Avec ce nouvel épisode, la série « True Blood » revient à de meilleurs sentiments, après le catastrophique et incompréhensible « Keep This Party Going », délivré la semaine dernière. « Scratches » se situe davantage dans la veine gothique du groupe Bauhaus (à la sauce « Bayou ») que de celle, sautillante, de The B-52's. Un moment d’égarement passager qui, je l’espère, ne se reproduira plus.
Eric Northman adore tellement son nouveau look de « beauf’ », élaboré la semaine dernière - survêt' et cheveux gominés, coiffés en arrière - que depuis, il n’a pas changé de tenue. Dort-il également avec ?
Une nouvelle créature est ajoutée au bestiaire effrayant de la ville de « Bon Temps », Louisiane. Au cœur de la nuit noire et de la forêt dense, cette entité, qui rappelle le Minotaure, agresse violemment Sookie. Cette dernière est amenée en urgence au « Fangtasia » par Bill Compton, toujours aussi amoureux de sa blonde. Une fois sur place, une « Nurse Jackie » de l’épouvante la soigne en versant une potion effervescente sur ses blessures profondes. L’infirmière au corps atrophié se paye même le luxe d’envoyer paître un Shérif Northman médusé, qui depuis son changement de style vestimentaire a pris - je trouve - la mauvaise manie de se faire constamment enguirlander. En effet, plus tard au cours de l’épisode, c’est Miss Stackhouse, requinquée et très remontée, qui le mettra à l’index. La modification d’apparence ne sied apparemment pas au vampire, car il était plus impressionnant, et surtout bien plus respecté lorsqu’il était tout de noir vêtu.
« Scratches » favorise unité de lieu, mais surtout, unité de temps. Les actions se déroulent principalement la nuit. Ainsi, Jason Stackhouse succombe à des visions nocturnes, criantes de vérités, dans lesquelles lui apparait Eddie Gauthier, le vampire homosexuel, occis par sa petite amie psychopathe à la fin de la saison une. Le beau blond s’en remet à Dieu, dans l’espoir que ce dernier entende ses prières. La secte anti-vampires de la « Fraternité du Soleil », qui a recruté Jason, possède une aura particulièrement inquiétante. Pour l’instant, le spectateur n’arrive pas à mettre le doigt dessus, mais il se doute bien qu’il y a anguille sous roche. Les membres n’appartiennent pas à un groupe de suprématistes blancs, car le groupuscule comporte également des personnes de couleur.
Alors qu’elle reprend des forces au « Fangtasia », pendant que son amant dort du sommeil du juste, Sookie retrouve Lafayette, enchainé dans la cave de l’établissement. Rappelons que ce dealer de substances illicites revendait également du sang de vampire, celui d’Eddie Gauthier, le vampire gay en l’occurrence. Cette action répréhensible est très mal vue par la communauté vampirique.
Mais « Scratches » est avant tout l’occasion de révéler le personnage de Jessica Hamby. Cette oie blanche est devenue une sorte de « Born Again Christian » d’un nouveau genre, telle que son Créateur, son père ou le prêtre de sa paroisse ne l’imagineraient pas. Livrée à elle-même, cette poupée de porcelaine aux incisives affutées va faire ses emplettes vespérales au « Merlotte’s ». Ce bar est aux yeux de cette magnifique rousse, ce que le « Dépanneur » est à nos cousins québécois. Elle tombe sur une proie qu’elle n’attendait pas en la personne du timide et impressionnable Hoyt Fortenberry. Pour une fois ce dernier ose faire le premier pas, mais Jessica le trouve tellement gentil et prévenant à son égard qu’elle ne désire pas lui faire du mal. Le pauvre Hoyt est tellement frustré sexuellement qu’il s’offre carrément en plat de résistance. Comme on le comprend ! Et c’est une Jessica, dont la nature de prédateur reprend le dessus sur la raison, qui fond sur sa proie consentante.
L’épisode se clôt par des bacchanales nocturnes qui se déroulent dans la magnifique demeure de l’assistante sociale, Maryann Forrester. Même le patibulaire Détective Andy Bellfleur a droit à ses quinze minutes de gloire quand cette charmante Ménade conduit le policier vers une fête qui bat son plein. Une brume mystérieuse enveloppe alors les invités et les lieux, annonciatrice d’une nouvelle menace.
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