lundi 12 octobre 2009

« Californication » : « Verities & Balderdash » (3x03)


Si j’ai ressenti des impressions mitigées à l’égard des deux premiers épisodes de cette saison trois de « Californication », « Vérités et Balivernes » finit de me persuader que le meilleur de cette série, autrefois prometteuse, est désormais derrière elle. Prisonnier d’un rôle qu’il s’est crée, le personnage d’Hank Moody me fatigue, autant qu’il se fatigue lui-même. La faute à la disparition de son ami, le producteur Lew Ashby, qui a emporté dans sa tombe, l’indispensable énergie
« rock’n’roll » de l’écrivain.

La fraicheur, la verve et l’innocence des deux premières saisons ont définitivement quitté « Californication » - et par la-même son protagoniste - comme une âme un corps. Zombifié, Hank Moody progresse sans conviction, davantage porté par l’agitation de ses membres que par la vivacité de son esprit. Fatigué comme le sont l’ensemble des personnages de cette nouvelle saison - Dean Koons, son épouse et leurs amis - Hank est financièrement installé, mais sexuellement à bout de souffle. Et ce n’est pas ses partenaires féminines, vraiment peu excitantes, qui vont l’aider à retrouver sa libido.

Quant à la relève, Jackie - une étudiante du professeur de littérature Moody - elle ne possède pas le charisme et la détermination de Mia Cross. Si sa plastique est parfaite - elle la dévoile au cours d’une scène de « striptease » - son visage reste inexpressif.

Je n’ose même pas évoquer le sort réservé à l’infortuné Charlie Runkle. Après Dani - son assistante d’édition - dans la première saison et Daisy - la jeune star de films pornographiques - dans la seconde, le meilleur ami d’Hank Moody est inexplicablement voué aux gémonies dans la nouvelle mouture. Non content de devoir faire face à sa séparation d’avec Marcy - sa tendre moitié - il tombe sous la coupe de la sœur ainée de « Schreck », en la personne de Sue Collini. Je reste dubitatif quant au choix de Tom Kapinos, le « showrunner » concernant l’introduction de ce personnage, mais surtout de son interpréte, Kathleen Turner. Virago avinée sur le retour, l’actrice s’est-elle financièrement investie dans l’aventure pour expliquer sa présence au casting ?

Faire valoir d’Hank Moody et caution comique du « show », Charlie apparait de nouveau dans une séquence hilarante, qui fait également intervenir son épouse. Marcy déboule à l’improviste dans son bureau pour lui offrir une bouteille de champagne, en guise de calumet de la paix. Devant céder aux avances sexuelles de sa patronne, elle découvre Charlie qui disparait sous la stature impressionnante de la femme, assise à califourchon sur lui.

Dans « Verities & Balderdash », le téléspectateur retiendra surtout deux scènes, dans lesquelles les nouveaux intervenants n’apparaissent pas. Un échange rapide, à la fois tendre et scabreux, entre Rebecca Moody et son père. Cette scène, outre de mettre en évidence leur tendre complicité, embarrasse Chelsea Koons, la confidente de l’adolescente et fille du couple qui emploie Hank Moody.

L’autre séquence concerne Hank Moody et Charlie Runkle. Après avoir sacrifiés aux obligations mondaines, les deux compères se retrouvent amers et dépités. Ils évoquent le souvenir d’une époque pas si lointaine où ils étaient heureux, comme un gout de paradis, certainement à jamais perdu. Le téléspectateur, bien malgré lui, se joint à leur désespoir.

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