Devant la désaffection (euphémisme) du public américain, en réaction à l'indigence scénaristique de leur programme, le trio de « showrunners » de « Happy Town » - production diffusée sur « ABC » - ont eu la présence d'esprit d'attendre gentiment que les chaînes concurrentes cessent de diffuser les derniers épisodes de leurs séries. Maintenant que la route est libre, le téléspectateur peut visionner « Slight of Hand », ce quatrième épisode, proposé trois semaine après « Polly Wants a Crack at Her », son troisième rendez-vous.
Histoire de méchamment noyer le poisson, cette série chorale s'est métamorphosée en véritable imbroglio narratif, dans lequel la multiplication chaotique des personnages - principaux et secondaires - permet de détourner l'attention du téléspectateur de la gabegie scénaristique qu'elle représente.
En effet, à la manière d'un plat indigeste, dans lequel un cuisiner au talent culinaire peu inspiré se serait délesté de tous les ingrédients peu ragoûtants en sa possession, « Happy Town » mélange allègrement romance guimauve et épouvante calamiteuse, action désordonnée et enquête policière frénétique, mystère métaphysique piteux et rebondissements tonitruants, etc. Est-il nécessaire d'enfoncer davantage de clous dans le cercueil de la série ?
Et dire que l'équipe en charge de sa promotion présentait « Happy Town » comme un succédané de « Twin Peaks » - la mythique série, co-créée par David Lynch, et son compère Mark Frost. Diffusée dans les années quatre-vingt dix - sur les mêmes antennes, la chaîne « ABC » imaginait-elle réitérer son succès d'estime ? Incontestablement, un immense gouffre sépare l'intention de la réalité ! Le résultat - hélas - frôle davantage le ridicule et le grand-guignolesque que la notion d'« inquiétante étrangeté », que le cinéaste de génie développe au sein de ses productions visuelles.
Au cours du deuxième épisode - « I Came to Haplin for the Waters » - Peter Outerbridge fait son apparition, dans le rôle de Handsome Dan Farmer. Habitué à évoluer au sein de séries liées au domaine de l'étrange et du fantastique, l'acteur incarnait Barry Baldwin - un agent spécial du FBI, particulièrement arrogant et antipathique - au cours de la troisième - et dernière - saison de « Millennium », la série post-« X-Files », développée par Chris Carter.
« Happy Town » ou quand le mystère (de pacotille) télescope le pragmatisme américain de Haplin - une petite ville d'apparence tranquille, dans le Minnesota et que ses habitants ont affublé d'un intitulé erronée. La série vise davantage un public adolescent - ou à la limite, une audience adulte, insensible à la qualité d'un programme - qu'à des téléspectateurs exigeants, en quête d'une réelle excellence.
Programme « bubble gum », à la saveur amère, « Happy Town » se visionne - à la limite - du coin d'un œil distrait ! Sa dégringolade - en terme d'audience - donne hélas raison aux pessimistes, puisque « ABC » a annoncé - en mai dernier - l'annulation pure et simple du « show » ! Les responsables d'antennes arrêteront donc définitivement les frais avec le huitième épisode, déjà en boîte.
Puisque « Blame It on Rio Bravo » - clôturera la série, il y a donc peu de chance pour que le téléspectateur découvre qui se cache derrière l'apparence de l'énigmatique « Magic Man », dont il est question, à longueur d'intrigue et qui est responsable de la disparition de nombreux citoyens de Haplin !
« Happy Town » est encore un coup d'épée dans l'eau et une perte de temps pour l'infortuné sériephile qui s'est immergé – encore une fois et en pure perte - dans un microcosme appelé a disparaître, aussi rapidement qu'il est apparu ! Bah ! Une tentative de plus à rajouter à sa liste interminable.
jeudi 3 juin 2010
« Happy Town » : « Slight of Hand » (1x04)
Inscription à :
Publier les commentaires (Atom)
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire