dimanche 4 avril 2010

« Miami Medical » : « Pilote »


En voyage d'agrément à Miami, un jeune couple comblé se déplace au volant d'une luxueuse décapotable. Enceinte, l'épouse est prise d'une irrépréhensible envie de crème glacée. Attentionné, son conjoint repère un établissement spécialisé. A peine le véhicule garé, une déflagration - due au gaz - souffle les fondements de l'édifice. Tel un fétu de paille, l'automobile est malmenée, mais les occupants sont quittes pour quelques contusions. Hélas, un énorme « 4x4 » déboule à vive allure et percute brutalement la décapotable.


C'est par cette scène d'introduction – au contenu graphique aussi violent, qu'inattendu - que démarre le pilote de cette série « CBS ». Préalablement intitulé « Miami Trauma », cette dernière fut rebaptisée « Miami Medical », à cause de l'extrême proximité narrative qu'elle entretient avec « Trauma », une production « NBC ».

« Miami Medical » est un clone éhonté de la « Medical drama », diffusée sur la chaîne concurrente et dont l'action se déroule à San Francisco, autre cité ensoleillé. Les deux programmes sont identifiables par leur propension similaire au sensationnalisme débridé des situations mises en scène. A l'image de sa consœur, le choc des images prédomine largement sur l'indigence scénaristique des intrigues.

Couverts d'hémoglobine, gravement brûlés, amputés de leurs membres, les victimes de l'explosion sont conduites dans l'enceinte de l'hôpital du comté de Miami-Dade. Là, les patients sont accueillis par l'équipe chirurgicale du service de traumatologie. Mentalité « politiquement correcte » oblige, cette dernière se compose d'un patchwork ethnique d'hispaniques, de blancs et d'afro-américains et dans lequel la parité hommes/femmes est parfaitement respectée. Forcément, un membre de la communauté homosexuel se cache parmi le groupe hétéroclite, mais le téléspectateur n'est pas encore fixé quant à son identité. Afin que les chirurgiens – uniformément jeunes, beaux, fringants et ambitieux - évoluent au sein d'un microcosme homogène, le pilote se débarrasse - d'emblée – du doyen de l'équipe. Éreinté par des années de service, le vétéran tire – mystérieusement - sa révérence, à la vue d'une simple goutte de sang !

La crudité des images est contrebalancée par un sentimentalisme sirupeux, dont l'apogée est atteint par la naissance prématuré du « chti nenfant » et par la rémission de ses jeunes parents « WASP ». L'abnégation avec laquelle les médecins s'occupent de leur patients est – elle aussi – exemplaire. Pour autant, la romance n'est pas oubliée ! Comme le spécifie le proverbe : « Après l'effort, le réconfort ». Leur service éreintant terminé, notre joyeuse bande se retrouve à la terrasse d'un bar « cozy » de « South Beach », histoire que les duos amoureux se font... et se défont !

Énième « show » du genre, « Miami Medical » - dès la diffusion de son pilote – pêche par son manque d'imagination flagrant et impose – illico - ses maigres limites narratives. Produit par l'incontournable Jerry Bruckheimer, le « nabab » n'en a déciment jamais assez d'inonder le monde télévisuel de ses programmes indigestes, formatés et abêtissants.

Afin de sanctionner les « showrunners » - et autres patrons de chaînes - qui osent encore – actuellement - imposer ce type de programmes à une audience avide d'innovations, souhaitons à « Miami Medical » le sort de « Three Rivers », sa consœur diffusée sur les mêmes antennes, et qui a connu une fin précipitée !

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