Après les réticences passagères que j’ai éprouvées à l’égard du troisième épisode de cette comédie musicale que l’on doit au talent de Ryan Murphy (« Nip/Tuck », « Popular ») « Preggers » me réconcilie avec ce nouveau programme diffusée sur la « FOX ». Mais des améliorations sont encore à apporter.
Le père de Kurt Hummel, le membre « gay » de la chorale, découvre son fils en train d’accomplir une chorégraphie dans sa chambre, en compagnie de Tina Cohen-Chang, une comparse et d’une autre danseuse. Pour faire plaisir à ce dernier, qui lui reproche d’être efféminé, Kurt rejoint l’équipe de football américain de son lycée, en tant que « Placekicker » - le joueur qui est chargé de frapper les trois points, les transformations et les coups d'envoi. Il est intronisé dans l’équipe par Finn Hudson, le « quarterback » des « William McKinley Athletics », mais également membre de la chorale. Tout d’abord réticent, l’entraineur et le reste des joueurs, acceptent la proposition du jeune artiste d’exécuter des pas de danses sur la pelouse du stade.
Comme le précise Will Schuester, le professeur de la chorale, « Les athlètes sont des performeurs, au même titre que les chanteurs et les danseurs ». L’important, outre de participer, est de gagner et tout ce qui peut conduire à la victoire est à prendre en considération.
Pour Ryan Murphy, le lycée est une métaphore de la vie en société. Il tente, une fois de plus, de prouver à travers cette comparaison qu’une nation n’est vraiment victorieuse que si elle intègre dans son programme politique et social toutes les composantes qui la constituent. Dans cet épisode, il continue donc, parfois avec succès, le brassage des genres.
Les apparences derrière lesquelles tous les protagonistes se dissimulent n’en finissent pas de s’effondrer. Quinn Fabray, la petite amie de Finn – et accessoirement parangon de moralité « WASP » - apprend à ce dernier qu’elle est enceinte de lui, alors que le couple n’a jamais consommé l’acte sexuel. Il s’avère que le géniteur est, en fait, le meilleur ami du « quarterback », Noah « Puck » Puckerman. Ce jour-là, Quinn a accepté de coucher avec lui, parce que le garçon prétendait qu’elle avait pris du poids ! Cette grossière allégation prouve qu’il n’en faut pas davantage pour déstabiliser la jeune fille et la pousser à accomplir des actes irréfléchis.
L’ironie de l’histoire est que Terri Schuester, l’épouse de Will, en dépit de son désir d’accéder au « rêve américain » dans sa complétude – une magnifique demeure et des enfants - ne peut procréer. Elle confie enfin que sa grossesse n’est que nerveuse, mais elle l’apprend à l’assistante prénatale et non à son mari. Totalement désespérée, Terri rend visite à Quinn -qui désire avorter - et lui propose d’adopter son enfant.
J’apprécie assez que le personnage de Rachel Berry soit relégué en l’arrière-plan de la chorale. Hormis de posséder un physique antipathique, sa personnalité égocentrique et sa condescendance à l’égard des autres membres la rendent irritante et difficilement supportable. C’est apparemment à travers son personnage que la chorale va être « poignardée ». A la fin de l’épisode, se sentant trahie et bafouée, Rachel s’en remet à la bonne volonté de Sandy Ryerson, l’ancien responsable de la chorale, réintronisé dans l’enceinte du lycée par la fourbe Sue Sylvester. Ne reculant devant aucune bassesse, la responsable de l’équipe des « Cheerleaders » accepte d’animer une courte émission sur les ondes d’une télévision locale, afin d’y distiller son légendaire venin.
Un des principaux écueils que rencontre la série concerne sa propension à se disperser. Les épisodes multiplient le nombre des intrigues parallèles plus que de raison. Ces dernières ne s’attardent pas suffisamment sur les protagonistes et ne font qu’effleurer leur problématique. Ainsi dans cet épisode, le téléspectateur aurait aimé en apprendre davantage sur la vie de Kurt - le jeune homosexuel, et sur la relation conflictuelle qu’il entretient avec son père. Ryan Murphy délivre des scènes superficielles, au lieu de creuser la psychologie de ses personnages en profondeur.
« Glee » est une série fraiche, colorée et vivifiante, mais qui reste trop à la surface des choses. Evidemment, si on la compare à d’autres programmes destinés, avant tout, à un public adolescent, elle est incontestablement mature et ambitieuse. Mais comme elle vise également une audience adulte, elle gagnerait à l’être davantage.
vendredi 25 septembre 2009
« Glee »: « Preggers » (1x04)
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