L’intrigue de cette nouvelle série de la chaîne « Lifetime » commence comme une mauvaise blague sur les blondes.
Deb Dobson, une peroxydée qui aspire à devenir mannequin, meurt dans un accident de la circulation. Alors qu’elle arrive au paradis, Fred, le gardien des portes, la reçoit et décide de lui donner une seconde chance. Son âme est renvoyée sur terre, mais réintègre le corps de Jane Bingum, une avocate corpulente qui est décédée au même moment, à la suite d’un malencontreux incident. La jolie midinette svelte devra faire l’expérience de vivre dans un corps physiquement à l’opposée du sien.
Le problème de cette histoire de « Diva qui tombe raide morte » est qu’elle ne devient pas plus drôle après le pitch, même quand l’âme de la blonde se réincarne dans le corps d’une brune.
En visionnant le pilote de « Drop Dead Diva » (ou « 3D »), le téléspectateur a l’étrange impression d’effectuer un voyage dans le temps et de se retrouver dans les années 80. Tout dans cette série rappelle, en effet, l’atmosphère des programmes de cette époque. Le sujet en lui-même, très connotée et qui n’est même pas réactualisé, histoire de coller au « Zeitgeist » actuel, le physique et l’apparence vestimentaire des acteurs, la manière dont l’histoire est filmée, les situations, les répliques, etc.
La question est de savoir s’il existe encore de nos jours un public réceptif pour ce genre de programmes aseptisés. Car même « HawthoRNe », la nouvelle série médicale de « TNT », pourtant bien balisée et peu originale, innove plus que « 3D ».
Josh Berman, le créateur de « Drop Dead Diva », est un individu optimiste et têtu. Optimiste, car, en dépit du piètre résultat obtenu, il prévoit de produire treize épisodes de sa nouvelle série. Têtu, car déjà « showrunner » sur « Killer Instinct » et « Vanished » - c'est-à-dire deux bides retentissants – il ne se laisse pas désarçonner facilement et quand bien même, il remet rapidement le pied à l’étrier. La « Fox » avait déjà poliment refusé son « dernier-né » et c’est donc désormais la conciliante « Lifetime » qui en a la garde.
Pour le reste, le téléspectateur – qui ne devra pas être trop regardant - est en terrain connu. Dans le cadre de son travail, Deb Dobson va côtoyer son ancien petit ami, également juriste et qui, coïncidence, prend ses fonctions dans le même cabinet d’avocats. Ce dernier, on s’en doute, ne la reconnaitra pas immédiatement. L’ex-blonde met dans la confidence sa meilleure amie, son clone à quelques touches de maquillage près, qui ne sera nullement choquée par sa nouvelle apparence. Fred va changer d’emploi, et de « gardien des grilles du Paradis » va devenir « ange-gardien » et suivre sa protégée à la trace.
A l’image de Elle Woods, dans « La Revanche d'une blonde », Debbie va endosser le costume d’avocate mais sans jamais avoir potassée le moindre texte de lois au préalable. Ce qui ne l’empêchera pas de gagner des procès haut la main en utilisant, d’ailleurs, les mêmes subterfuges que la « bimbo » de Los Angeles.
Hormis cette référence cinématographique, Josh Berman mentionne également deux longs métrages à la thématique similaire, « Freaky Friday » et « Heaven Can Wait ». Il aurait pu pimenter l’affaire en allant réellement au bout de son sujet, c’est-à-dire permuter le corps et l’âme des deux femmes, et non d’une seule. Bah ! Certainement trop compliqué pour lui !
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