Cet épisode se focalise sur Paula Korsenowski, une ancienne infirmière qui, tout comme « Nurse Jackie », officiait au sein du « All Saints Hospital », à New-York. La mourante est admise aux urgences alors qu’elle se trouve en phase terminale d’un cancer des poumons. Cela ne l’empêche pas de savourer les énièmes cigarettes du « condamné » et de se montrer désagréable envers le personnel hospitalier. Le cynisme et l’ironie mordante dont elle fait preuve ne sont que les marques d’une affection personnelle à l’égard de ses ex-collègues.
Comme amants et amis ont désertés de longue date l’existence de l’acerbe Paula et que cette dernière ne souhaite pas terminer ses jours dans un service de soins palliatifs, elle demande à son élève Jackie de l’aider à quitter ce monde dignement. Le thème de l’euthanasie est d’actualité dans les séries américaines, puisqu’un épisode très récent de « The Cleaner » (« Hello America », le 2x01) aborde également le sujet. « Nurse Paula » organise un toast d’adieu auquel elle convie les membres du personnel soignant qu’elle affectionne. Jackie, Mo-Mo, Thor, Eddie et d’autres visages qui, pour l’instant, ne sont pas nommés se réunissent autour d’elle. Alors que les convives lèvent leur coupe remplie de « petites bulles » en guise d’ultime témoignage, la mourante avale le sien qui contient un cocktail mortel. Quand elle se sent partir, Paula demande qu’un prêtre vienne lui donner les derniers sacrements. Ce qui dans l’enceinte d’un établissement médical catholique n’est pas difficile à trouver.

Comme il le fait avec l’adultère que commet Jackie et son amant, Eddie Walzer, au sein de l’hôpital, le trio féminin de « showrunners » ne porte aucun jugement moral sur l’acte perpétré par l’infirmière et ses collègues. Il se contente d’être un observateur impartial. Car tous apporte leur pierre à l’édifice en déposant dans la main de Jackie un sédatif qui servira a l’élaboration de la mixture létale.
L’administratrice Gloria Akalitus - que Paula détestait « pour de vrai » - interrompt la petite sauterie, mais trop tard. De son côté l’indécise, Zoey ne sait pas sur quel pied danser. Elle est tiraillée entre morale et raison. Elle se doute de ce qui se trame dans son dos et elle se confie à Eddie, qui ne lui est pas d’un grand secours. Elle ne veut pas cautionner l’acte de ses pairs mais elle craint, par tout dessus, d’être mise à l’écart du groupe. Lasse, elle se joint aux autres pour célébrer l’intime cérémonie d’adieu.
Les facéties des trois femmes - Zoey prise en sandwich entre sa supérieure Jackie Peyton et le Docteur O'Hara - deviennent assez agaçants, car le personnage de l’infirmière débutante, terriblement « nunuche », tape sur les nerfs.
Une fois n’est pas coutume, un scénariste - en l’occurrence pour « Tiny Bubbles », il s’agit de Rick Cleveland - braque son projecteur sur le facétieux Fitch Cooper. La mère biologique du médecin est hospitalisée en urgence en vue de subir une ablation de la vésiculaire biliaire. Les premières douleurs se sont déclarées alors qu’elle connait un orgasme avec sa compagne. Car Madame Cooper partage de longue date la vie d’une autre femme. Cette dernière ne tarde pas à débouler dans l’établissement pour compléter le trio. Cette révélation incongrue, qui laisse le Docteur O’Hara pantoise, nous éclaire un peu plus sur le comportement étrange de « Coop » en période de stress aigu. Madame Cooper (ou « Vagina Mom », comme la désigne le médecin anglais) est interprétée par l’actrice Blythe Danner qui possède, je trouve, un air de ressemblance avec Jim Parsons, le Sheldon Cooper de « The Big Bang Theory ». L’autre génitrice est jouée par Swoosie Kurtz, la mère borgne de Charlotte « Chuck » Charles dans « Pushing Daisies ».
Le patient qui s’est fait agresser par son chat dans l’épisode trois, « Chicken Soup », est de retour aux urgences. Le spectateur se demande s’il n’a pas développé avec le félin une relation sadomasochiste, une sorte de syndrome « The Servant », mais circonscrit au monde animal.
« Tiny Bubbles » est certainement l’épisode le plus grave et le plus solennel produit jusqu’à présent. Le spectateur était habitué à plus de légèreté dans les propos de la série. Les thèmes du cancer et de l’euthanasie plombent quelque peu l’ambiance générale, même s’ils sont traités de manière assez désinvolte. Nous sommes dans l’aérien « Nurse Jackie » et non pas dans le démonstratif « HawthoRNe ». En revanche, l’épisode - moins inspiré qu’à l’accoutumée - ne comporte toujours pas d’intrigue digne de ce nom à l’horizon.
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