mercredi 14 octobre 2009

« Dexter »: « Blinded by the Light » (4x03)


Alors que « The Trinity Killer » perpétue son deuxième meurtre d’une manière beaucoup moins sanglante, Dexter s’enfonce dangereusement dans les sables mouvants du « Rêve américain ». Si l’épisode qui ouvrait le bal de cette quatrième saison était plutôt convaincant, ces deux successeurs procurent une étrange impression de lassitude.


A l’image d’un fauve dont on aurait sectionné les griffes et limé les canines, Dexter n’est plus l’ombre que de lui-même. Physiquement exténué par les rôles de père et d’enquêteur qu’il mène de front, il a failli en perdre la vie et la mémoire. Psychologiquement désorienté, il déambule dans les décors de sa banlieue pavillonnaire, se questionnant quant à sa présence en ces lieux.

Toutes ces communautés auxquelles la pression sociale environnante le contraint d’appartenir - celle des policiers, celle des riverains et même celle de soutien de famille - lui tape sur le système. Dans « Blinded by the Light », Dexter rejoint une association de vigilance, car un prévaricateur vandalise la propriété privée du voisinage. Un crime de lèse-majesté que l’on ne peut décemment pas accepter.

Dexter expérimente l’adage qui précise qu’il ne faut pas souhaiter quelque chose trop fort, car cela risque fort bien d’arriver. Maintenant qu’il possède cette respectabilité tant espérée, il ne pense qu’à la fuir. La seule compagnie qu’il appelle de ses vœux est celle de la solitude.

Malheureusement, ce découragement que le protagoniste éprouve, il le fait passer à son spectateur. Même si « Dexter » reste un programme de qualité, par rapport au reste de la production télévisuelle américaine, la série a incontestablement perdue de sa verve et de son intérêt avec le temps.

Mais même un fauve acclimaté ne perd jamais la totalité de ses instincts. La scène de clôture dans laquelle Dexter confronte enfin le vandale est en cela révélatrice. Si elle démontre que le chasseur n’a pas énormément perdu la main, elle lui rappelle surtout que tout ce qu’il possède n’est que simple illusion.

Le nouveau psychopathe que Dexter affronte dans cette quatrième saison est tout comme lui, empâté. Avec sa mentalité « petit bourgeois », Arthur Mitchell - alias le « Trinity Killer » - commet des meurtres sans grande ingéniosité, loin du baroque de ceux du « Ice Truck Killer ».

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