Je pourrais vous raconter par le menu cette journée, de nouveau bien remplie, dans la vie de l’infirmière Jackie Peyton. Cette quadragénaire, qui appréhende la vie avec philosophie, travaille aux urgences du « All Saints Hospital », un établissement catholique de la ville de New-York. Son quotidien se déroule entre rires et larmes, joie et tristesse, intenses souffrances physiques et furtifs moments de plaisir sexuel. Bref, Comme tout un chacun, Jackie expérimente la vaste palette des sentiments humains et avec elle, celle de ses nombreuses tonalités intermédiaires.
De guerre lasse, le spectateur devra se faire à l’idée que « Nurse Jackie » est - et restera - une série dont la trame se fonde sur l’anecdotique. Le programme ne va explorer les profondeurs d’une intrigue imbriquée, même si une ébauche se dessine avec les problèmes d’anxiété qui touchent Grace, sa fille ainée. Quelle pourrait être la pérennité d’un tel programme dans ce cas de figure bien précis. Pour l’instant, la réponse n’est pas apportée. Pourtant, deux faits s’ébauchent de manière flagrante : Jackie est longuement extraite de son cadre hospitalier et les scénaristes creusent la psychologie des personnages vraiment pour la première fois.
Cet épisode est placé sous le double signe de l’enfance et de la découverte intérieure des personnages. Certainement parce qu’en présence des enfants et de leurs comportements spontanées et désarmants, les masques des adultes tombent et avec eux, les apparences. Les défenses, que chacun érige pour se protéger, s’effondrent. D’ailleurs, l’éventualité de cette confrontation effraye Jackie, qui se renfrogne dès qu’apparait dans son champ de vision un pied bien trop petit pour être celui d’un adulte.
La distante Docteur O’Hara sauve un garçon hispanique d’une mort certaine. Elle se fait longuement étreindre par son jumeau. Plus tard, ce dernier lui offrira un beau dessin coloré sur lequel elle est représentée.
Jackie et son mari Kevin tentent de solutionner les problèmes que rencontre leur fille ainée Grace. Cette dernière, tétanisée par des désordres anxieux permanents, ne représente que des illustrations monochromes sur lesquels le soleil n’apparait jamais. Les parents plaident sa cause auprès de ses enseignants et de l’infirmière de l’école, en tentant de minimiser leur importance.
Zoey, l’infirmière débutante, voit s’éteindre son premier patient, une vieille dame atteinte d’un cancer, qui a perdu ses cheveux et ses sourcils.
Mohammed de La Cruz, le confident homosexuel de Jackie, se prend d’affection pour le jumeau alité. Il a perdu le sien à la naissance et pour apaiser une douleur toujours intense, il lui chante une berceuse en arabe.
Même le Docteur Fitch Cooper, d’habitude arrogant et superficiel, perd de sa superbe et gagne en émotion et en profondeur.
La rencontre entre le mari et l’amant de Jackie, Kevin et Eddie - où comme il est stipulé dans l’épisode « Sweet 'n All », la « matière » et « l’antimatière » - n’a pas encore eu lieu, ces deux éléments donnant tout ce qui existe en ce monde. Le spectateur subodore que le « clash » n’est pourtant pas bien loin. Eddie envoie des « SMS » à caractères pornographiques alors que l’infirmière se trouve en présence de son mari.
Ce « School Nurse » se clôt par une scène particulièrement émouvante qui témoigne de toute la tendresse et la compréhension qu’une mère éprouve pour son enfant. Puisque pour l’instant Grace ne peut dessiner de bons gros soleils lumineux sur ses dessins, Jackie palie à ce manque en le faisant elle-même à l’aide d’un marqueur de couleur jaune.
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