vendredi 26 juin 2009

« The Philanthropist » : Pilote


Quand la mentalité de « La fondation Ushuaia » rencontre en chemin celle de « Nature & Découverte », cela donne « The Philanthropist ». Le pilote est ponctué de plages musicales aux forts accents de « World Music » et de survol d’écosystèmes à la Yann Arthus-Bertrand. Je crois avoir assez bien défini, en quelques lignes seulement, l’atmosphère qui sous-tend cette nouvelle série, au propos fort édifiant, produite par la chaîne « NBC ».

Teddy Rist, alias « Le Philanthrope » est un homme d’affaires immensément riche. Il est hanté par la mort de son jeune fils. Ce « Sonatorrek » lui a également couté son mariage avec une épouse fort jolie et plus jeune que lui. Sa vie bascule lorsqu’il sauve la vie d’un petit garçon, lors d’une tempête au Nigeria. Au préalable, il vient de passer la nuit avec une prostituée du cru, qu’il a dû « lever » dans son hôtel de luxe. Paradoxalement, le gamin le sauve aussi, car à partir de ce moment, c’est juré craché, T.R. va utiliser sa fortune personnelle pour accomplir le bien dans des endroits reculés où vivent les nécessiteux. Cerise sur le gâteau, rajoutons que l’histoire s’inspire de faits réels, ceux de Bobby Sager et de sa petite famille.

Si le « pitch » de départ est on ne peut plus sommaire, la situation qu’affronte le philanthrope du titre et la mission qu’il s’est assignée font que le sujet va être ardu à traiter. Tant mieux car cela va permettre du coup de densifier l’intrigue. En effet, éradiquer la pauvreté dans les pays du tiers-monde, gangrené par la corruption de ses élites et le dédain qu’elles éprouvent à l’égard de leurs propres populations n’est pas une tâche aisée.

De plus, une fiction mettant en scène un personnage fortuné qui souhaite ardemment accomplir le bien autour de lui - surtout s’il a quelque chose à se faire pardonner - est irritant. Si ce genre de personnage est très souvent moralisateur auprès du quidam moyen, il fait semblant d’oublier que si la misère et l’injustice existent dans le monde, il en est en grande partie responsable. Un homme riche n’est jamais honnête, sauf peut-être s’il a gagné son argent à la loterie. Et encore !

Il faut tout de même reconnaitre que le programme n’est pas manichéiste et qu’il ne tend pas à simplifier les choses. Au contraire, l’intrigue affronte le problème de front et ne dissimule pas le paradoxe qui existe en tout être humain et la complexité des situations, surtout en période de globalisation économique et sociale.

Néanmoins, j’avoue que le périple de cet « ange sans aile » m’a peu touché et que je me suis donc assez ennuyé en visionnant le pilote. L’étalage de toute cette bonne volonté et de ces bons sentiments m’ont laissé quelque peu de marbre. Peut-être que si la série était partie du postulat inverse et qu’elle s’était intitulée « The Misanthropist », le propos aurait été plus intéressant.

De plus, « The Philanthropist » sent le « formula show » bien rodé. Il va donc rapidement devenir ennuyeux et son cheminement scénaristique sera toujours identique. Notre bon samaritain veut accomplir une bonne action. Il va affronter des obstacles qu’il surmontera plus ou moins aisément. L’épisode se clôturera par un larmoyant « happy ending », comme c’est le cas ici : le philanthrope retrouve le petit nigérian qu’il a sauvé de la noyade, au début de l’histoire.


Histoire de dépayser le téléspectateur, la série va lui permettre de découvrir, à chaque fois, une région du monde différente et reculée, ainsi que des populations aux coutumes variées, comme pourrait le faire des programmes du « National Geographic ». Va-t-il y réussir de façon aussi distrayante et éducative ? Au vu du seul pilote, la réponse est non !

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