Une semaine avant sa diffusion sur les petits écrans américains, le pilote de la série d’anticipation « Flash Forward » est déjà disponible. Attendue depuis de nombreux mois par les « sériephiles » du monde entier, cette série « ABC » a bénéficié d’un « buzz » énorme à la hauteur des aspirations qu’elle a fait naitre. Le pilote porte donc sur ses épaules un poids considérable. Il ne reste maintenant plus qu’à déterminer si elle comble ou non les espoirs des téléspectateurs.
Une expérience universelle - dont personne ne connait la cause - projette l’ensemble de la population mondiale dans une vision d’une effrayante précision. Comme on le verra au cours du « cliffhanger » qui clôture l’épisode, seule une poignée « d’insomniaques » a échappé à ce sommeil forcée de deux minutes et dix-sept secondes. L’humanité s’est vue propulsée à la date du 29 April 2010, six mois avant le jour fatidique. A travers cette trame alerte - mais prometteuse - la série va tisser un enchevêtrement d‘intrigues qui vont relier les protagonistes entre eux, à la manière de la théorie des « Six degrés de séparation ». « Flash Forward » s’inspire d’un roman de science-fiction éponyme écrit par Robert J. Sawyer et édité voici une décennie.
A l’instar de la série « Lost » - autre gros succès de la chaîne - le prologue de « Flash Forward » débute par une très courte séquence « in media res », pour enchainer par un « flash-back ». Ce dernier introduit les principaux protagonistes qui prendront part au drame de cette série chorale sur fond de mystère et de bouleversement existentiel.
A de nombreux égards, ce « show » peut d’ailleurs être considéré comme une transposition continentale et élargie du thème principal développée dans la série créée par J. J. Abrams. Les tentatives pour élucider le mystérieux évènement ne vont pas manquer d’être avancées. Certains y voient la main omnipotente de Dieu, qui effectue ainsi un « reboot » du monde, d’autres l’intervention de terroristes à la technologie très efficace - le programme « Mosaic », entrevu par l’un des protagonistes, etc. Chacun, en fonction des ses orientations politiques ou religieuses, possède son explication ; tout comme il est évident que chaque participant à cette expérience collective détient une pièce du puzzle.
Evidemment, « Flash Forward » n’est pas sans évoquer les tragiques attentats du 11 septembre 2001, qui ont frappé le sol américain. La série est d’ailleurs proposée à date anniversaire. Les buildings qui flambent en arrière plan et les scènes qui montrent les rescapés courir dans tous les sens enfoncent allègrement le clou.
Son but étant de ratisser le plus large possible, ce « blockbuster » télévisuel apparait comme un programme propre sur lui et hyper-formaté. Les protagonistes sont bien définis et très typés. Le couple de personnages principaux est composé d’un agent du FBI et de son épouse chirurgienne. Ils vivent dans une banlieue résidentielle sans histoire au charme cossu. Joseph Fiennes - qui interprète le rôle de l’agent Mark Benford - est un épigone de Nicolas Cage sur petit écran. De même, la réalisation de la série - graphique et soignée - est conventionnelle et elle est rehaussée par une musique empathique.
Pour l’instant, « Flash Forward » - à travers la vision de son seul pilote - peine à convaincre. Le téléspectateur a tellement était rassasié du genre de scènes qu’offre le programme qu’il ne peut décemment crier au génie ou être scotchée à son écran. Cet écueil était prévisible, tout comme l’est le risque de voire la série s’enfoncer rapidement dans les méandres d’un labyrinthe inextricable. Toutes ces tares mises en enfilade concourent à faire de ce programme une grosse baudruche gonflée à l’hélium. « Flash Forward » peut tout aussi bien s’élever majestueusement dans les airs, que se dégonfler à la moindre bourrasque.
jeudi 17 septembre 2009
« Flash Forward » : « Pilote »
Inscription à :
Publier les commentaires (Atom)
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire