« Gravity » est une nouvelle série diffusée sur les antennes de la chaîne « Starz ». Elle se penche sur le quotidien tragicomique d'une association de « suicidés anonymes », gérée par un afro-américain hémiplégique. Lily Champagne et Robert Collingsworth en sont deux membres « influents », qui ont lamentablement raté leur cible ! Ils décident de faire équipe, histoire de conjurer le destin funeste qui les accable.
S'ils appartiennent à des familles aisées, leur tempérament respectif se situe aux antipodes ! Attelé aux rênes de l'entreprise familial, le premier survit difficilement au décès de son épouse, emportée – six ans auparavant - par un cancer. La seconde est une artiste extravertie, qui vit des largesses financières d'un père, indifférent à sa détresse. Tatoué sur sa nuque, l'épithète « empty » décrit à merveille sa perception, face à la vacuité existentielle.
Lily Champagne est étroitement surveillée par Christian Miller - un énigmatique et excentrique inspecteur de police - qui possède un dossier informatique conséquent sur la suicidée dilettante. Amateur de paris « baseballistique » en lignes et de gâteaux au chocolat, le fonctionnaire s'adonne aussi à la pratique du yoga. Malheureusement pour lui, l'illumination et l'équanimité à l'égard de ses semblables ne sont pas encore à sa portée.
Il s'irrite, quand un adepte vient dérouler son tapis de sol - juste à côté du sien - alors que la salle de méditation est vide. A la fin du cours, alors qu'il se change dans les vestiaires, un autre disciple – volontairement agressif celui-là - subit son courroux et une salutation ambivalente - qui donne son titre à ce second épisode - « Namaste MotherFucker » ou en français « Je salue le divin qui est en toi, fils de pute » ! Le personnage de l'inspecteur Christian Miller est interprété par Eric Schaeffer, co-créateur de « Gravity », aux côtés de Jill Franklyn.
L'intrigue de « Namaste MF » s'intéresse également au sort de Carla, une troisième patiente du groupe, qui a tenté de se tirer une balle dans la tempe. La cicatrice crânienne qu'elle garde comme horrible séquelle de son acte est d'habitude dissimulée sous une perruque. Épaulée par un époux aimant, la femme au comportement « borderline » n'hésite plus à la relever - en fin d'épisode - au yeux du monde. De son côté, Robert Collingsworth est assailli par une horde de groupies gothiques, qui le poursuivent de leur assiduité et le pressent de questions, quant à une éventuelle vie après la mort !
Comme je l'ai spécifié lors de la notule concernant son pilote, « Gravity » possède un incontestable potentiel scénaristique. Hélas, ce dernier est captif d'une posture intellectuel et « arty » qui dessert son propos. Le programme tente à tout prix de jouer la carte de l'originalité débridée, notamment au travers du caractère et de la caractérisation de ses personnages. Si j'ai déjà évoqué les œuvres du sériaste Bryan Fuller (« Dead Like Me ») et celle du réalisateur Hal Hartley (« Trust me », « Simple Men », la série s'inspire également de l'écriture à la tonalité acerbe des productions de Todd Solondz (« Happiness » ou « Storytelling »).
Au cours de cet épisode, le téléspectateur note l'apparition-éclair de l'actrice Allyce Beasley. Cette dernière interprétait le rôle d'Agnès Topisto, la secrétaire « niaiseuse » de la série « Moonlighting » (« Clair de lune », en français).
samedi 1 mai 2010
« Gravity » : « Namaste MF » (1x02)
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