« Crash » est une série à l'approche légèrement neurasthénique produite par « Starz », la petite chaîne qui monte et à qui l'on doit, notamment, l'excellent « Party Down », de retour en 2010.
Le programme s'inspire du sympathique film éponyme (« Collision », en français), bien que le propos qu'il délivrait soit quelque peu lénifiant. Nombre de participants à l’origine du long-métrage se retrouvent dans l'expérience télévisuelle, dont Paul Haggis, le réalisateur et l’un des principaux acteurs, Don Cheadle. Devant son pendant sur petit écran, le téléspectateur s’interroge quant à l'intérêt d’un tel programme, qui n'est pas vraiment inventif et qui se montre même plutôt régressif par rapport à l'original. Apparemment, la série a suscité un certain intérêt, car la chaine « Starz » diffuse sa deuxième saison à partir du 18 Septembre prochain.
L'ambiance de la série - ainsi que son esthétique générale - rappelle celle de la surestimée « Southland », même si « Crash » n'a pas bénéficiée de la même hystérie médiatique à son encontre. On pense aussi aux productions américaines de Wim Wenders (comme « Land of Plenty » ou « Don't Come Knocking ») qui se déroulent dans la même région, la Californie.
« Crash » compte surtout sur la présence dans son casting du capricieux et inquiétant Dennis Hopper, qui interprète à la perfection le rôle d'un producteur de musique septuagénaire et qui possède encore de l'influence dans son milieu. L'excellent acteur sauve d'ailleurs le reste de la distribution, qui est plutôt insipide et quelconque. A commencer par Ross McCall. Ce dernier endosse l'uniforme du nerveux et court sur pattes policier du « LAPD », qui se révèle être ridicule avec son faciès de petit moustique frénétique.
La série reprend le thème développé dans le long-métrage, à savoir l'interpénétration d'univers socioculturels parallèles qui n'ont aucune raison apparente de se rencontrer. Cet antagoniste crée ainsi le « fracas » inévitable du titre. La série suit le parcours existentiel d'une poignée d'individus animés d’une bonne volonté versatile et qui acceptent avec un enthousiasme variable l'apport du melting-pot racial et culturel cher à ce grand pays que sont les USA.
Ainsi, Christine Emory est une quadragénaire délaissée qui a épousé un promoteur immobilier. Elle s'entiche d'un jeune architecte de couleur, talentueux et cultivé. Son mari, dont les activités professionnelles périclites, voit se rapprochement d'un très mauvais œil. Ben Cendars, le producteur de musique, prend sous son aile un jeune rappeur prometteur qu'il engage, en attendant, comme chauffeur et factotum. Kenny Battaglia, le petit flic excité et arrogant, développe une passion torride avec une Gitane, qui est mariée à un homme plus âgé qu'elle et qui la bat.
Ces binômes ainsi constitués percutent à leur tour d'autres duos et ils créent ainsi l'univers inspiré du motif de « Six degrés de séparation » que le long-métrage abordait déjà. Autrement dit, que les êtres humains le désirent ou non, ils sont interconnectés et doivent tous s’entraider !
« Crash » est une série qui s'apprécie néanmoins, mais au compte-gouttes. A l'inverse de certains autres programmes, il est difficile d'en consommer plusieurs épisodes à la suite, sans tomber dans les bras de Morphée, ou de s’empêcher d’écraser quelques bâillements d’ennui inévitables.
Si certaines séries sont un peu trop vite expédiées lors d'une première prise en main (je pense notamment à « Sons of Anarchy » ou à « Breaking Bad » - comportement impardonnable), en revanche, « Crash » passe difficilement l'épreuve du visionnage en profondeur dans son intégralité.
Le rendez-vous est néanmoins pris pour le 18 septembre prochain avec le premier épisode de la saison deux intitulé « You Set the Scene ». Les aficionados de la série - ou les autres téléspectateurs curieux - pourront ainsi découvrir si « Crash » a pris quelques vitamines en chemin, histoire de secouer la torpeur qui nous assaille, à l'instar du soleil brulant de la Californie.
lundi 7 septembre 2009
« Crash » : « Une série à l'intitulé usurpé »
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