dimanche 5 juillet 2009

« Psychoville » : épisode 3


L’étau se resserre autour du quintet responsable de la mort de la femme ou de la fille (le spectateur l’ignore encore) du mystérieux corbeau à l’apparence d’homme invisible originel. Après les lettres de menaces expédiées par courrier, puis les messages assassins délivrés en personne, voici que ce dernier dépose maintenant des cassettes vidéo sur le seuil des habitations des meurtriers présumés.

Le personnage le plus charismatique du casting demeure Mister Jelly, le clown « old style » à la main droite amputée. D’ailleurs, c’est avec lui que cet épisode débute dans une scène de cauchemar assez réussie sur le plan graphique. Ce dernier est jugé par ses pairs dans une parodie de procès expéditif. La sentence du jury conduit à ce qu’un bourreau de la communauté lui tranche le membre en question. L’épisode introduit enfin le personnage de Mister Jolly, le concurrent jovial du clown magicien. Persuadé que de la lettre d’intimidation est de son fait, Mister Jelly - ou Shaun, puisque c’est ainsi qu’il se prénomme - lui rend une visite aussi impromptue qu’effrayante. Une séquence de « flash-back », elle aussi très efficace, permet d’assister à la descente aux enfers de l’artiste dévoyé.

A la suite d’un problème de motricité qui l’empêche d’exercer correctement son métier de prestidigitateur, Shaun doit se faire opérer de sa main droite. Le chirurgien en charge de la délicate intervention s’avère être le Docteur Stuart Strachen, alias le futur Mister Jolly. Ce dernier, jaloux du métier qu’exerce Shaun, désire lui voler son créneau. Il l’ampute, à dessein, de son merveilleux outil en prétextant un problème médical. Alors que le chirurgien apprend à Shaun à se servir de sa prothèse mécanique, le clown magicien lui enseigne, en retour, les arcanes de son art. Quand le médecin est fin prêt, il se lance dans l’aventure sous son nom de scène de Mister Jolly. Spolié, humilié, trahi et abandonné de tous, Shaun qui a perdu sa seule raison de vivre, sombre dans la démence et le désir inextinguible de revanche. A l’issue de l’altercation physique qui oppose les deux clowns, il s’avère que la lettre de menace n’était pas adressée à « Mister JElly » mais à « Mister JOlly ». Encore, une fois, nous saluons les services postaux du monde entier pour le sérieux de leur mission.


En comparaison de l’amuseur au destin tragique, les autres protagonistes font vraiment pale figure. Oscar Lomax, le milliardaire excentrique et collectionneur, est à deux doigts de récupérer « Snappy le crocodile ». Il se fait escroquer par le couple de revendeurs qui a égaré la peluche. Robert Greenspan, le nain qui interprète « Timide », se venge du tour pendable que lui a jouée l’horrible « Blanche Neige ». A l’aide de ses pouvoirs télékinésiques, il fait retomber le lourd couvercle en plexiglas du « cercueil de verre » sur le crâne de la mégère. Joy Aston, l’infirmière qui se trimballe en toute occasion avec son poupon de plastique et de chiffon, reproche à son mari la mort de Paul. La perte de cet enfant est certainement responsable de ses troubles mentaux actuels. Accompagné de sa chère mère, le « serial killer » à la mentalité enfantine, David Sowerbutts, continue sa campagne de crime qui consiste à éliminer les témoins oculaires d’un de ses forfaits.

Hormis les séquences dans lesquelles apparaissent Mister Jelly, le reste du programme est du grand n’importe quoi. Seule la fin suscite un regain d’intérêt chez le spectateur. En effet, l’infirmière dérangée, le petit Freddy dans les bras, visionne la cassette vidéo qui lui a été expédiée en début d’épisode. Elle apparait aux côtés des autres protagonistes de l’histoire, dans un endroit qui semble être un établissement psychiatrique. David entonne une chanson lancinante accompagné au piano par Oscar Lomax et Joy et Robert oscillent au son de la mélodie. Quant à Stuart Strachen, il supervise le spectacle, apparemment enchanté par ce tour de chant. Avec sa Blouse blanche et son stéthoscope autour du cou, le spectateur se demande si ce personnage est médecin, psychiatre ou, lui-aussi, un patient de l’hôpital.

En résumé, « Psychoville » demeure une série décevante ; d’autant plus que le « pitch » était relativement prometteur, sans évoquer la photographie de présentation. Reece Shearsmith et Steve Pemberton, le duo de scénaristes, également acteurs, n’a pas su exploiter correctement leur filon. Comme je le spécifiais dans la notule concernant l’épisode deux, la série - qui est pourtant présentée sous la double mention de « Comedy thriller » - ne parvient à n’être ni l’un, ni l’autre.

Peut-être que si cette minisérie était adaptée par les « Américains », comme ces derniers ont pu le faire avec de nombreux programmes britanniques, le résultat serait davantage probant.

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