samedi 11 juillet 2009

« Royal Pains »: « No Man is an Island » (épisode 1x05)


Hank Lawson, le nouveau « Concierge Doctor » de la prospère communauté des Hamptons, accompagne un jeune et riche couple sur une île isolée. Ce havre idyllique appartient à la famille de l’épouse qui attend son premier enfant. La sœur aînée de la jeune femme, ainsi que son ainé taciturne et ses jumelles facétieuses, font partie du voyage. Grâce à son bagout et à son culot, Evan, le frère cadet du « Docteur Hank », persuade la famille fortunée de l’amener avec eux en tant que garde d’enfants. Le groupe se rend à destination à bord d’un hélicoptère, qui ne reviendra les rechercher que dans quelques jours. Sur place, les sœurs Grant et le mari sont accueillis par un gardien sexagénaire qui s’occupe d’entretenir la demeure et les dépendances de la famille. Au cours d’un malencontreux accident de voiture, Will, le factotum, est grièvement blessé à la jambe et le seul téléphone satellitaire en sa possession - qui aurait permis de contacter le monde extérieur - est momentanément endommagé.

Comme les scénaristes de « Royal Pains » ont compris que le téléspectateur est peu sensible aux aléas qui peuvent toucher les puissants de ce monde, l’intrigue a pris pour cible l’infortuné homme à tout faire de la famille Grant. Ce dernier n’est pas épargné par les catastrophes qui ne manquent pas de survenir sur l’île retirée. Plus que dans tout autre épisode de cette série diffusée sur « USA Network », le « Docteur Hank » n’aura mérité son sobriquet de « MacGyver du bistouri ». Will souffre d’abord d’une grave fracture au tibia qui laisse apparaitre son os. Une fois la fracture réduite avec les moyens du bord, l’état du vieux monsieur nécessite une transfusion sanguine qui s’effectuera, elle aussi, dans des conditions précaires. L’apothéose sera atteinte quand le Docteur Lawson pratiquera, à l’aide d’une perceuse et d’un mandrin, une ouverture dans le crâne du patient afin d’atténuer sa pression sanguine.

Divya Katdare, l’assistante personnelle du « Concierge Doctor », est restée à demeure, aux Hamptons, pour assurer le service médicale pendant l’absence de ce dernier. Elle apprend à faire plus amples connaissances avec Jill Casey, l’administratrice de l’hôpital public du comté et nouvelle petite amie de Hank.

Cette dernière est contrariée car Hank l’a plantée sans l’informer de son départ sur l’île. Qu’est ce que le malheureux n’a pas fait ? Divya essaie de plaider sa cause, mais en vain. Le médecin n’a pas fini de goûter à « la revanche d’une brune ». Surtout, que cette dernière lui a proposé d’intégrer l’équipe des urgences de l’hôpital dans lequel elle travaille. Cette proposition n’enchante guère le frère, qui voit ainsi ses rêves de vivre une existence dorée s’envoler.

D’abord considéré comme inutile, la présence d’Evan permet aux spectateurs d’en apprendre plus sur ce personnage bavard par nécessité. Pour une fois, ce « moulin à paroles » ne brasse pas que du vent. Le cadet Lawson éprouve de l’empathie pour le jeune Arlo Grant, obnubilé par sa console de jeux « Nintendo DS », au point de faire abstraction de son entourage familial et géographique. Son comportement, proche de l’autisme, lui renvoie une image de lui à son âge, lorsque l’attention de ses parents se focalisait sur son seul frère aîné. Evan n’a trouvé que la solution du verbiage à outrance pour se faire remarquer. Ce qui ne semble pas fonctionner, car en dépit de ses efforts, aucun membre de la famille ne se souvient de son prénom et tous l’appellent « Kevin ». Ses connaissances techniques lui permettent de réparer le téléphone et de contacter les urgences qui viendront tous les rapatrier.

L’expérience sur le récif, ses discussions à cœur ouvert avec Evan et le fait que sa comptabilité sanguine avec Will lui a permis de sauver la vie d’une tierce personne, redonne confiance au petit Arlo qui sortira enfin de son mutisme. A l’image des invités de « L'Île fantastique » de Monsieur Roarke et de son acolyte de petite taille, le gamin quittera l’endroit totalement transfiguré.

Il s’avérera – in fine – que Will est un cousin par alliance de la famille Grant. Le bonhomme aime trop son indépendance, et surtout la vie paisible sur l’île dont il a la garde, pour s’occuper des affaires courantes de sa riche descendance. Ainsi, alors que vous ne vouliez pas compatir à la souffrance des individus uniquement parce que le destin les a particulièrement choyés, vous succombez au piège que vous ont tendu les scénaristes. « Tel est pris qui croyez prendre ! ».

Le titre de cet épisode de « Royal Pains », « Aucun homme n’est une île », renvoie à une citation illustre du poète et prédicateur anglais, John Donne. On la trouve dans son ouvrage, « Devotions upon Emergent Occasions », plus précisément dans sa « Meditation n° 17 », sa partie la plus célèbre. La phrase signifie qu’aucun être humain ne peut vivre indépendamment de ses semblables. Arlo, tout particulièrement ici, en fera l’expérience, pour son plus grand bénéfice.

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