage de Louise Veronica Ciccone, artiste mondialement connue sous le pseudonyme de Madonna. Justement intitulé « The Power of Madonna », ce rendez-vous consiste en un hommage épique que Ryan Murphy – coiffé ici de la double casquette de scénariste et de réalisateur - rend à l'icône de la musique « pop ».

Pour être honnête, le « showrunner » de « Nip/Tuck » a davantage œuvré sur la mise en scène que sur l'intrigue de son histoire. En effet, « The Power of Madonna » consiste en une immense succession de compositions, qui ont participé à la gloire de la sulfureuse performeuse aux mille visages ! Du coup, le scénario de l'épisode – quelque peu indigent - se réduit à la portion congrue.

C'est d'abord Sue Sylvester qui revendique la propriété intellectuelle sur la femme libérée, au fort tempérament, au point où l'entraîneur des « Cheerleaders » l'a érigée en modèle existentielle. La première page de son journal intime s'orne des lettres brillantes de son fameux patronyme. Auprès de Mercedes Jones et de Kurt Hummel – venus lui rendre visite au sein de son antre – elle ouvre son coeur aux deux membres de la chorale de l'établissement scolaire « William McKinley ». Prise en étau entre une soeur trisomique et des parents indifférents à son sort, Madonna a constitué - pour la jeune femme qu'elle était alors - une véritable planche de salut. Si Sue endosse - sans vergogne - son rôle de « salope » jubilatoire, c'est paradoxalement ce comportement détestable qui lui permet de survivre dans la jungle de la vie !

Tel un virus qui se propage impitoyablement au reste de l'école, le phénomène « Madonna » inocule l'ensemble des protagonistes du « show », à commencer par Will Schuester. Le mentor de « New Directions » décide - lui aussi - de s'approprier les compositions de la chanteuse. Ce rapt manifeste - organisé par le professeur d'espagnol - est vécu par Sue Sylvester comme un impardonnable crime de lèse-majesté. Hormis le cacochyme proviseur Figgins – invariablement cloué derrière son bureau - nul personnage n'échappe à la mainmise de la « star » ; pas même la pusillanime Emma Pillsbury, la conseillère d'orientation, mysophobique et toujours vierge.

Si Ken Tanaka – l'entraîneur de l'équipe de football américain, dont la présence est devenue superfétatoire, au sein de la série – a définitivement tiré sa révérence, l'épisode introduit un personnage - apparu au cours de « Hell-O », son prédécesseur. Noah Puckerman étant loin de rivaliser avec les qualités esthétiques et morales de Finn Hudson, les scénaristes ont intégré au casting de leur série un autre « beau gosse », en la personne de Jesse St. James. Venu de « Vocal Adrenaline » - une chorale concurrente - sa présence perfide permet d'offrir au sémillant « quarterback » une concurrence à la hauteur de sa prestance.

Depuis sa reprise, la semaine dernière – après une interruption de plus de quatre mois - « Glee », dont l'audience télévisuelle était plus qu'honorable, double quasiment ses scores grâce à la nouvelle direction – c'est le cas de le préciser – qu'insuffle le trio de créateurs à leur production. Grand bien leurs fasse, mais je considère – au risque de me répéter – que cela se fait au détriment d'une baisse évidente de la qualité narrative. Les personnages ont passé le relais des gentilles amourettes fluettes à celui de relations passionnelles torrides. Le sexe étant – incontestablement et dans de nombreux cas - un argument « choc » et vendeur.

En résumé, « The Power of Madonna » est un épisode qui se destine principalement aux « fans » de la chanteuse américano-italienne. Au milieu de la pléthore de compositions de l'artiste - plus ou moins brillamment délivrées par les différents protagonistes - le rendez-vous comporte une véritable petite perle ! Le personnage de Sue Sylvester offre au téléspectateur - mi-incrédule, mi-impressionné – une prestation scénique et vocale captivante, filmée en noir et blanc. La virago - totalement transfigurée - troque sa coupe de cheveux masculine et revêche et ses sempiternels survêtements Adidas contre des tenus glamours et des perruques peroxydées ébouriffantes. Jane Lynch – qui semblait prisonnière à jamais de personnages au comportement austère (« 40 ans, toujours puceau », « Smiley Face », « Party Down », etc) – est montré sous un jour inhabituel, que l'amateur de l'actrice aura peu de chance de redécouvrir de nouveau !

En dépit de l'hystérie collective qui s'empare des protagonistes du « show », « The Power of Madonna » se clôture – in fine – par un message d'une grande sagesse. Le plus important – pour tout un chacun – est de rester fidèle à son image respective et de ne point vouloir calquer sa personnalité sur celle d'un individu que l'on n'est pas ! Suivre son instinct et demeurer fidèle à sa morale, voilà les clés de la réussite d'une vie épanouie, en adéquation avec son moi profond.

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