vendredi 24 juillet 2009

« Psychoville » : Episode 6


L’épilogue est imminent pour cette minisérie britannique qui mélange, avec plus ou moins de bonheur, humour macabre et fantastique. Les révélations et les rebondissements de fin de cycle émaillent cet avant-dernier épisode. Ils donnent un coup de fouet salutaire à l’ensemble de l’œuvre et la rendent – in extremis - relativement captivante.


Robert Greenspan, le nain qui interprète « Timide », dans une version « Camp » de « Blanche Neige », file le parfait amour avec l’actrice principal de la pièce. Après avoir reçue un coup sur le crâne, cette dernière se retrouve dans un coma léger. Elle se réveille amnésique, et à la suite d’une méprise, Robert la persuade qu’ils forment un couple heureux depuis deux ans. D’ailleurs une photo est là pour attester de leur bonheur et cette preuve ne serait mentir !

Il s’avère - in fine - que ce n’est pas Robert qui possède des pouvoirs télékinésiques, mais Kerry. Egalement actrice de petite taille, elle tient le rôle de « Atchoum ». Elle est secrètement amoureuse de Robert, et comme souvent dans ce genre de situation, la réciproque n’est pas avérée. A chaque fois que Robert est humilié par son entourage professionnel – et l’actrice qui joue « Blanche Neige » n’est jamais en reste – l’éconduite utilise ses capacités mentales pour punir les fautifs.

Joy Aston, l’infirmière en mal de maternité, conduit son petit Freddie à l’hôpital dans lequel elle travaille. A la suite d’une mise en scène orchestrée par son époux et sa maîtresse, le poupon est décapité. Evidemment, docteurs et infirmières se gaussent de la situation. Pour se venger, Joy kidnappe l’amante du mari, qui est également une consœur et la séquestre dans un autre établissement médical. Pour réanimer un Freddie prétendument exsangue, elle pratique une transfusion sanguine, qui vide la première et imbibe le second.

« Mister Jolly », le clown de moins en moins jovial, contacte « Mister Jelly », l’amuseur manchot dont il a usurpé le prestige. Ce dernier fait une démonstration de son désormais piètre talent devant un parterre clairsemé de personnes âgées. Le Docteur Stuart Strachen – alias « Mister Jolly » - l’informe, qu’après avoir effectué des recherches, il a de fortes présomptions sur l’identité du mystérieux « Corbeau ». Le téléspectateur n’en sera pas plus pour cette fois, car quand « Mister Jelly » se rend à son domicile, il retrouve le plagiaire étendu sur le sol, un sac plastique sur la tête. En compagnie d’une pensionnaire à laquelle il s’est retrouvé menotté à la suite d’un tour qui a mal tourné, « Mister Jelly » a juste le temps de se cacher derrière une lourde tenture avant que le meurtrier ne réapparaisse. Le « Corbeau » ne se contente plus de menaces épistolaires, il passe désormais à l’acte. Armé d’un couteau à viande électrique, il découpe sa victime, tel un vulgaire poulet.

Le vent de la discorde souffle enfin entre David Sowerbutts, le tueur en série et Maureen, sa mère manipulatrice. Depuis l’avant-dernier épisode, il contestait sérieusement ses penchants meurtriers. Il passe ici à la sédition pure et simple, en se soustrayant à la domination de la marâtre. Le fils menace même de dénoncer la mère à la police, ce que cette dernière, dans un ultime acte de domination désespéré, lui interdit de faire.

Maureen considère qu’il est grand temps de se débarrasser du dernier témoin d’un crime que David a commis, alors qu’il faisait partie d’une troupe de théâtre amateur. Elle se rend sur le lieu de travail de Lorraine et affecte de demander conseils auprès de la vendeuse. Celle-ci reconnait la mère de David et tient à s’excuser de la plaisanterie que le groupe d’artistes a jouée à son fils. Je n’avais pas menti quand j’écrivais, en préambule, que « révélations et rebondissements » sont au programme de l’épisode. Le soir du pseudo-meurtre en question, David est rentré chez lui, persuadé d’avoir commis un nouvel acte sanglant dans un accès d’égarement.

Il semblerait que la seule faute de David soit, en définitif, de s’intéresser d’un peu trop près, à l’existence répréhensible de « Serial killers ». Cette âme d’enfant, prisonnier dans un corps d’adulte, n’a tuée personne de son plein grès ; seule la mère est l’instigatrice réelle de tous les meurtres dont, vraisemblablement, celui originel du père de David.

Cet épisode est la démonstration flagrante de ce que l’esprit peut accomplir quand il est effrayé par des influences extérieures. Mais bon, les Sowerbutts, mère et fils, ne sont pas totalement responsables, car ces cons d’acteurs l’avaient bien cherché, aussi !

En toute fin de programme, l’ensemble des personnages du drame convergent vers le « Ravenhill Hospital », l’établissement médical dans lequel s’est déroulé le drame énigmatique qui a déclenché la vindicte du « Corbeau ». L’ultime rendez-vous de « Psychoville » permettra donc de dérouler l’écheveau inextricable de tous les crimes et délits. J’espère juste que la révélation sera à la hauteur et que le téléspectateur n’ait pas droit à une « résolution » de carton-pâte.

Il est dommage que « Psychoville » se réveille sur la dernière ligne droite. La série dans son ensemble zigzaguait chaotiquement et avançait avec difficulté depuis le début. Le duo de créateurs donne donc un coup de pédale ultime et frénétique, mais un peu tard !

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