vendredi 10 juillet 2009

« Warehouse 13 » : « Pilote et épisode 2 »


La chaîne spécialisée « Syfy » - récemment « Sci-Fi » - nous offre deux épisodes consécutifs de sa toute nouvelle série fantastique, « Warehouse 13 ». D’emblée, cette dernière se présente comme un programme agréable à visionner, même s’il cherche encore ses marques. Il faudrait que le show effectue de nombreux réajustements, car les hésitations de son intrigue risquent d’en dissuader plus d’un d’aller voir ailleurs. Sa diffusion en période estival lui permet ainsi de s’installer tranquillement dans la grille des programmes, et dans les habitudes des téléspectateurs, sans être bousculé par des séries concurrentes.

« Warehouse 13 » - qui se présente comme une « comédie dramatique de science-fiction » - va donc jongler avec les registres du sérieux et de l’humour - histoire, je suppose, de faire passer plus facilement la pilule de scénarii abracadabrants – l’ensemble chapeauté par une intrigue fantastique. L’atmosphère rappelle celle d’une autre série de la même chaîne, « Eureka », qui fonctionne - assez bien d’ailleurs - sur le même principe. « Warehouse 13 » en appelle à diverses influences allant des « X-Files », en passant par « Les Aventuriers de l’Arche Perdue » et même « Clair de Lune ». Cette célèbre série, dans laquelle apparaissaient Cybill Shepherd et Bruce Willis, est mise en exergue en raison des relations à la fois tendres et orageuses qui unissent les deux protagonistes. On peut aussi rapprocher le programme de la sympathique, mais hélas un peu creuse, minisérie « The Lost Room ».

Après qu’une mission qui consistait à protéger le président des Etats-Unis ne tourne au vinaigre, Peter Lattimer et Myka Bering - deux membres des services secrets américains - sont contactés par la mystérieuse Mrs. Frederick. Cette Directrice d’une organisation gouvernementale occulte invite les deux agents à rejoindre, dans le Dakota du Sud, le fameux « Entrepôt 13 » du titre. Là, le couple fait la connaissance d’Arthur Nielsen, le gardien des lieux, qui les fait pénétrer dans un hypothétique hangar aux dimensions pharaoniques. Sont entreposés dans ce « grenier de l’Amérique » - comme « Artie » le désigne lui-même - une pléthore d’objets insolites du domaine historique, scientifique, religieux et des croyances populaires, encore habités par l’esprit de leurs illustres possesseurs.

Si le pilote introduit les différents éléments du show : les personnages, les relations, l’intrigue générale, etc., le second épisode intègre nos deux agents à une histoire assez poussive sur fond d’éléments culturels se référant à la Renaissance italienne. Une avocate, qui à la charge d’un charmant jeune homme, est possédée par l’esprit de Lucrèce Borgia au travers d’un peigne ayant appartenu au tristement célèbre personnage. La marraine se nourrit de l’énergie psychique de son protégé mais également de celle de jeunes gens qu’elle transforme, à la fin de l’épisode, en zombies obéissants. Cette scène de clôture ainsi que les effets spéciaux qui l’accompagnent sont assez « cheap » et le tout peine à convaincre un téléspectateur déjà assez dubitatif devant le spectacle du pilote.

La série joue sur un anachronisme perpétuel, comme on a pu le voir avec le pitch de l’épisode deux.
« Artie » a doté ses agents secrets d’attributs technologiques « steampunk » issus des romans de Jules Verne : un communicateur transportable avec visiophone, une arme de poing qui tirent des rayons paralysants, etc. Le tout bien évidemment prélevé dans l’immense magasin « de farces et attrapes » temporel.

Si, comme je l’écrivais « Warehouse 13 » est une sympathique série, à l’arrivée, le résultat est plutôt mitigé. Le postulat de départ de l’entrepôt secret gouvernemental – même s’il a été utilisé dans d’autres œuvres de fictions ou dans la littérature conspirationniste – est relativement original. Mais il ne suffit pas à lui tout seul à préserver l’attention du téléspectateur. La trame du pilote est terriblement relâchée. Elle donne l’impression que les principaux protagonistes - dont le duo d’agents – s’y balade avec flegme et désinvolture, comme si le scénario était improvisé. Dès le deuxième rendez-vous le tir est légèrement rectifié, mais là, c’est l’intrigue qui montre des signes de faiblesses.

Rajoutons que la prestation des acteurs laissent terriblement à désirer. Celle d’Eddie McClintock - qui interprète l’agent Peter Lattimer - est déplorable. Il est la preuve que n’importe qui peut s’improviser comédien. Avec son air crétin, perpétuellement rivé sur son visage, il agace.

Les scénaristes, dont Jane Espenson qui est intervenue récemment sur des épisodes de la série de Joss Whedon, « Dollhouse », feraient bien de mettre de l’ordre dans leurs affaires. Il faudrait qu’ils reclassent rapidement leurs idées afin d’éviter que le résultat final ne ressemble au capharnaüm qui règne dans « l’entrepôt 13 ».

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