lundi 14 juin 2010

« Rubicon » : « Pilote »


Alors que sa femme joue - en compagnie de ses enfants - dans le jardin enneigé de leur somptueuse demeure, son époux - bien plus âgé qu'elle - découvre un trèfle à quatre feuilles, déposé sur un livre, étalé sur son bureau. Par la fenêtre de la pièce, l'individu adresse à sa conjointe un sourire d'adieu, avant de s'emparer d'un revolver et de se tirer une balle dans la tempe. C'est par ce prologue mystérieux – et sanglant - que débute « Rubicon » !

Diffusé sur « AMC », la chaîne câblée présente l'intrigue de sa nouvelle série en ces termes : « Analyste au sein d'un groupe national d'experts, Will Travers découvre que ses employeurs appartiennent à une société secrète qui manipule des événements mondiaux sur une grande échelle ».

A peine une de ses productions phares - « Breaking Bad », en l'occurrence - vient momentanément de tirer sa révérence - à l'occasion de la clôture de sa troisième saison – que « AMC » propose au téléspectateur - afin de combler sa grille de programmes estivaux – cette série d'espionnage totalement dénuée d'action... mais aussi, du moindre intérêt scénaristique !

Son intrigue se révèle être lymphatique à souhait et son contenu se rapproche davantage de celui de productions britanniques, que de celui de consœurs américaines plus dynamiques. Il en est de même de son casting, composé d'acteurs inconnus, mais surtout d'une insipidité impressionnante. « La palme d'or » revient à James Badge Dale, qui incarne Will Travers - le protagoniste frisé et filiforme. Pourtant l'(in)action de « Rubicon » se déroule bien à New- York ; des images emblématiques de la « Big Apple » sont présentes pour l'attester !

Le public est en droit de se questionner quant à l'intérêt intrinsèque de diffuser un tel programme, quand tout dans son contenu y respire l'ennui mortel. Mollement filmée, la série possède également des tonalités chromatiques d'une fadeur insondable. Et ce ne sont pas les énigmes pseudo-intellectuallisantes – rébus disséminées à l'intérieur de grilles de mots croisés, mort soudaine d'un personnage influent, lors d'un accident ferroviaire, etc - qui permettent de rendre ce programme insipide palpitant à visionner.

A l'image du cours d'eau historique dont elle tire son intitulé et de l'expression qui en découle - « franchir le Rubicon » - il est fort à parier que peu de personnes s'aventureront plus avant – après la vision de son pilote – sur les terres stériles de cette piètre série, créée par un certain Jason Horwitch ! Cette production soporifique est à réserver aux insomniaques qui – du coup - trouveront un sommeil assuré !

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