Alicia (Julianna Margulies) est l’épouse de Peter Florrick, un homme politique influent. Ce dernier se retrouve incarcéré à la suite d’une affaire de corruption et de sexe. Cette avocate de formation se voit dans l’obligation de retourner au charbon, afin d’assurer l’existence de ses deux adolescents et de sa vieille mère. Nouvelle série « CBS », « The Good Wife » est surtout l’occasion pour ses créateurs - Robert et Michelle King - de dénoncer la condition de femmes qui sacrifient leur parcours professionnel sur l’autel de la réussite de maris ingrats.
Même si elle est produite (notamment) par les Frères Scott - Ridley et Tony, « The Good Wife » ne semble être qu’un énième « procedural show. Ici, l’univers impitoyable de la justice est avant tout utilisé comme toile de fond. La série se focalise davantage sur le parcours d’une quadragénaire qui a vécue durant deux décennies dans l’ombre écrasante de son conjoint. La « bonne épouse » – et mère de famille - se retrouve trahie et bafouée par les actes irréfléchis un individu égoïste, enivré par les fragrances du pouvoir. Obligée de repartir à partir de presque rien, Alicia intègre néanmoins « Stern, Lockhart & Gardner », un cabinet d’avocats prestigieux, au sein duquel elle s’occupe de la gestion d’affaires aux profits de personnes défavorisées.
Dans un milieu où jeunesse et arrogance font force de loi, l’infortunée Alicia est la victime constante d’attaques anodines, mais néanmoins assassines. Comme le laisse supposer la sonnerie de son téléphone portable (reprogrammée par sa fille ainée), le monde du travail représente pour elle une immersion dans « La Quatrième Dimension ». Si certains de ses nouveaux collègues de travail lui reproche son âge, d’autres incriminent sa proximité avec l’homme politique véreux (interprété par cette « grosse tranche de pâté » de Chris « Mr. Big » Noth).
Dans le pilote, Maître Alicia Florrick s’occupe du dossier d’une jeune mère de famille accusée de l’assassinat de son mari. Un cas médiatique que même son époux incarcéré connait sous l’appellation du « Faux détournement ». A l’inverse du film « American Beauty », un sac en plastique dansant dans le vent n’est pas utilisé ici pour sa portée poétique, mais pour sa signification pragmatique. L’avocate démontre que les témoins présents lors du crime ont menti et elle résout rapidement l’affaire accusant sa cliente. Alicia recueille louanges et félicitations de la part de son entourage professionnel, ainsi qu’une promotion de son supérieur hiérarchique.
En dépit de la crise qu’elle traverse, Alicia Florrick n’est tout de même pas Erin Brockovich ! Du coup, le téléspectateur - même s’il peut éprouver de l’empathie à son égard - ne verse pas de chaudes larmes sur son sort. L’avocate évolue dans un milieu bourgeois et cossu et les obstacles qu’elle rencontre ne sont pas insurmontables au point d’en faire une « Pasionaria ». Si la quadragénaire est confrontée à des inimitiés, elle reçoit également - « intramuros » - les soutiens indéfectibles de Diane Lockhart (alias Christine Baranski, la mère de Leonard Hofstadter, dans « The Big Bang Theory ») et de Kalinda Sharma. Cette collègue de bureau, renvoyée par Peter Florrick quelques années auparavant, n’en garde pas rancune. Elle est rapidement subjuguée par les talents de juriste et les qualités humaines de son épouse.
Si la série est un plaidoyer pour l’émancipation de femmes financièrement dépendantes de leur conjoint, il ne faudrait pas qu’elle se transforme en procès de « la gente féminine contre ces salauds d’hommes blancs ». A l’inverse de « Mercy » - récente série « NBC » qui trace également un portrait de femme, mais en milieu hospitalier – le pilote de « The Good Wife », le programme ainsi que sa protagoniste, possède suffisamment de qualité pour donner envie au téléspectateur de retourner dans le prétoire.
dimanche 27 septembre 2009
« The Good Wife »: « Pilote »
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