lundi 6 juillet 2009

« The Cleaner »: « Hello America » et « Last American Casualty » (épisodes 2x01 et 2x02)


J’avais visionné quelques épisodes de la première saison de cette série - dont le pilote - et je n’avais pas franchement accroché à son propos mélancolique et à son traitement austère. Il est vrai que le sujet ne se prête guère à la gaudriole. « The Cleaner » aborde le thème des addictions - drogues, alcools, etc. - qui empoisonnent littéralement la vie de certains individus.

William Banks - le « Nettoyeur » du titre - est lui-même un ancien toxicomane dont les penchants additifs ont failli lui coûter sa famille. A la naissance de sa fille, il passe un pacte avec Dieu, stipulant que si ce Dernier l’aide à vaincre sa dépendance et à retrouver le droit chemin, il aidera en retour ses semblables confrontés à des problèmes similaires. Sa motivation est d’autant plus renforcée que dans le pilote, son meilleur ami, également toxicomane, se suicide en s’injectant une dose massive de drogue. Il n’a pu supporter le fait que sa femme le quitte en amenant avec elle leur enfant.


Pour faire dans la comparaison légère, le traitement scénaristique de « The Cleaner » se rapprocherait de celui développé dans deux séries pourtant assez antinomiques : « Les Routes du Paradis » et « Agence tous risques ». Tout comme Jonathan Smith (interprété par Michael Landon), William Banks est un ange sans aile, dont l’apparence générale se rapproche pourtant plus de celle d’un « Hell’s Angel ». Il ressemble à un démon vêtu de cuir noir aux attributs pileux méphistophéliques. A l’image d’un autre Smith, le Colonel John « Hannibal » Smith, William Banks est secondé dans ses œuvres par une équipe de choc, dont un membre féminin asiatique (l’actrice Grace Park) certainement plus sexy que ne l’était « Futé ». Hormis ce parti pris « ontologique », la religion (de quelle confession qu’elle soit) n’apparait qu’en filigrane dans le show.

William Banks et ses collègues sont donc des travailleurs sociaux aux manières peu orthodoxes. Leurs actions, pourtant utiles et fructueuses, seraient certainement désavouées par les services sociaux les plus conciliants du pays. Car cette « C-Team » ne fait pas dans la dentelle et les traitements qu’elle applique à ses patients sont plutôt expéditifs.

Ainsi dans l’épisode « Hello America », l’équipe n’hésite pas à kidnapper un présentateur de télévision, Davis Durham, un ancien toxicomane, qui après une très longue période d’abstinence renoue avec les démons de la drogue. Michelle, son épouse, est atteinte d’un cancer en phase terminal et elle demande à son ami de sauver son mari avant quelle ne décède.

L’amusante Whoopi Goldberg se conduit ici de manière très raisonnable. L’actrice semble avoir, elle aussi, connue sa traversée du désert et elle rejoint le casting de la série en interprétant le rôle de « Paulina 'PK' Kmec ».

La relation conflictuelle de William et de Melissa, son épouse, a apparemment connu un hiatus au cours de la saison une. En effet, sa femme lui demande, le temps d’un week-end de reformer leur couple. Ses parents lui rendent visite et elle veut leurs donner l’illusion d’un bonheur, même s’il n’est qu’apparent. William accepte, mais il apprécie peu l’intrusion, notamment de son beau-père, dans sa vie privée et dans ses actions sanitaires.

Le show, à l’ambiance de « paradis perdu », est heureusement ponctué de quelques séquences amusantes, mais malheureusement fort rares. Ainsi, Davis Durham est poursuivit par un membre de l’équipe alors qu’il tente d’échapper à ses « kidnappeurs ». Il est rejoint par William, qui déjeunait sur la plage avec beaux-parents. Ce dernier ceinture le présentateur hors d’haleine qui apparait en public en sous-vêtements.

Le spectacle en rajoute dans le mélodramatique. Le spectateur comprend, à la fin de « Hello America », qu’après avoir aidé Davis, William s’apprête à en faire autant avec Michelle. Il délivre à la femme, terrassée par de terribles souffrances, un remède qui lui permet de quitter ce monde dans la dignité.

« Formula show » typique et peu inventif, « The Cleaner » peut se regarder à l’occasion, le temps d’un épisode ou deux, lors de creux télévisuels, comme c’est le cas pour cette période estivale. Ceci dit, on comprend mal le fait que cette série, assez ennuyeuse, a bénéficié d’une deuxième saison. A-t-elle vraiment trouvé son public ou les « showrunners », à l’image de leur protagoniste, ont-ils eux aussi passé un contrat avec Dieu et que ce dernier a entendu leurs suppliques ? Mais il est vrai que les Américains semblent apprécier ce genre de programmes larmoyants qui abordent les thèmes bibliques de la rédemption, du pardon, de la réconciliation avec soi-même et avec autrui.

« Last American Casualty », l’épisode qui suit, est ainsi beaucoup moins passionnant et son intrigue se perd dans une « chaîne de l’espoir » assez monotone. Le beau-père de William lui demande d’aider un de ses amis militaires qui souhaite en faire autant avec un alcoolique qui a perdu son fils à la guerre. J’avoue que je n’ai pu m’empêcher d’écraser quelques bâillements lors de ce deuxième épisode et que j’ai décroché du programme. L’accumulation répétée de malheurs qui frappent l’être humain nuit gravement à l’attention du téléspectateur !

Terminons cette notule par une note tout de même positive. « The Cleaner » bénéficie d’une très belle esthétique aux couleurs chaudes et intimistes qui contraste avec son contenu sombre. Hélas, ce bénéfice ne suffit pas à lui seul à sauver ce programme bienveillant.

En ce qui me concerne, que William Banks se rassure, je ne risque pas de devenir « accro » à la série dans laquelle il évolue. Un patient de moins à traiter, c’est déjà ça de gagner !

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