Un septuor de parfaits inconnus sont enlevés et retenus captifs dans les décors désuets d'une ville factice, construite autour d'un kiosque à musique. Un réseau de caméras de surveillance espionnent leurs moindres faits et gestes et une barrière électromagnétique les empêchent de quitter leur prison à ciel ouvert. Les trois femmes et les quatre hommes logent au sixième étage du « Downtown Hotel » et prennent tous leurs repas au « Shangai Palace ».
Si l'ensemble des protagonistes se posent la question de savoir « pourquoi » ils sont détenus et quelle peut être l'identité de leurs kidnappeurs, leur motivation à quitter les lieux est variable. Ainsi, si Janet Cooper désire ardemment retrouver sa fillette, Bill Blackham – le concessionnaire de véhicules d'occasion – imagine mal finir le reste de ses jours à manger asiatique et Tori Fairchild – la fille d'un ambassadeur américain – rencontre des difficultés à dénicher, dans la boutique de vêtements surannés, une garde-robe qui lui convient ! Moira Doherty – qui a passé le plus clair de son temps dans des institutions psychiatriques – supporte plutôt bien son enfermement. Quant au trio masculin restant – de l'énigmatique Joe Tucker, du Sergent Graham McNair et de Charlie Morse - seul ce dernier – PDG d'une société de capital-investissement – montre une réelle volonté de s'enfuir.
Histoire de sortir son audience de ce huis-clos à l'ambiance étriqué et de lui aérer les méninges, l'intrigue cacochyme de cette série « NBC » suit les investigations de Mark Renbe - un journaliste de San-Francisco – et les relations professionnalo-amoureuses qu'il entretient avec Kat Damatto – sa rédactrice en chef.
Comme je l'ai déjà évoqué dans la notule concernant son pilote, le problème cardinal que rencontre « Persons Unknown » est que sa narration se retrouve rapidement confronté aux limites de sa logique - ou dans son cas, de son absence. Les protagonistes - pas plus que les téléspectateurs, d'ailleurs – ne sont davantage renseignés, au début de l'épisode qu'à sa conclusion, sur les tenants et aboutissants de l'histoire. Des événements se déroulent – le groupe découvre ainsi que le réceptionniste de nuit de l'hôtel fait partie intégrante de l'équipe des kidnappeurs, des questionnements métaphysiques s'effectuent – voir la métaphore autour de la chrysalide que Tori découvre enfermée dans un bocal et que Moira lui rapporte une fois transformée en papillon – mais l'intrigue n'avance guère, à moins de considérer qu'« Il n'y a pas de pourquoi » ou que Christopher McQuarrie – le « showrunner » de la série – rédige son scénario par tâtonnements et qu'hormis une modeste idée de départ – d'ailleurs honteusement copiée sur celle de « Le Prisonnier » - il ne possède qu'une vision d'ensemble de son « œuvre » !
Le téléspectateur éprouve tout de même une certaine empathie – pas tant pour les protagonistes de l'histoire – que pour les acteurs qui incarnent leur rôle. A l'image du réceptionniste de l'établissement hôtelier qui prétendait – au cours du « pilote » - avoir répondu à une simple annonce imprimée dans le journal, Daisy Betts (Janet Cooper), Jason Wiles (Joe Tucker), Tina Holmes (Moira Doherty) et leurs collègues se retrouvent dans le même cas de figure. Comédiens de « seconde zone », qui accomplissent laborieusement leur ouvrage, leur prestation se révèle tout de même honnête, comparée à celle de Gerald Kyd, qui « incarne » Mark Renbe. A l'exception de Fran Kranz - alias Topher Brink, dans la série « Fox », « Dollhouse » - je n'ai vu pareil cabotin, dans le sens d'« acteur au jeu indigent ». Je n'évoque même pas le manque de professionnalisme de la « script-girl », incapable d'effectuer correctement les bases de son métier ! Si « Kill your neighbor and you'll go free » - la phrase que découvre Janet Cooper, à l'intérieur de son « fortune cookie » - est rédigée d'un seul tenant dans le « pilote », elle se retrouve mystérieusement disposée sur deux lignes, dans « The Edge » !
Avec toutes les casseroles qu'elle se trimballe, « Persons Unknown » ne risque pas de devenir une production majeure dans l'univers télévisuel ; elle se limite à n'être qu'un vulgaire bouche-trou, dont la seule fonction est de remplir les grilles de programmes estivales. En cela, elle ne se différencie guère de la majorité de ses consœurs diffusées durant la même période. Mais j'y pense, la troisième saison de « True Blood » - la création mythologico-racoleuse d'Alan Ball – appartient-elle également à la même catégorie, étant donné qu'elle est aussi disponible à la même époque ?
mardi 15 juin 2010
« Persons Unknown » : « The Edge » (1x02)
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