jeudi 5 mars 2009

« Dead Like Me : Life After Death » : Longue vie à la mort, après tout


Cinq années se sont écoulées depuis que la lunette des WC de la station spatiale Mir a percuté une jeune fille nommée Georgie Lass et a fait d’elle une « Faucheuse » d’un nouveau genre. On la retrouve dans ce film « direct-to-dvd » avec presque tous les protagonistes qui officiaient dans les deux saisons de cette série si originale créée par Bryan Fuller. On piaffe d’impatience à l’idée de retrouver George avec sa grosse tête et son corps malingre, sa voix cassée à la « Lauren Bacall » et son visage maussade. Hélas, on déchante vite.

Les fans de « Dead Like Me » attendait la concrétisation de ce projet depuis presque deux ans. Affirmer qu’ils vont être déçu par le résultat final relève du doux euphémisme.

Ce « Dead Like Me : Life After Death » est écrit par John Masius et Stephen Godchaux, déjà initiateurs de la série du même nom. Rappelons que le créateur initial, Bryan Fuller, avait quitté le programme au bout du 5ème épisode de la saison 1 pour « divergences scénaristiques ». On imagine lesquelles. A l’origine, Clansy, le père de George était « gay » (tout comme Fuller, d’ailleurs). On discerne ses orientations sexuelles lors d’une accolade qui s’éternise et qu’il donne à un ami durant la veillée funèbre de sa fille. Plus tard, il retrouvera le droit chemin et deviendra hétéro, au grand dam de son épouse.

George, Mason, Daisy et Roxy - les Faucheurs de la série - sont donc de nouveaux réunis. Ils rempilent pour de nouvelles missions, mais cette fois-ci sous la tutelle d’un nouveau superviseur aux affaires mortuaires, Cameron Kane (le Desmond Hume de « Lost »). Exit Reuben, qui n’apparait pas dans le film, apparemment appelé ailleurs par des fonctions plus élevées. Son esprit se manifestera « hors champ » à la toute fin de ce « Life After Death ». Exit aussi son côté « vieux jeu » et sa morale désuète que l’équipe, au grand complet, va bien vite regretter.

Les scénaristes ont voulu moderniser sa fonction. Le nouveau venu qui le remplace possède un look et une gestion plus actuels du passage vers l’au-delà. Svelte et de noir vêtu, la chevelure abondante et la mèche au vent, il a remplacé les « post-it » (une idée brillante de Bryan Fuller, je suppose) que distribuait Reuben par des « Smartphones » sans âme avec lesquels il contacte son équipe pour leur indiquer l’E.H.D. (Estimation de l’Heure du Décès). Véritable tombeur et obsédé sexuel, il (se) saute sur tout ce qui bouge. Avec lui, Mason est battu au poteau. Une époque est révolue car le nouveau « boss » convie son équipe dans un grand restaurant. « La Maison de la Gaufre » - repère habituel des Faucheurs durant les deux saisons de « D.L.M. » - est mystérieusement tombé en cendres.

Hélas, cette époque est également révolue pour le spectateur. Il ne croit pas a l’histoire et les mines déconfites que tirent les acteurs semblent lui donner raison. La magie qui soufflait sur la 1ère saison - et qui perdurait tout de même sur la seconde - s’est belle et bien envolée avec ce vidéofilm. Le résultat final est quelconque et soporifique. L’esprit ironique et mordant qui animait la série - même après le départ de Fuller - s’est également dissipé. On ne rit pas, on ne sourit pas davantage, on n’accorde pas d’attention particulière aux nouvelles péripéties des Faucheurs. Les responsables ont essayé de relancer le mythe, sans grand succès. La trame est totalement décousue, presque incohérente et l'intrigue flotte au dessus du film comme une âme perdue incapable de retrouver le chemin de son enveloppe charnel. Les responsables de ce projet sont des profanateurs de sépultures vraiment peu consciencieux.

Par exemple, puisqu’ils ont remplacé Reuben Sofe, on ne comprend pas le parti pris d’avoir fait incarner Daisy Adair sous les traits d’une nouvelle comédienne. Quel sacrilège ! Cette dernière possède un physique gras et quelconque qui ne rappelle en rien le charme et la fraîche désinvolture de l’interprétation de Laura Harris. Etaient-ils trop fainéants pour créer un nouveau personnage ? Petit clin d’œil, Sarah Wynter - la nouvelle Daisy - et Laura Harris - l’originelle – interprétaient les sœurs Warner dans la saison 2 de « 24 ».

La leçon que pourraient nous donner les Faucheurs est la suivante : « Quand un individu est mort depuis longtemps, il ne faut pas essayer de le ramener à la vie ». Il en est de même pour les idées. Laissons les choses mortes en l’état.

Reggie, la petite sœur « invisible » de George, est maintenait devenue une belle jeune fille épanouie de 16 ans. Sous les traits physiques de sa nouvelle apparence, Georgie révèle à sa cadette son identité réelle. Cette dernière, d’ailleurs, ne semble pas étonnée outre mesure. A travers elle, Géorgie nous adresse un dernier message avant de remiser définitivement son costume de Faucheurs et de voguer vers un monde meilleur. « La vie vaut vraiment la peine d'être vécue ».

Il n’y a qu’à la toute fin de ce « Life After Death » qu’un semblant de grâce souffle à nouveau. Quant le générique de fin au piano résonne (« Boom Boom Bâ » interprété par la chanteuse Métisse), Reuben adresse, depuis sa résidence dans les cieux, un ultime petit signe à Georgie. Une pluie de « post-it » se déverse sur elle. Ces mêmes petits morceaux de papier adhésifs jaunes qu’il aimait tant distribuer à son équipe hétéroclite. Hélas, cette inspiration arrive trop tard pour sauver le désastre. La boucle est bouclée.

Il était question que ce vidéofilm permette de relancer la série s’il rencontrait un succès auprès des aficionados. Malheureusement, avec un projet d’une aussi piètre qualité, il est peu probable que les fans répondent présents à l’appel.

Bryan Fuller est tout de même crédité au générique de fin en tant que « Executive Consultant » et pour les emprunts du vidéofilm à sa contribution à la série.

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