lundi 3 août 2009

« True Blood »: « Release Me » (2x07)


« Release Me » - « Libère-moi » - telle est la complainte pathétique que le vampire William Compton adresse à Lorena, sa geôlière brune aux lèvres pulpeuses et à la force physique bien supérieure à la sienne. Il la supplie aujourd’hui, alors qu’il désire délivrer son amante, Sookie Stackhouse, prisonnière des geôles de la secte de la « Lumière du Jour ». Il la conjurait hier - à Los Angeles, en 1935 - quand il était las de profiter des faibles humains que Lorena lui offrait en pâture, dans le seul et unique but de sceller une union univoque et contre-nature.


Une fois de plus, les séquences les plus palpitantes concernent les deux créatures de la nuit. Si le premier fait acte de contrition et tente, par ce geste, de retrouver une humanité qui l’a abandonné depuis un siècle et demi, la seconde – en revanche - jamais ne se repend. Le summum est atteint quand Lorena pleure une larme de sang à l’annonce que lui adresse William de la quitter. Ce sera là le seul acte de sensibilité que l’être impie esquissera.

Si cet épisode comprend donc de belles scènes émouvantes, malheureusement - et cela devient une habitude pour ce programme « HBO » - la plupart sont frappées du sceau du grotesque.

La palme d’or est décernée aux séquences dans lesquelles apparait Gabe, le cerbère du Révérend Steve Newlin, et les Stackhouse, frère et sœur. Dans un premier temps, le colosse affronte Jason, mécontent qu’on le menace mais surtout, que l’on insulte sa sœur. Dans un deuxième temps, Gabe prend sa revanche sur une Sookie prisonnière, après s’être fait rosser par son frère. Dans les deux cas, les scènes de pugilats sont ponctuées de combats ridicules et peu crédibles. Et le podium comprend aussi d’autres marches, également occupées.

La série « True blood » évoque les improvisations insupportables de « Free jazz », soporifiques et irritantes, dans lesquelles tous les musiciens ont droit à leur solo, mais desquelles aucun instrument n’émerge réellement. L’épisode est bancal et possède la vivacité d’une tortue cacochyme. Le téléspectateur est baladé au gré d’intriguettes poussives et bavardes. Aucune ligne directrice forte ne charpente l’ensemble, le résultat final vacille et menace de s’écrouler à tout moment. De plus, Alan Ball nous sert ses sempiternelles scènes de nudités - plus ou moins intégrales - censées émoustiller un public dont on n’arrive pas à discerner avec certitude qui il pourrait être.

Que reste-t-il à sauver de l’épisode hormis les séquences susnommées ? Les manifestations trop rares de la magnifique Jessica Hamby, malheureusement entachées par la présence de ce balourd de Hoyt Fortenberry ; l’apparition de Lafayette Reynolds, le cousin efféminé de Tara, facétieux au possible avec ses faux-cils et ses œillades de biche effarouchée. Cette dernière m’aura soutirée quelques rires salutaires.

« Release Me » se clôture par une poignée de «Cliffhanger » anémiques censés relancer l’intérêt du téléspectateur et, par là-même, sauver ce pitoyable épisode. Mais peut-être, fallait-il y penser avant, messieurs les scénaristes ! D’ailleurs plus que l’apparition du vampire Godric dans l’épilogue (ouah ! super, c’est un adolescent ! Il est trooop beau, j’espère qu’on va le voir à poil ! ), une des révélations concerne Eric Northman, qui semble suivre les traces de Bill Compton, conspuer il y a peu pour sa sensiblerie pro-humaine.

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