mercredi 9 septembre 2009

« Sons of Anarchy »: « Albification » (2x01)


Après avoir boudé cette excellente série - et l’avoir jugée un peu trop rapidement - c’est avec plaisir que je retrouve enfin la saison deux de « Sons of Anarchy » et son premier épisode. « Albification » solde momentanément les comptes du passé et installe les éléments de l’acte deux. Et au vu de son introduction, ce dernier s’annonce comme particulièrement violent.


A la fin de la saison une, Clay Morrow s’est rendu coupable du meurtre par méprise de Donna Winston, l’épouse d’un membre de son gang. Il pensait qu’Opie Winston, son mari, était un traitre et il avait ordonné son exécution. Ici, le leader des « Sons of Anarchy » s’enfonce davantage dans le déni et il désigne à la vindicte de l’époux endeuillé un responsable chez les « Mayans », un clan hispanique rival.

« Jax » Teller, le beau-fils de Clay, n’est pas dupe des agissements de son beau-père, mais pour maintenir la cohésion du groupe, et surtout pour éviter que son ami d’enfance ne se retrouve isolé, il ravale sa fierté et met sa conscience en veilleuse.

Accompagné de Chibs Telford, d’Opie Winston et de Tig Trager, le meurtrier de Donna, il se lance à la poursuite de l’infortunée victime. Comme chez les prédateurs du monde animalier qui attaquent uniquement en bande, le quatuor jette son dévolu sur la victime la plus isolée et la plus faible. Dans une séquence à la violence exacerbée, Opie Winston - totalement désorienté - exécute le membre des « Mayans » d’une balle dans la tête et il grave, sur son torse dénudé, le « A » emblématique de son clan. Plus tard, « Jax » effacera la marque en vidant le chargeur de son pistolet sur la poitrine du défunt.

« Albification » introduit un nouvel adversaire à la mesure de ce nouvel acte. « The League of American Nationalists » - ou « LOAN » - est dirigé par Ethan Zobelle, un homme d’affaires bon teint qui souhaite restaurer la loi et la tranquillité dans la cité. Il est secondé dans ses activités par A.J. Weston, son homme de main, interprété par un toujours aussi inquiétant Henry Rollins. L’épisode offre un affrontement verbal entre les deux chefs charismatiques, Clay Morrow et Ethan Zobelle, qui n’hésite pas à venir défier son concurrent et ses hommes sur leurs propres terres.

Kurt Sutter - le « showrunner » de la série - développe à dessein des personnages odieux dont les actes ignominieux dépassent - et de loin - ceux de tous les gangs antagonistes réunis. Le but du jeu est de rendre les « Sons Of Anarchy » et leurs adversaires fréquentables aux yeux du téléspectateur. A l’instar des pauvres habitants de « Charming » - ville dans laquelle se déroule le drame - ils sont sommés de choisir entre la peste et le choléra. Rajoutons que la « LOAN » est un groupe séparatiste raciste et antisémite, à l’inverse des autres gangs dont les exactions ne sont que purement financières, et cette information finira de dépeindre le tableau.

Une autre scène éprouvante clôture l’épisode de manière tragiquement annonciatrice. Gemma Teller Morrow, victime d’un traquenard, est enlevée par Polly, la fille d’Ethan Zobelle. Elle est ensuite battue et violée par des membres du « LOAN », dont A.J. Weston, dont on reconnait le tatouage jugulaire.

Cet acte de guérilla urbaine, murement réfléchi, n’annonce rien de bénéfique pour la suite des évènements. Les expéditions de représailles vont donc se dérouler crescendo ! Il ne faudrait tout de même pas que la série s’enfonce dans une violence gratuite dont le seul but est de fidéliser et de drainer un auditoire adepte de ce genre de scènes. Dans ce cas, la violence n’est plus utilisée comme un moteur au service de l’évolution de l’intrigue mais comme un simple prétexte autonome et superflu.

C’est le seul écueil qui guette la série. Espérons juste que Kurt Sutter n’y tombe pas tête la première et qu’il ne discrédite ainsi la qualité de son excellent programme.

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