Jon, sa femme Susan et son jeune fils David, font partie du programme de protections des témoins mis en place par le Département de la Justice Américaine. Le trio est « déplacé » à New-York où il est assigné sous l’étroite surveillance d’un agent du FBI, Mike. Jusque là, rien d’extraordinaire. Le principe dérape totalement dans l’absurde lorsque Jon accepte d’être filmé dans le cadre d’une émission de téléréalité, « Delocated », qui suivra ses mouvements, ainsi que ceux de sa famille. A partir de là, la sauvegarde de l’anonymat n’a plus aucune raison d’être, mais qu’importe ! Pour ne pas être néanmoins reconnus par le gang de maffieux qui mettent leur vie en danger, les membres de la petite famille devront constamment porter des cagoules qui dissimulent leur visage. Leur voix sera également rendu méconnaissable grâce à un traitement électronique.
Susan, a qui le gouvernement américain avait promis un logement décent, se retrouve, avec son fils et son mari, dans un appartement miteux qu’ils devront, de plus, partager avec l’imposant Mike. A partir de là, c’est la rupture ! Les événements les plus abracadabrants vont alors s’enchaîner à un rythme effréné. Susan quitte Jon et amène David avec elle. Tous deux ôtent enfin leurs horribles passe-montagnes. Susan aménage avec Rick, également agent du FBI, avec qui elle filera le parfait grand amour. A son tour, la production de « Delocated » poussera Jon à faire des rencontres amoureuses, afin d’étoffer l’intrigue de l’émission. Et ainsi de suite, jusqu’à l’épisode final dans lequel Jon simulera sa propre mort.
« Delocated » - sous titré « New-York » - est un intermède télévisuelle délirant dont le postulat de départ est totalement loufoque. Programme très court d’une quinzaine de minutes, la série est présentée sous forme de « mockumentary » (« documenteur », en français). Elle fustige - pêle-mêle - le principe de la téléréalité et de ses acteurs, que ces derniers se situent devant ou derrière l’objectif.
La série est réalisée avec quatre bouts de ficelles et cela se voit ! Mais la détermination et l’enthousiasme de son créateur, Jon Glaser, qui interprète également le rôle de Jon, sont tellement palpable qu’elles font vite oublier l’indigence des moyens de production.
Alors qu’il fait des emplettes dans un magasin de vêtements, Jon rencontre Paul Rudd (« 40 ans, toujours puceau », « Reno 911 » le film et la série, « En cloque, mode d’emploi », etc.) pour lequel il a énormément d’admiration. Malheureusement, le maffieux, qui a pour mission d’éliminer Jon et qui est sur ses traces, est un très mauvais tireur et il abat par erreur l’acteur. Le meurtrier est un certain Yvgeny Mirminsky, lui aussi admirateur de Rudd et dont le père a atterri en prison par la faute de Jon. L’émission est confrontée parfois à sa propre incohérence. Ainsi une caméra filme Yvgeny en pleine conversation téléphonique avec ses commanditaires. Ce dernier se lève d’un bond et s’interroge sur cet artifice.
La série atteint souvent des proportions « hénaurmes ». Jon, qui est loin d’être un individu timide et introverti, est cabot au possible. « Delocated » est son émission et il tient à tout pris à le faire savoir. La prestation débridée de Jon Glazer rappelle, dans une moindre mesure, celle de Sacha Baron Cohen et de son personnage « Borat ». L’acteur n’hésite pas à utiliser toutes les ficelles de l’humour, et même la communauté raciale et religieuse à laquelle il appartient est mise à contribution.
Dans l’épisode 2, justement intitulé « Bar Mitzvah », le jeune David fête sa communion juive. Rick lui a fait découvrir et aimer la musique « Ska ». Qu’à cela ne tienne, David rebaptise la cérémonie « Ska Mitzvah ». Du grand n’importe quoi ! Dans « The Soother », Jon découvre que sa voix possède des effets apaisants sur les petits enfants. Avide de reconnaissance, il enregistre des CDs qu’il commercialise et qui rencontrent un succès d’estime auprès des mamans et de leurs bambins.
On l’aura compris, « Delocated » est un énorme fourre-tout sans ni queue, ni tête et pas toujours de très bon goût, il faut bien l’avouer. Les situations frôlent parfois l’anecdotique et tombent complètement à plat. Mais comme je l’ai déjà spécifié, les épisodes ne durent que quinze minutes. Pas de quoi en faire une maladie si le programme ne convient pas, mais en tout cas, un bon moyen de passer un agréable moment et de laisser, à l’occasion, échapper un rire ou deux.
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